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27 août 1590 : mort du pape Sixte-Quint

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27 août 1590 : mort du pape Sixte-Quint
Publié / Mis à jour le samedi 25 août 2012, par LA RÉDACTION
 

Félix Peretti, né le 13 décembre 1520, dans les grottes de Montalte, village de la Marche-d’Ancône, gardeur de pourceaux, ensuite cordelier, général de l’ordre , l’évêque de Sainte-Agathe ; enfin cardinal de Montalte en 1590, fut élu pape le 24 avril 1585.

Le pontificat de Sixte-Quint a plus de célébrité que celui de Grégoire XIII et de Pie V, quoique ces deux pontifes aient fait de grandes choses ; l’un s’étant signalé par la bataille de Lépante, et l’autre par la réforme des temps. Il arrive quelquefois que le caractère d’un homme et la singularité de son élévation arrêtent sur lui les yeux de la postérité, plus que les actions mémorables des autres : la disproportion qu’on croit voir entre la naissance de Sixte-Quint, fils d’un pauvre vigneron, et l’élévation à la dignité suprême, augmente sa réputation.

Cependant on voit par toute l’histoire des pontifes romains, que jamais une naissance obscure et basse ne fut regardée comme un obstacle au pontificat, dans une religion et dans une cour où toutes les places sont réputées le prix du mérite, quoiqu’elles soient aussi quelquefois celui de la brigue. Pie V n’était guère d’une famille plus relevée ; Adrien VI fut le fils d’un artisan ; Nicolas V était né dans l’obscurité ; Adrien IV, l’un des plus grands papes, fils d’un mendiant, avait été mendiant lui-même.

Ceux qui ont voulu relever la naissance de Sixte-Quint n’ont pas songé qu’en cela ils rabaissaient sa personne : ils lui ôtaient le mérite d’avoir vaincu les premières difficultés. Il y a plus loin d’un gardeur de porcs, tel qu’il le fut dans son enfance, aux simples places qu’il eut dans son ordre, que de ces places au trône de l’Eglise. L’esprit de Sixte-Quint et de son règne, est la partie essentielle de son histoire.

Ce qui le distingue des autres papes, c’est qu’il ne fit rien comme les autres. Agir toujours avec hauteur, et même avec violence, quand il est un simple moine ; dompter tout d’un coup la fougue de son caractère, dès qu’il est cardinal ; se donner quinze ans pour incapable d’affaires, et surtout de régner, afin de déterminer un jour en sa faveur les suffrages de tous ceux qui compteraient régner sous son nom ; reprendre sa hauteur au moment même qu’il est sur le trône ; mettre dans son pontificat une sévérité inouïe, et de la grandeur dans toutes ses entreprises ; embellir Rome et laisser le trésor pontifical très riche ; licencier d’abord les soldats, les gardes même de ses prédécesseurs, et dissiper les bandits par la seule force des lois , sans avoir de troupes ; se faire craindre de tout le monde par sa place et par son caractère : c’est là ce qui mit le nom de Sixte-Quint parmi les noms illustres, du vivant même de Henri IV et d’Elisabeth, dont il était contemporain.

Avant son élévation, les cardinaux, dupes de son artifice, ne l’appelaient que la Bête romaine : on le voyait la tête penchée sur l’épaule, appuyé sur un bâton, comme s’il n’eût pas eu la force de se soutenir, ne parlant plus qu’avec une voix éteinte, et les interruptions d’une toux violente, qui semblait annoncer sa fin. Quand on lui disait que l’élection pourrait bien le regarder, il répondait qu’il « serait mort avant la fin du conclave ». Mais a peine fut-il élu, qu’étant sorti de sa place, il jeta son bâton, se releva, déclara son âge qui était de sept ans de moins qu’il n’avait dit, se dérida le front et entonna le Te Deum d’une voix terrible, qui fit trembler tous les cardinaux.

Sa conduite à l’égard des souverains, sembla n’annoncer d’abord qu’un pape ordinaire : il excommunia les princes hérétiques ou réputés fauteurs d’hérétiques, Elisabeth, Henri III, Henri IV et le prince de Condé ; mais lorsqu’il connut Elisabeth et Henri IV , et que ces princes le connurent, une estime mutuelle succéda aux orages qui s’étaient d’abord élevés entre eux. Il prévit qu’Henri IV triompherait de la Ligue, et il était disposé à le servir ; Henri IV , de son côté, connaissant ses dispositions, disait : « C’est un grand pape ; il m’inspire le désir de me faire catholique, pour être fils d’un tel père » ; et quand il apprit sa mort, il dit : « Je perds un pape qui était tout à moi. » Sixte-Quint respectait aussi beaucoup le caractère d’Elisabeth ; il l’appelait « un gran cervello di principessa » ; il regrettait de n’avoir pas été dans le cas de l’épouser, persuadé que de lui et de cette reine, il n’aurait pu naître que de grands princes.

Sixte-Quint changea les mœurs de Rome, et les rendit austères : il effraya le vice par des châtiments rigoureux ; mais il passa les bornes : il fut cruel et inflexible. Il n’eût pas dû souiller ses regards du supplice des misérables qu’il faisait exécuter souvent pour des fautes assez légères. Il eût dû précipiter moins ces exécutions pour s’assurer davantage de leur justice. Il était indécent et barbare de dire au gouverneur de Rome, au sujet d’un meurtre commis dans un premier mouvement : « Je veux que justice en soit faite avant mon dîner ; et qu’on se dépêche, car j’ai grand faim ».

Il était dur de dire à l’ambassadeur d’Espagne et à des cardinaux qui représentaient que le coupable était un gentilhomme espagnol, et que s’il fallait lui ôter la vie, il fallait qu’il fût décapité et non pendu : « il sera pendu ; mais j’ennoblirai son supplice en l’honorant de ma présence ». Il était abominable enfin de dire après le supplice, dont il n’avait pas perdu la moindre circonstance : « Qu’on me serve à présent, car ce spectacle m’a mis en goût et en appétit ». Le lendemain on fit une pasquinade, où un homme portant un bassin rempli de chaînes, de haches, de potences, de roues, disait : « C’est un petit ragoût pour réveiller l’appétit du Saint-Père ».

Il méritait ce reproche : en effet, on ne voyait dans les fêtes et les divertissements du carnaval, que des potences dressées pour punir le moindre délit que le libertinage ou l’ivresse pourraient produire ; on ne voyait que des têtes exposées en public ; les peines étaient sans proportion avec les fautes ; non seulement l’adultère était puni de mort, mais la même peine était infligée au mari qui ne dénonçait pas sa femme. Il recommandait lui-même aux juges la plus extrême sévérité, et un visage sévère était un titre de recommandation auprès de lui. Un jeune homme de seize ans ayant été condamné à mort pour avoir résisté à des sbires qui avaient voulu l’arrêter, les juges eux-mêmes avertirent Sixte-Quint qu’il était contraire à la loi de faire mourir un homme à cet âge. « Hé bien ! dit le pape, je lui donne dix de mes années pour le rendre sujet à la loi. »

Sixte-Quint se fit une grande réputation par les embellissements que reçut la ville de Rome sous son pontificat ; il ramena l’ancienne eau Marcia à Rome, du village de la Colonna, qui en est à vingt-deux milles, et fit construire, pour la recevoir, la magnifique fontaine appelée de son nom l’Acqua Felice ; cinq obélisques furent élevés par ses soins , entre autres celui de granit, que Caligula avait fait transporter d’Espagne à Rome. Il fit aussi achever en vingt-deux mois cette fameuse coupole de l’église de Saint-Pierre, dont rien n’approche dans le monde.

La bibliothèque commencée par Nicolas V, fut tellement augmentée par Sixte-Quint, qu’il peut en être regardé comme le vrai fondateur. Il n’y avait point alors dans l’Europe de bibliothèque, ni si ample ni si curieuse. Sixte-Quint aimait, dit-on, le mercredi sur tous les jours de la semaine, parce que c’était le jour de sa naissance, de sa promotion au cardinalat, de son élection à la papauté, et enfin de son couronnement.

 
 
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