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27 mai 1610 : supplice de François Ravaillac, assassin du roi Henri IV

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27 mai 1610 : supplice de
François Ravaillac, assassin
du roi Henri IV
(D’après « Histoire générale de France depuis les temps les
plus reculés jusqu’à nos jours » par Abel Hugo (Tome 5), paru en 1843)
Publié / Mis à jour le jeudi 27 avril 2017, par LA RÉDACTION
 
 
 
Avant de prononcer l’arrêt, on avait fait subir à Ravaillac une première épreuve après laquelle il avait fallu s’arrêter, parce qu’il n’avait aucunement varié dans ses réponses et qu’on craignait « de le trop affaiblir, pour qu’il pût satisfaire au supplice », lequel ne consistait que « dans le tenaillement et le démembrement du corps »

La grand’chambre du parlement, celles de la Tournelle et de l’édit, s’assemblèrent le 27 mai pour prononcer l’arrêt regardant Ravaillac. Amené sur la sellette, ce dernier persista dans tout ce qu’il avait dit aux commissaires.

L’arrêt du parlement déclare « François Ravaillac atteint et convaincu du crime de lèse-majesté divine et humaine au premier chef, pour le très-méchant, très-abominable et très-détestable parricide commis en la personne du feu roi Henri IV, de très-bonne et très-louable mémoire ; pour réparation duquel il le condamne à être tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes, sa main droite, tenant le couteau duquel il avoit commis le parricide, brûlée par le soufre, et, sur les endroits où il auroit été tenaillé, jeté du plomb fondu, de l’huile bouillante, de la poix-résine brûlante, de la cire et du soufre fondu ensemble ; cela fait, son corps tiré à quatre chevaux, ses membres consommés au feu, et les cendres jetées au vent.

Portrait de Ravaillac avec trois médaillons représentant Henri IV, Marie de Médicis et Louis XIII. Gravure réalisée par Christoffel Van Sichem
Portrait de Ravaillac avec trois médaillons représentant Henri IV, Marie de Médicis
et Louis XIII. Gravure réalisée par Christoffel Van Sichem

« Déclare ses biens acquis et confisqués au roi ; ordonne que la maison où il est né sera démolie, le propriétaire d’icelle préalablement indemnisé, sans que sur la place il puisse être fait à l’avenir autre bâtiment ; et que, dans quinzaine, son père et sa mère videront le royaume, avec défense d’y revenir jamais, à peine d’être pendus et étranglés, sans autre forme ni figure de procès ; défend à ses frères et sœurs, oncles et autres, de porter ci-après le nom de Ravaillac, et leur enjoint de le changer en un autre. »

Après la lecture de l’arrêt, que Ravaillac entendit à genoux, et avant son exécution, qui devait se faire le même jour, le condamné fut soumis à la question des brodequins, pour la révélation de ses complices. « Au premier, au deuxième coin qu’on enfonça entre ses jambes fortement serrées, il s’écria que personne n’avait su son projet ; au troisième, il s’évanouit. » Revenu à lui, soigné et repu, il répéta « qu’il ne cachoit rien, qu’il se croiroit exclu de la miséricorde divine s’il dissimuloit la vérité ; seulement il pria la cour, le roi, la reine, et tout le monde, de lui pardonner, reconnoissant derechef, comme il avoit fait à la cour, avoir commis une grande faute, dont il espéroit toutefois la miséricorde de Dieu plus grande qu’il n’étoit pécheur ; mais qu’autre que lui n’avoit fait le coup, qu’il n’en avoit été prié, sollicité, ni induit par personne, ni grand ni petit, combien qu’il ne doutât point qu’il y en eût prou des uns et des autres qui en fussent bien aises. »

On le remit entre les mains de prêtres qui le firent transporter dans la chapelle, où il se confessa ; sa confession fut conforme en tout point à ses déclarations ; il exigea lui-même qu’elle fût publiée, et réitéra cette demande devant le greffier.

« Sur les trois heures, dit L’Estoile, on le tira de la chapelle pour aller au supplice ; il y eut une grande huée sur lui, depuis la chapelle jusqu’à la porte de la Conciergerie, de tous les prisonniers, qui, se mettant à crier au traître ! et au chien ! se vouloient ruer dessus, sans l’empêchement des archers, qui y tinrent la main forte.

« Sortant de la Conciergerie pour monter au tombereau, il se trouva un si grand concours et affluence de peuple, cruellement animé et acharné contre ce méchant parricide, que les gardes et archers, bien qu’en grand nombre, et armés jusqu’aux dents, eurent bien de la peine de le sauver de sa fureur, chacun y voulant mettre la main, hommes, femmes, filles, et jusqu’aux petits enfants, avec tel tumulte, cris et hurlements de tout le monde, imprécations et malédictions, qu’on ne s’entendoit pas l’un l’autre : si qu’il sembloit que le ciel et la terre se dussent mêler ensemble. Et quelque grande garde qu’on lui eût donnée pour empêcher le peuple d’en approcher, on ne le put sauver de force horions et gourmades qu’on lui donna, même quelques femmes y laissèrent imprimées les marques de leurs dents et ongles, tant la rage de ce peuple se montra grande à l’endroit de ce misérable.

« La plus grande part des princes et seigneurs étant lors à Paris se trouvèrent à l’hôtel de ville pour en voir l’exécution : aucun desquels, selon le dire et opinion de beaucoup, la regardèrent d’yeux fort secs, étant seulement marris qu’ils ne se pouvoient mieux servir, et à une plus grande œuvre, des mains et cœurs de ce peuple passionné, et trop affectionné, à leur gré, à la mémoire de leur bon roi et prince.

« Finalement, ce malheureux et misérable assassin étant parvenu au lieu du supplice, se voyant près d’être tiré et démembré par les chevaux, et qu’un certain homme étant près de l’échafaud étoit descendu de son cheval pour le mettre en la place d’un qui étoit recru (fatigué), afin de le mieux tirer : On m’a bien trompé, dit-il, quand on m’a voulu persuader que le coup que je ferois seroit bien reçu du peuple, puisqu’il fournit lui-même les chevaux pour me déchirer.

« Et ayant fait demander au peuple un Salve regina, en ayant été refusé avec tumulte et violence par toute cette populace, qui commença à crier plus que devant qu’il ne lui en falloit point, et qu’il étoit damné comme Judas ; il se retourna vers son confesseur, et le pria de lui donner l’absolution ; ce que celui-ci ayant refusé, disant que cela étoit défendu, en crime de lèse-majesté au premier chef, tel qu’étoit le sien, s’il ne vouloit révéler ses fauteurs et complices : il répondit qu’il n’en avoit point, comme il lui avoit souvent protesté et le protestoit encore ; mais le confesseur ne voulant passer outre :

Exécution de François Ravaillac. Gravure du temps (colorisée) de Johann Hogenberg
Exécution de François Ravaillac. Gravure du temps (colorisée) de Johann Hogenberg

« Donnez-la moi, dit ce misérable, au moins à condition, au cas que ce que je dis soit vrai ; c’est chose que vous, ni autre de votre profession ne me peut refuser. — Je le veux bien, lui répondit l’autre, mais à cette condition voirement qu’au cas qu’il ne soit ainsi, votre âme, au sortir de cette vie que vous allez perdre, s’en ira droit en enfer et à tous les diables. — Je l’accepte et la reçois, dit-il, à cette condition. Ce fut la dernière parole qu’il dit à M. de Filesac qu’on lui avoit donné pour confesseur avec M. Gamache, tous deux honnêtes hommes et doctes, gens de bien, et des premiers et plus suffisants docteurs en théologie de toute la Sorbonne.

« Peu auparavant, le greffier, pour l’induire à se reconnoître et confesser la vérité, l’ayant fort pressé de décharger sa conscience de ceux qui lui avoient fait faire (le crime), et que l’indignation du peuple tant grande contre lui en étoit le jugement : J’en suis bien marri, lui répondit-il ; mais que veut-il que j’y fasse ? Que me demandez-vous aussi tant ? Je vous l’ai déjà dit, et vous le dis encore, il n’y a que moi qui l’ai fait.

« Aussitôt que Ravaillac fut mort (car il expira à la deuxième ou troisième tirade des chevaux, pour ce qu’il n’en pouvoit presque plus quand on l’y appliqua), le bourreau, l’ayant démembré, voulut en jeter les membres et quartiers dans le feu ; mais le peuple se ruant impétueusement dessus, il n’y eut fils de bonne mère qui n’en voulût avoir sa pièce, jusqu’aux enfants qui en firent du feu aux coins des rues. Quelques villageois même d’alentour de Paris, ayant trouvé moyen d’en avoir quelques lopins et entrailles, les traînèrent brûler jusqu’en leurs villages.

« Voilà avec quelle furie et rage tout le peuple, tant des champs que de la ville, témoigna le grand regret qu’il avoit à la mort de ce bon roi, ce qu’on n’eût cru aisément, si on ne l’eût vu. »

 
 
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