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Pamphlet antirévolutionnaire. Progrès et société. Famille, fracture sociale, grandeur de la France. Socialisme, communisme - Histoire de France et Patrimoine

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L’Histoire éclaire l’Actu
L’actualité au prisme de l’Histoire, ou quand l’Histoire éclaire l’actualité. Regard historique sur les événements faisant l’actu
Progrès révolutionnaire : gangrène
morale rongeant notre société ?
(Extrait de « La peste rouge ou les Saturnales révolutionnaires », paru en 1851)
Publié / Mis à jour le dimanche 10 novembre 2019, par LA RÉDACTION
 
 
 
En 1851, sous le pseudonyme de Romulle, un certain Henri Leroy de Kéraniou publiait La peste rouge ou les Saturnales révolutionnaires, violent réquisitoire contre les idéaux issus de la Révolution imposant un soi-disant « progrès » qu’il estime en réalité de nature à porter atteinte à l’intégrité de la société française, qui par la destruction de nos libertés, qui par une exacerbation d’une fracture sociale, qui par une destruction délibérée de la famille. Avant que notre pays ne soit plus que l’ombre de lui-même, il en appelle, dans sa préface que nous livrons ici, au sursaut de la dernière chance...

Nous sommes dans un siècle de matérialisme où le peu qui nous reste de vertus patriarcales s’en va lambeau par lambeau, écrit Romulle le 1er juillet 1851. Nous sommes les esclaves de nos passions, que nous ne nous donnons même plus la peine de cacher. Nous objectera-t-on qu’autrefois le vice courait les rues couvert de soie, d’or et de fleurs ? Je l’aime mieux ainsi qu’étalé sans pudeur à la vue de tous.

Le progrès, — mot de passe dont se servent les méchants pour semer dans l’âme du pauvre des ferments de haine contre le riche —, le progrès, telle est l’origine de la corruption dans laquelle nous sommes plongés. Les défenseurs du progrès nous diront que si on avançait à pas lents, raisonnés et sans secousse, la société n’en serait que mieux moralisée et les hommes plus vertueux ; partant, que le progrès, loin d’être un mal, est un bien précieux.

Je suis parfaitement de cet avis ; mais, comme nous ne marcherons dans cette voie que quand nous nous serons débarrassés des envieux, des ambitieux, des mécontents, enfin de tous ces misérables qui ne reculent devant aucun moyen pour obtenir l’objet de leur convoitise, je dis et je répète que le progrès tel qu’on nous le fait subir depuis soixante ans [notre auteur écrit en 1851], renferme en soi la cause de la gangrène morale qui ronge la société.

Autrefois, chacun se contentait tranquillement de ce qu’il possédait ou gagnait, et vivait à sa mode sans se préoccuper du voisin. Aujourd’hui, par suite des doctrines fraternelles répandues à profusion dans le peuple, chacun a l’œil sur la bourse de son prochain, et, au premier signal, on profitera de ces deux préceptes, assurément plus socialistes que sociaux : La raison du plus fort... ; et la propriété, c’est le vol.

Aussi, la peur gagne... l’égoïsme s’introduit partout : l’argent s’entasse dans la prévision d’une catastrophe prochaine ; l’ouvrier ne travaille pas, et la faim, la faim, mauvaise conseillère, le pousse au vagabondage, au vol, à pis souvent... Le commerçant fait faillite, ruine quantité de familles qu’il réduit à la mendicité ; de plus, le pauvre, stimulé par ces esprits infernaux qui veulent bouleverser le monde, pénètre jusque dans l’intérieur des habitations de quelques mauvais riches ; il observe leurs travers, leurs erreurs, leurs vices, et les copie avec toute la brutalité que lui donne son manque d’éducation...


Discours de Camille Desmoulins devant la foule réunie
dans les jardins du Palais-Royal, le 12 juillet 1789

Que pourrait-on lui dire pour l’éclairer ? Rien ; il ne voudrait pas comprendre, il ne comprendrait même pas. On lui a montre un riche vicieux, il les a tous jugés par ce funeste échantillon, et il se demande pourquoi lui qui souffre, lui qui n’a pas d’éducation, serait vertueux alors que ceux qui ont l’or et l’instruction en partage ne s’en servent que pour le mal...

Et ces idées se répandent, faisant de nombreux prosélytes... Le vice est plus facile et plus commode à pratiquer que la vertu... et le pauvre se démoralise, et le riche se décourage, et l’égoïsme gagne toujours du terrain... et la société se perd...

Malheur ! malheur ! Supposez Louis XVI ayant achevé tranquillement son règne ainsi qu’il l’avait commencé ; supposez ses héritiers lui succéder sans conteste à la couronne ; supposez au peuple français plus de respect pour la loi, plus de stabilité dans les idées, plus d’amour pour ses chefs. Et, je vous le demande, aujourd’hui, en serions-nous à trembler les uns devant les autres et à attendre un signal pour nous ruer parents contre parents, amis contre amis, citoyens contre citoyens ?

Non ! Mais, direz-vous encore, nous n’aurions pas tant de libertés. Nous en aurions plus, car nous ne les aurions pas obtenues violemment, et personne ne tenterait de nous les ravir. Liberté ! Eh ! mon Dieu ! soyons francs ! Dans ce moment de péril et de crise, qui donc pense à la liberté ? Est-ce nous, Blancs ? Est-ce vous, Rouges ?

Nous, vous nous auriez appris à la maudire, si nous ne savions qu’en votre bouche tout est mensonge, et que, sous le voile de la vertu, c’est le vice que vous préconisez.

Vous, vous proclamez la liberté, et vous pratiquez la licence ; vous parlez au nom de l’Évangile, et vous ne croyez pas en Dieu ; vous voulez le droit au travail, et vous ruinez la propriété, fruit du travail ; vous vous dites les vrais défenseurs de la famille, et vous enseignez au fils à ne plus respecter son père, et vous êtes tantôt adamistes, saint-simoniens, fouriéristes, communistes, que sais-je ?... Vous parlez de liberté, et le plus innocent de vos actes est un immense attentat contre la liberté.

Vous ne rêvez le pouvoir que pour vous gorger de sang et d’or. Arrière donc les mots d’apparat et qui ne sont que des masques. Il est temps de jouer cartes sur table. Oui, Rouges, sous prétexte de progrès, vous nous poussez vers un abîme. La société, les mœurs, tout s’en va !... La France elle-même, si grande sous nos monarques, n’est déjà plus que l’ombre d’elle-même, et on peut, dans les grands conseils, dans les congrès politiques, l’oublier, la méconnaître, la repousser en vain , elle qui a imposé son pavillon et sa volonté à toutes les cours de l’Europe...

Attendrons-nous donc que ces étrangers, qui déjà nous outragent, viennent se partager nos morceaux , comme ils l’ont fait de la Pologne ? Quel vertige est le nôtre ! Nous avons des lois toutes prêtes pour punir un malheureux que la misère conduit à voler un pain, et nous avons parmi nous une foule de bandits qui hurlent autour de nos demeures en nous menaçant de la mort et du pillage... et nous ne les châtions pas !...

Qu’attendons-nous ? Faudra-t-il, pour que nous sortions de notre apathie, que nos maisons soient forcées et que le drapeau du socialisme, rougi dans le sang de nos victimes, soit promené en triomphe parla ville ?... La patrie, la société, sont en danger !... Arrière l’égoïsme, arrière l’indifférence, arrière la peur !

De l’union, du courage et de l’énergie ! Nous sommes la majorité ! la majorité, entendez-vous bien, c’est-à-dire la volonté à laquelle le pays tout entier doit se soumettre. Pour pouvoir, nous n’avons donc qu’à vouloir. Ils ne le croient pas. Prouvons-le une bonne fois.

Ils s’organisent pour le mal, organisons-nous pour le bien. Ils veulent détruire, conservons ! Ils crient contre la religion, la famille, la propriété ; livrons-leur bataille au nom de la religion, de la famille et de la propriété : n’agitons qu’un seul drapeau : le drapeau de la France, et la victoire nous restera.

Quelques amis bienveillants m’ont dit : « On vous demandera ce que vous entendez par le drapeau de la France. Est-ce le drapeau de la légitimité ? Est-ce le drapeau de l’Empire ? Est-ce le drapeau d’Orléans ? Est-ce le drapeau d’un homme ? Est-ce le drapeau d’un parti ? » Ni l’un, ni l’autre. Par drapeau de la France, j’entends le drapeau antirévolutionnaire.

Mais hâtons -nous, car l’audace et la force de nos ennemis croît en raison directe de nos dissentiments, de notre inertie et de notre incroyable longanimité. Hâtons-nous ! Aujourd’hui, il en est temps encore : demain, il serait trop tard !

 
 
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