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6 août 1762 : arrêt du parlement de Paris qui supprime l'ordre des Jésuites

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6 août 1762 : arrêt du parlement de Paris
qui supprime l’ordre des Jésuites
Publié / Mis à jour le samedi 4 août 2012, par LA RÉDACTION
 

Dans cette foule d’ordres religieux qui se sont élevés au sein de l’Eglise, celui des Jésuites mérite une attention particulière : le monde chrétien s’est épuisé à en dire du bien et du mal ; rien ne semble plus contradictoire, que cette haine publique dont ils ont été chargés, et cette confiance qu’ils se sont attirée ; cet esprit qui les exila de plusieurs pays, et qui les remit en crédit ; ce prodigieux nombre d’ennemis et cette faveur populaire ; mais il faut observer que, dans une nombreuse société, occupée des sciences et de la religion, il y a toujours des esprits inquiets et ardents, qui se font des ennemis ; des savants qui se font de la réputation ; des caractères insinuants qui se font des partisans, et des politiques qui tirent parti du travail et du caractère de tous les autres.

Saint Ignace, fondateur de l’ordre des Jésuites, rencontra nombre d’obstacles à leur établissement. Cette opiniâtreté, ce mélange d’enthousiasme et de souplesse qui fait le caractère de tout nouvel institut, parvint, avec le temps, à faire recevoir les Jésuites dans tous les royaumes chrétiens. On les a vus depuis, gouverner plusieurs cours de l’Europe, se faire un grand nom par l’éducation qu’ils ont donnée à la jeunesse, aller réformer les sciences à la Chine, rendre pour un temps le Japon chrétien, et donner des lois aux peuples du Paraguay.

Il arriva qu’un profès de leur ordre, nommé la Vallette, qui était chef des missions à la Martinique, et le plus fort commerçant des îles, fit une banqueroute de plus de trois millions ; les intéressés se pourvurent au parlement de Paris. On crut découvrir alors que le général des Jésuites, résidant à Rome, gouvernait despotiquement les biens de la société : le parlement de Paris condamna ce général et tous les Jésuites solidairement, à payer la banqueroute de la Vallette.

Ce procès conduisit à examiner les constitutions des Jésuites : on les trouva incompatibles avec les lois du royaume ; alors on rappela toutes les anciennes plaintes faites contre cet ordre, et plus de cinquante volumes de leurs décisions théologiques, contre la sûreté de la vie des rois.

Ce n’est pas qu’on n’eût pu réformer les règles de leur institut, sur lesquelles ils furent condamnés ; et quant aux maximes qu’on déterra dans leurs livres, elles étaient horribles, il est vrai, mais méprisées, publiées par des Jésuites étrangers, et désavouées formellement depuis peu par les Jésuites français ; mais il y a toujours dans les grandes affaires, un prétexte qu’on met en avant, et une cause véritable qu’on dissimule : le prétexte de la punition des Jésuites, était le danger prétendu de leurs mauvais livres, que personne ne lit ; la cause était le crédit dont ils avaient longtemps abusé.

L’ordre des Jésuites, après avoir été exterminé dans tous les pays qui avaient été les théâtres de sa puissance, en Espagne, aux Philippines, au Pérou, au Mexique, au Paraguay, au Portugal, au Brésil, en France, dans les Deux-Siciles, dans le duché de Parme, dans l’île de Malte, fut enfin aboli en 1773, par un décret formel du pape Clément XIV.

Ce qu’il y eut d’assez étrange dans leur désastre presque universel, c’est qu’ils furent proscrits au Portugal, pour avoir dégénéré de leur institut, et en France, pour s’y être trop conformés. C’est qu’au Portugal, on n’osait pas encore examiner un institut consacré par les papes, et on l’osait en France.

Tandis que tous les princes catholiques de l’Europe chassaient les Jésuites, le roi de Prusse, prince protestant, les conserva au grand étonnement des nations. Ce monarque ne voyait en eux que des hommes capables d’élever chez lui la jeunesse, et d’enseigner les belles-lettres peu cultivées dans ses Etats, excepté par lui-même.

 
 
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