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Pourquoi dit-on que la France est « fille aînée de l’Église » ?

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Pourquoi dit-on que la France
est « fille aînée de l’Église » ?
(Source : Le Figaro)
Publié / Mis à jour le jeudi 17 février 2022, par LA RÉDACTION
 
 
 
Ce titre honorifique qualifie notre pays depuis des siècles. Mais on le trouve à l’origine sous une forme un peu différente.

Tout commence avec de l’eau. Plus spécifiquement de l’eau bénite. Le 25 décembre 496, jour de Noël, le roi Clovis est baptisé dans la cathédrale de Reims, par l’évêque Rémi. Ce signe de la croix tracé sur le front du monarque marque l’entrée du royaume des Francs dans l’Église catholique.

La France est devenue ce jour-là « Fille aînée de l’Église ». C’est Jean-Paul II, en voyage apostolique en France, qui popularisa cette formule, lors d’un discours au Bourget en juin 1980. Il évoqua ce « titre de fierté », avant de demander aux fidèles réunis : « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle à ton baptême ? » Réemployée depuis à maintes reprises, cette expression se fonde sur plusieurs éléments.

Baptême de Clovis à Reims, 25 décembre 496. Peinture de François-Louis Dejuinne (vers 1840)
Baptême de Clovis à Reims, 25 décembre 496. Peinture de François-Louis Dejuinne (vers 1840)

Le roi de France, « fils aîné de l’Église »
Elle est utilisée la première fois par le père Henri-Dominique Lacordaire, dans son « Discours sur la vocation de la nation française », le 14 février 1841, lit-on dans Depuis quand la France est-elle fille aînée de l’Église ?, de Bernard Barbiche. Il dit : « La nation franque était la première nation catholique donnée à Dieu par son Église. Il a plu à la papauté d’appeler nos rois les Fils aînés de son Église. De même que Dieu a dit à son Fils de toute éternité : tu es mon premier-né, la papauté dit à la France : tu es ma Fille aînée ». Ce discours est prononcé dans un contexte tendu. La dernière phrase illustre le soutien et le lien qui unit le duc d’Angoulême, alors exilé, qui se revendique souverain légitime, à l’Église catholique.

Cette phrase avait déjà été utilisée au XVe siècle, sous la forme « Fils aîné ». Le 19 janvier 1494, le pape Alexandre VI accueille les vœux d’obédience du roi Charles VIII, en l’appelant : « Fils aîné ». Le lien de filiation est alors créé, non pas entre la France et l’Église, mais d’abord avec son roi.

Les souverains qui se succèdent sur le trône reprennent ce titre, de François Ier, qui se déclare « premier et souverain fils de l’Église », à Charles IX, en passant par Louis XIII. Ce lien de « fils », puis de « fille aînée » se comprend par le prisme de la mission première de l’Église : celle d’enfanter des fils à Dieu. C’est ce que le Seigneur demande à ses apôtres lorsqu’il dit : « Allez de toutes les nations, faites des disciples et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

La France, premier pays missionnaire
Il y a en réalité deux sens à cette formule. D’abord historique. La France est l’un des premiers pays à évangéliser, le point de départ étant le baptême de Clovis. La foi chrétienne est sans doute arrivée chez nous par les Grecs, dans le Sud, puis par les Latins à partir de Lyon, le premier diocèse de France.

Alexandre VI, pape de 1492 à 1503. Peinture de Cristofano dell'Altissimo (milieu du XVIe siècle)
Alexandre VI, pape de 1492 à 1503. Peinture de Cristofano dell’Altissimo (milieu du XVIe siècle)

Le second sens est théologique. Par le biais de nombreux organismes missionnaires, comme les Missions Étrangères de Paris, elle envoie des milliers de prêtres dans le monde, notamment en Asie. Les premiers évêques au Vietnam, au Japon et en Chine sont des Français. Le pays a également fourni de nombreux papes, et c’est encore un Français, Saint Benoît de Nursie, qui est l’instigateur de l’ordre des moines Bénédictins et du monachisme occidental.

Le nombre de saints Français reconnus par l’institution ecclésiastique éclaire également le sens de la formule : de Saint Irénée-de-Lyon à Saint Jean-Marie Vianney, sans oublier les saints Martins, Louis, et plus récemment Charles de Foucauld, canonisé le 15 mai prochain. Tous ces éléments, à la fois historiques, théologiques et missionnaires, ont fait que la France a eu un rôle essentiel dans le développement de l’Église universelle. Et légitiment ce lien de mère et fille aînée.

Maguelonne de Gestas
Le Figaro

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