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Rouen, de pierres et de chimères. Panorama XXL, Historial Jeanne-d’Arc

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Patrimoine de France
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Rouen, de pierres et de chimères
(Source : Libération)
Publié / Mis à jour le lundi 22 décembre 2014, par LA RÉDACTION
 
 
 
Avec l’ouverture du Panorama XXL et de l’Historial Jeanne-d’Arc, la cité normande joue la carte médiévale. Promenade au fil de ses gargouilles et légendes.

Des cheminées, de vieux pavés et des clochers. La capitale des ducs de Normandie a beau s’être industrialisée, elle connaît ses classiques. D’abord, il y a sa cathédrale, incontournable, son gothique rayonnant et flamboyant. Puis vient le quartier des antiquaires, ses ruelles ponctuées d’églises et d’hôtels particuliers. Dans cet univers de vieilles pierres blanches et robustes, toutes constellées de silex sombres, l’histoire se lit partout. Des gargouilles aux allures monstrueuses habillent les gouttières, et les chimères, ces petites créatures espiègles, grimpent sur les façades. Parmi ce bestiaire fantastique, les voix de Jeanne d’Arc résonnent encore, celles de ses procès surtout, puisque c’est à Rouen qu’elle fut jugée, condamnée, puis réhabilitée.

Hérésie. Au fil de la ville, quelques hauts lieux de son parcours fatal subsistent : le donjon où elle a été interrogée, les soubassements de l’ancienne tour de la Pucelle où elle a été emprisonnée, le lieu de son supplice sur la place du Vieux-Marché. Dans la cathédrale, des vitraux - offerts par les Anglais - donnent un petit cours de rattrapage aux impies. On y voit l’héroïne aux différents moments de sa courte vie, entendre ses voix, se mettre à genoux devant le dauphin Charles, délivrer Orléans pendant la guerre de Cent Ans, assister au sacre de Charles VII à Reims. Puis viennent les malheurs : sa capture à Compiègne, sa vente aux Anglais, son procès en hérésie mené par l’évêque Cauchon, et le bûcher final, avant sa réhabilitation.

Si ces temps paraissent obscurs, Rouen était à l’époque médiévale lumineuse. C’était la deuxième ville du royaume, d’où son riche patrimoine. Avec le Panorama XXL, tout juste inauguré, Yadegar Asisi a voulu illustrer cet âge-là. Dans une rotonde de 35 mètres de haut, un tableau circulaire représente la ville au Moyen Age. Pour imaginer son panorama, l’artiste allemand s’est beaucoup documenté et raconte : « Rouen avait alors une vie sociale et commerciale structurée. Contrairement aux idées reçues, ce n’était pas une période arriérée. Il suffit de regarder son organisation, les différentes guildes d’artisans. Son architecture gothique est aussi révélatrice : elle illustre avec force cet idéal chrétien d’apporter la lumière dans les ténèbres. »

Hareng. En réalité, c’est au XVIe siècle que Rouen atteint son apogée. A la fois fluvial et maritime, le port s’enrichit grâce au textile, au hareng, à la pierre d’alun, avant de commercer avec le Nouveau Monde pour son bois rouge dont on fait de la teinture. Aujourd’hui, une centaine de maisons datent d’avant 1520 : des bâtisses à encorbellement, faites de pans de bois — du chêne venu des forêts environnantes. Rue du Gros-Horloge, non loin du beffroi, le McDo occupe lui aussi un bâtiment du XIVe siècle.

C’est un peu plus tard, avec la Contre-Réforme, que la cité aux cent clochers se couvre de couvents. L’Eglise catholique réagit à la Réforme protestante. Il faut ramener les brebis égarées dans le droit chemin. Partout, on bâtit des églises. On y raconte alors la légende de saint Romain, le patron de la ville, ce valeureux évêque qui terrassa la gargouille et imposa la religion aux païens et aux monstres.

Car, au fil du temps, Rouen la médiévale a su lutter pour demeurer. Rien n’aura réussi à la mettre à terre. Ni l’acharnement des bombardements, ni les multiples incendies qui dévorèrent ses maisons à pans de bois, ni la peste qui croupit dans ses ruisseaux. En 1348, une terrible épidémie s’abat sur la ville et emporte deux tiers de ses habitants. Non loin du port — porte d’entrée idéale pour la maladie —, le quartier du textile, pauvre et insalubre, improvise une fosse commune : l’aître Saint-Maclou.

Au milieu de la cour, un crucifix conserve la mémoire du cimetière. Sur les colonnes, la danse des morts côtoie les sculptures d’époque : tibias et têtes de mort, pelles et pioches des fossoyeurs. A côté, un chat momifié, retrouvé pendant des travaux, est exposé. Au Moyen Age, on racontait qu’emmurer un chat vivant conjurait le mauvais sort. A Rouen, l’histoire habite les murs parfois plus qu’on ne le croit.

Informations pratiques :
Le Panorama XXL, à partir du 20 décembre 2014.
2, quai de Boisguilbert. Tarifs : 6,50 € ou 9,50 €.
Renseignements sur www.panoramaxxl.com

L’Historial Jeanne-d’Arc, qui doit être inauguré en mars 2015.
7 rue Saint-Romain. Accès libre.
Renseignements sur www.historial-jeannedarc.fr

Marine Dumeurger
Libération

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