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3 août 388 avant Jésus-Christ : bataille de Chéronée

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3 août 388 avant Jésus-Christ :
bataille de Chéronée
Publié / Mis à jour le jeudi 2 août 2012, par LA RÉDACTION
 

Jamais les Athéniens et les Thébains ne montrèrent plus de courage : les premiers avaient même enfonce la phalange macédonienne ; mais leurs généraux ne surent pas profiter de cet avantage. Philippe, qui s’en aperçut, dit froidement que les Athéniens ne savaient pas vaincre, et il rétablit l’ordre dans son armée. Il commandait l’aile droite, et Alexandre, son fils, l’aile gauche : l’un et l’autre montrèrent la plus grande valeur. Démosthène fut des premiers à prendre la fuite. Du côté des Athéniens, plus de mille hommes périrent d’une mort glorieuse, plus de deux mille furent prisonniers ; la perte des Thébains fut à peu près égale.

Philippe laissa d’abord éclater une joie indécente : après un repas où ses amis, à son exemple, se livrèrent aux plus grands excès, il alla sur le champ de bataille, n’eut pas de honte d’insulter ces braves guerriers qu’il voyait étendus à ses pieds, et se mit à déclamer, en battant la mesure, le décret que Démosthène avait dressé pour susciter contre lui les peuples de la Grèce. L’orateur Démade, quoique chargé de fers , lui dit : « Philippe, vous jouez le rôle de Thersite, et vous pourriez jouer celui d’Agamemnon. » Ces mots le firent rentrer en lui-même : il jeta la couronne de fleurs qui ceignait sa tête, remit Démade en liberté, et rendit justice à la valeur des vaincus.

La ville de Thèbes, qui avait oublié ses bienfaits, fut traitée avec plus de rigueur ; il laissa une garnison dans la citadelle : quelques-uns des principaux habitants furent bannis, d’autres mis à mort. Cet exemple de sévérité qu’il crut nécessaire, éteignit sa vengeance, et le vainqueur n’exerça plus que des actes de modération. On lui conseillait de s’assurer des plus fortes places de la Grèce ; il dit qu’il aimait mieux une longue réputation de clémence, que l’éclat passager de la domination.

On voulait qu’il sévît du moins contre les Athéniens qui lui avaient causé des vives alarmes ; il répondit : « Aux dieux ne plaise » que je détruise le théâtre de la gloire, moi qui ne travaille que pour elle. » Il leur permit de retirer leurs morts et leurs prisonniers : ces derniers, enhardis par ses bontés, se conduisirent avec l’indiscrétion et la légèreté qu’on reproche à leur nation ; ils demandèrent hautement leurs bagages, et se plaignirent des officiers macédoniens. Philippe eut la complaisance de se prêter à leurs vœux, et ne put s’empêcher de dire en riant : « Ne semble-t-il pas que nous les ayons vaincus au jeu des osselets ? »

 
 
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