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8 février 1778 : mort du tragédien Henri-Louis Caïn, dit Lekain ou Le Kain

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8 février 1778 : mort du tragédien Henri-Louis Caïn, dit Lekain ou Le Kain
Publié / Mis à jour le mercredi 6 février 2013, par LA RÉDACTION
 

Henri-Louis le Caïn, acteur célèbre, dont la mémoire ne périra jamais chez les amateurs de la tragédie , était né à Paris en 1729. Avant de débuter à la comédie française, il s’était exercé chez Voltaire, à Paris, sur un théâtre particulier. Voltaire l’appelait son grand acteur, son Garrick, son enfant chéri ; et cependant il ne le vit jamais sur le théâtre français. Tout le temps que Lekain a occupé la scène, mesure exactement le temps où Voltaire fut absent de Paris. Personne n’a mieux peint que de la Harpe, le talent de cet acteur.

Lekain en costume de scène
Lekain en costume de scène

« Il ne fallait rien moins à ce grand acteur, qu’un talent extraordinaire pour vaincre les difficultés qui s’offrirent à lui au commencement de sa carrière, et pour suppléer à ce qui lui manquait du côté des avantages extérieurs et des dons naturels. On lui reprochait, lorsqu’il parut, les défauts de la figure et de la voix : c’est ici que l’art et le travail vinrent a son secours : il s’accoutuma à donner à sa physionomie et à ses traits une expression vive y et marquée, qui en faisait disparaître les désagréments.

« Il sut dompter son organe naturellement lourd, et le plier à la facilité du débit, nécessaire dans les moments tranquilles ; car dès que son rôle le permettait, sa voix, en se passionnant, devenait intéressante, et portait au fond de l’âme les accents de l’amour malheureux, de la vengeance, de la jalousie, de la fureur, du désespoir ; c’était de ces cris déchirants que la douleur arrête au passage, et qui n’en vont que plus avant dans le cœur ; c’était de ces sanglots, tels qu’on les a encore entendus dans Vendôme, avec tant de transport, lorsqu’il disait : Vous avez mis la mort dans ce cœur outragé !

« Ces grands effets n’ont été connus que de lui, et c’est ainsi qu’il était parvenu non seulement à faire oublier les défauts de son visage, mais même à produire une telle illusion, que rien n’était plus commun que d’entendre des femmes s’écrier, en voyant Orosmane ou Tancrède : Comme il est beau !

« La fatigue de ses rôles était en proportion de la sensibilité qu’il y mettait. Son expression était le tourment d’une âme bouleversée, qui retenait encore en dedans plus qu’elle ne produisait au dehors ; ses cris et ses larmes étaient des souffrances ; le feu sombre et terrible de ses regards ; le grand caractère imprimé sur son front, la contraction de tous ses muscles, le tremblement de ses lèvres, le renversement de tous ses traits ; tout manifestait un cœur trop plein, qui avait besoin de se répandre, et qui se répandait sans se soulager ; on entendait le bruit de l’orage intérieur, et quand il quittait le théâtre, on le voyait encore, comme l’ancienne Pythie, accablé du dieu qu’il portait dans son sein. »

Le début de Lekain dura dix-sept mois, au milieu des applaudissements du public et des contradictions particulières. Le parterre le défendit contre les loges. Louis&nbp;XV prononça entre ces deux puissances, en disant : « Il m’a fait pleurer, moi qui ne pleure pas souvent. » Sur ce mot, Lekain fut reçu. On a retenu de lui une réponse noble et sensée à un militaire qui, comparant son traitement avec celui d’un acteur, en prenait occasion de parler des comédiens avec assez peu de ménagement : « Eh ! comptez-vous pour rien, monsieur, lui dit Lekain, le droit que vous avez de me dire en face tout ce que je viens d’entendre ? »

 
 
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