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Centre : origine et histoire du département Indre-et-Loire

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Départements français
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Histoire du département de l’Indre-et-Loire
(Région Centre)
Publié / Mis à jour le jeudi 28 janvier 2010, par LA RÉDACTION
 

Le département d’Indre-et-Loire comprend les quatre cinquièmes de l’ancienne Touraine, dont la capitale est devenue son chef-lieu. Ce beau pays n’a pas eu, comme quelques autres plus énergiques et plus rudes, une histoire intérieure fort agitée ; si sa tranquillité a été troublée, c’est en général par le contrecoup des secousses qui remuaient les pays voisins ou même toute la France.

Le caractère de ses habitants est plus propre au repos qu’à la guerre ; une certaine indolence se remarque aujourd’hui chez eux, et les témoignages de tous les temps s’accordent sur ce point : Turoni imbelles, dit Tacite ; mais les Tourangeaux réclament et demandent qu’on lise rebelles. Una nuper cohors rebellem Turonium (profligavit), dit Silius Italicus. Rebellem ! s’écrient les Tourangeaux avec fierté. Oui, mais una cohors, une seule cohorte les a vaincus. Bella timentes Turones, dit Sidoine Apollinaire. « Mais ceci, répond Stanislas Bellanger (de Tours), n’est point une preuve irréfutable. » Enfin, le Tasse, énumérant les peuples accourus à la croisade, écrit sur les guerriers de Tours et de Blois ces vers charmants :
Non è gente robusta o faticosa...
La terra molle, e lieta, e dilettosa,
Simili a se gli abitator produce.
« Ce n’est pas un peuple robuste et fait pour supporter les fatigues ;... cette terre, qui respire la mollesse, la joie et les délices, donne le jour à des habitants qui lui ressemblent. »

Que les Tourangeaux sachent se borner ; qu’ils se contentent de la réputation d’esprits fins, caustiques, prenant la vie par le bon côté, et parlant notre langue avec plus de pureté qu’aucune autre province de France, ce qu’on attribue, à tort ou à raison, au long séjour de la cour dans leur pays.

Dans le temps qu’on se faisait grand honneur d’une antique origine, les Tourangeaux ont eu, comme bien d’autres peuples du reste, la manie de se rattacher aux temps héroïques de la Grèce. Turnus aurait été le père des Turoni, et, au XVIe siècle, on montrait encore près d’une des portes de Tours une grosse pierre carrée qu’on disait être son tombeau. D’autres voulaient qu’une troupe de Gaulois fût allée au secours de Troie et, la trouvant déjà conquise, en eût ramené des Troyens qui se seraient fixés aux bords de la Loire.

Il en est qui font venir Turoni du grec fils du ciel. Une étymologie moins flatteuse est celle qui fait dériver leur nom du celtique tur, turon, qui tourne, qui change, épithète qui désignerait l’instabilité de leur caractère. Les Turoni, à parler sérieusement, étaient des Celtes et tenaient leur place dans la confédération des Andes, des Carnutes, des Sénones, des Lingons, des Vénètes. Ils formaient une des civitates si nombreuses que César trouva en Gaule. Ils étaient gouvernés de même, avaient la même religion, les mêmes lois, les mêmes armes.

Plusieurs dolmens encore debout et quelques débris d’armes trouvés dans le département, une pointe de lance et des haches en bronze, un fragment d’une hache en silex, un casse-tête, un caillou tranchant pour dépouiller les animaux, des pointes de flèche en silex, des fragments d’armure en bronze, en témoignent suffisamment. Sur des médailles ornées de figures du sanglier symbolique des Gaulois ou d’autres animaux bizarres qu’on suppose être l’urus ou auroch, on lit, outre la légende Turonos, les noms de Cantocix et de Triccos, qu’on croit avoir été deux chefs du pays à une époque inconnue.

Les Turoni ne se firent que faiblement remarquer dans les grandes expéditions des Gaulois hors de leur pays et dans la résistance nationale aux armes de César. Soumis avec toute la Gaule, ils fournirent de la cavalerie au conquérant et furent compris dans la Celtique qui, sous Auguste, reçut le nom de Gaule Lyonnaise.

Un peu plus tard, leur pays fut démembré, et sa partie méridionale fut attribuée à l’Aquitaine. Quand il y eut quatre Lyonnaises, ils firent partie de la troisième, qui comprenait la Touraine, la Bretagne, l’Anjou et le Maine. Dans la décadence de l’empire, lorsque déjà les Wisigoths occupaient le sud de la Loire, les Bretons, les Andécaves (Anjou) et les Turones formèrent la ligue armoricaine dans le but de ressaisir leur antique indépendance. Mais Aétius les vainquit et établit chez eux les Alains mercenaires qui, de la rive droite de la Loire, où ils se fixèrent, ne cessèrent d’aller ravager la rive gauche et la Touraine méridionale. Ils ne s’arrêtèrent que devant les armes des Wisigoths, qui ne voulaient pas les laisser empiéter sur leur royaume d’Aquitaine.

Ce fut, depuis lors, le sort de la Touraine d’être cruellement disputée par ces ennemis acharnés. Entre la Seine et la Loire, et par conséquent en partie chez les Turones, subsistait le dernier débris de l’empire romain en Gaule. L’un des plus habiles et des derniers chefs de ce petit État romain perdu au milieu de l’invasion barbare fut AEidius, qui refoula les Wisigoths. Mais il mourut empoisonné après sa victoire (464), et les Wisigoths, après la chute de l’empire (476), se précipitèrent sur la Touraine, qu’ils réunirent à leur royaume au sud de la Loire. Ainsi finit en ce pays la domination romaine après y avoir subsisté 535 ans.

Pendant cette longue période de civilisation, le christianisme y avait été introduit vers la fin du IIIe siècle par saint Gatien, premier évêque et patron de Tours, mort en 304. Saint Martin acheva son oeuvre. Quand les Wisigoths eurent conquis la Touraine, ils voulurent y établir leur religion, l’arianisme, en même temps que leur domination, et ce fut ce qui leur fit perdre cette province. Les habitants, persécutés par Alaric II, accueillirent favorablement les Francs, qui, après avoir fait une première incursion dans le pays en 473, y reparurent, convertis et orthodoxes, avec Clovis à leur tête, en 504.

Par l’entremise du roi des Ostrogoths, le grand Théodoric, les deux rivaux, Clovis et Alaric, eurent une entrevue amicale au milieu de la Loire, dans l’île d’Or, aujourd’hui île Saint-Jean, en face d’Amboise, tous deux se touchèrent la barbe et se jurèrent amitié ; à l’occasion de quoi furent frappées des médailles. On prétend aussi voir des monuments commémoratifs de cette réconciliation dans les deux énormes tumulus de Sublaines, entre Loches et Amboise, qui sont plus vraisemblablement les tombeaux de quelques anciens chefs gaulois.

Cette réconciliation fut bien éphémère ; car, bientôt après, s’engageait près de Poitiers la bataille de Vouillé, qui chassa les Wisigoths de la Gaule et livra à Clovis la Touraine, l’Aquitaine, etc. Après sa mort, la Touraine fit partie du royaume d’Orléans et fut un objet de querelles pour les quatre rois frères.

Lors de l’invasion du midi de la France par les Sarrasins (732), la Touraine fut sauvée avec toute la monarchie franque par la grande victoire de Charles Martel, gagnée, dit-on, à trois lieues de Tours, dans une plaine qu’on appelle aujourd’hui les Landes de Charlemagne. On sait que Charles Martel fut appelé Magnus comme son petit-fils, et que d’ailleurs l’imagination populaire a mis sur le compte du premier empereur d’Occident bien des exploits qui ne lui appartiennent pas. Charles Martel laissa la Touraine à Eudes, duc d’Aquitaine ; mais, en 736, il l’enleva à ses héritiers, et bientôt, d’ailleurs, il commença la soumission de l’Aquitaine môme par ces terribles expéditions que Pépin le Bref et Charlemagne continuèrent.

Ce dernier donna le gouvernement de la Touraine au comte . Hugues, aven une autorité plus étendue que celle des précédents gouverneurs. Ce seigneur fut, peu de temps après, envoyé en ambassade auprès de Nicéphore, empereur d’orient. C’est à cette époque, par les soins de Charlemagne, puis de Louis le Débonnaire, que fut commencé l’endiguement de la Loire ; ce n’est pas d’aujourd’hui que ce fleuve est redoutable par ses débordements ; son nom Liger, suivant l’étymologie celtique, veut dire ravageuse aux eaux froides. D’autres ravageurs désolèrent la Touraine au IXe siècle ; comme tous les pays voisins, elle souffrit des incursions des Normands que combattit avec tant de valeur Robert le Fort, comte de Touraine, d’Anjou et de Blois.

En 940 commence la série des comtes héréditaires, c’est-à-dire le régime féodal, en Touraine. Thibaut le Tricheur, déjà comte de Blois, de Chartres, de Beauvais, de Meaux et de Provins, s’empara, par la force, de la Touraine et la posséda, ainsi que son fils Eudes Ier (978). La Touraine devint alors le théâtre d’une lutte opiniâtre, qui est à peu près l’événement le plus saillant de la pâle histoire de cette époque.

Les comtes de Blois et Champagne étaient les plus puissants seigneurs de la France du centre et de l’est, qui, par l’acquisition de la Touraine, semblait vouloir envahir la France occidentale. Mais celle-ci résista, personnifiée dans les puissants comtes d’Anjou. L’un d’eux, Foulques Nerra ou Faucon Noir, célèbre par son caractère intraitable et par son âpre énergie, s’empara d’une partie de la Touraine, après une lutte violente. Son fils Geoffroy Martel assiégeait Tours lorsque, menacé par une armée ennemie, il leva le siège. Une bataille, livrée près de Montlouis le 22 août 1044, fut fatale à l’héritier légitime de la Touraine, Thibaut III, qui signa, dans la prison de Loches, l’abandon de son fief à la maison d’Anjou.

La Touraine suivit dès lors les destinées de l’Anjou, fut réunie à l’Angleterre en 1152, enlevée en 1204 à Jean sans Terre par Philippe-Auguste et rattachée alors à la couronne de France. Pour gagner l’affection des seigneurs du pays, Philippe rendit la dignité de sénéchal héréditaire en faveur de Guillaume des Roches et créa cinquante-cinq chevaliers bannerets, qui eurent le droit de faire porter leur bannière à l’armée du roi, sous condition de fournir leur contingent.

La Touraine fut séparée du domaine de la couronne, d’abord par Philippe de Valois, qui l’érigea en duché-pairie en faveur de Jeanne de Bourgogne, sa femme (1328), puis par le roi Jean, qui, après la bataille de Poitiers, la donna en apanage à son fils Philippe le Hardi, mais la lui retira ensuite pour y substituer la Bourgogne. Parmi les ducs apanagistes qui succédèrent, il faut remarquer Louis Ier, duc d’Anjou et roi de Naples, à partir duquel les armoiries de la Touraine, qui étaient de gueules, au château d’argent, furent augmentées de la bordure componée de Jérusalem et de Naples Sicile. Le dernier duc apanagiste fut François d’Alençon, fils de Henri II, qui mourut en 1576. La Touraine cessa dès lors de servir d’apanage aux princes du sang.

Jusque-là tranquille et prospère, la Touraine se vit troublée au XVIe siècle par la conspiration d’Amboise (voir plus loin) et par les guerres de religion ; mais elle eut surtout à souffrir de la révocation de l’édit de Nantes, qui, en forçant un grand nombre de chefs d’industrie protestants à s’expatrier, provoqua la ruine de ses fabriques de rubans et d’étoffes de soie.

Avant 1789, la Touraine formait un des 32 gouvernements et donnait son nom à l’une des 35 généralités du royaume. Cette généralité comprenait, en outre, l’Anjou, le Maine, le bas Poitou et venait immédiatement après celles de l’Ile-de-France, de la Normandie et du Languedoc. Sa population était de 1 338 700 âmes et payait 30 millions d’impôt.

Lors de la chute du premier et du second Empire, c’est sur les bords de la Loire, que l’armée française, à la suite du désastre de Waterloo, opéra sa retraite, et c’est là aussi, dans la ville de Tours, que vint résider, au mois d’octobre 1870, le gouvernement de la Défense nationale ; mais, à l’approche des armées allemandes, il dut quitter Tours pour aller siéger à Bordeaux. Le département fut occupé pendant les premiers mois de 1871, jusqu’à la signature des préliminaires de la paix ; et cette occupation de l’une des plus belles et des plus paisibles contrées de la France lui coûta 4 456 535 francs.

 
 
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