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Dégustation à Fécamp d'une bouteille de Bénédictine restée plus d'un siècle au fond de la mer

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L’Histoire fait l’Actu
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Bouteille de Bénédictine restée
plus d’un siècle au fond de la mer :
dégustation à Fécamp
(Source : France 3 Normandie)
Publié / Mis à jour le samedi 18 janvier 2020, par LA RÉDACTION
 
 
 
Une bouteille de Bénédictine découverte dans une épave de 1917 dans la mer Baltique, a été ouverte au Palais Bénédictine de Fécamp (Seine-Maritime), ce mardi 14 janvier 2020

Un moment exceptionnel a eu lieu, ce mardi 14 janvier, au Palais Bénédictine de Fécamp. Une bouteille de Bénédictine, restée 102 ans dans les profondeurs de la mer Baltique a été ouverte. L’opération délicate a été effectuée par Eric Tourain, oenologue et spécialiste de l’élaboration des liquides pour le groupe Bacardi Martini France, propriétaire de la société Bénédictine. « C’est beaucoup d’émotion et d’excitation », explique-t-il.

Les salariés de Bénédictine ont aussi participé à cette dégustation historique. Cette liqueur digestive est connue pour ses arômes d’épices et d’agrumes. La première gorgée de cette bouteille centenaire a tenu ses promesses et a surpris les palais : elle a révélée des arômes de café et de cacao.

Concernant la vente de ces bouteilles, rien n’a été décidé. Elles seront probablement mises aux enchères. Ces bouteilles se retrouveront sans doute à Londres, Hong-Kong ou New-York.

Une découverte insolite
En octobre 2019, une équipe de plongeurs du groupe Ocean X découvre en mer Baltique des centaines de bouteilles dans l’épave d’un navire coulé par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale. Le trésor comptait quelques centaines de bouteilles de cognac mais aussi de Bénédictine, boisson alcoolisée fabriquée à Fécamp en Seine-Maritime.

Affiche publicitaire du début du XXe siècle pour la liqueur Bénédictine

L’équipe « Ocean X », basée en Suède, se décrit comme des chasseurs de trésors et des opérateurs de récupération spécialisés dans la recherche sous-marine de « boissons alcoolisées anciennes haut de gamme et d’artefacts historiques ».

La légende de la Bénédictine
Selon la légende, la Bénédictine tient sa recette d’un élixir de santé élaboré par un moine vénitien, chimiste et herboriste, Dom Bernardo Vincelli à l’abbaye de Fécamp en 1510. Il aurait distillé plusieurs dizaines de plantes médicinales et aromatiques qu’il aurait trouvé sur le plateau cauchois.

La réputation de la liqueur aurait alors dépassé les frontières normandes, le breuvage serait même devenu l’un des préférés du roi François Ier. Les moines bénédictins de Fécamp auraient continué à le distiller même après la mort de Dom Bernardo Vincelli, et ce, jusqu’à la Révolution française.

La recette initiale renaît en 1863 grâce à Alexandre Le Grand (1830-1898), négociant en vin fécampois. Il mettra un an à la remettre au point. Il la nomme liqueur Bénédictine, en hommage aux moines bénédictins. Historiquement, il n’existe aucune trace monastique de l’existence d’un moine prénommé Bernardo Vincelli, ni du fait que François Ier ait apprécié un élixir provenant de l’abbaye de Fécamp.

Un Palais pour distiller
En 1888, Alexandre Le Grand fait appel à Camille Albert, émule de Viollet-Le-Duc spécialiste de l’art gothique, pour construire un somptueux Palais afin d’offrir un écrin prestigieux à la distillerie de la liqueur (toujours en fonctionnement de nos jours) et à sa collection d’œuvres d’art.

La distillerie va rapidement devenir une petite industrie car le succès immédiat de la Bénédictine, dont la production atteint près de 150 000 bouteilles par an, dès 1873, oblige son créateur à lutter contre les contrefaçons de son produit. Le nom Bénédictine est déposé dès 1875. En 1969, l’entreprise rachète GET Frères, produisant la liqueur Pippermint Get, qu’elle renomme Get 27. En 1986, le groupe Martini & Rossi prend le contrôle de Bénédictine-Get.

France 3 Normandie
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