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22 décembre 1680 : apparition de la plus grande comète qu'on eût encore vue. Comète de Kirch, comète de Newton - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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22 décembre 1680 : apparition de la plus
grande comète qu’on eût encore vue
(D’après « Éphémérides politiques, littéraires et religieuses présentant,
pour chacun des jours de l’année un tableau
des événements, etc. » (Volume 12), édition de 1812)
Publié / Mis à jour le vendredi 21 décembre 2012, par LA RÉDACTION

 
 
 
On avait aperçu la queue de cette comète en Angleterre dès le 20 du même mois, peu après le coucher du soleil, et le célèbre Cassini, par les premières observations qu’il fit, trouva tant de rapports et de conformités avec celle de l’année 1577, exactement observée et décrite par Tycho-Brahé, qu’il osa prédire sa route dans un écrit qu’il présenta au roi

Newton démontra le premier que les comètes étaient de vraies planètes qui tournaient autour du soleil dans des orbites elliptiques. Halley est le premier qui ait prédit le retour de quelques-unes. En 1705, il annonça qu’une comète qui avait paru en 1531, reparaîtrait en 1758, et en effet elle a paru en 1758. Au début du XIXe siècle, le nombre des comètes ayant été observées assez exactement pour pouvoir être calculées, était de quatre-vingt-treize.

Viston, Maupertuis et d’autres ont remarqué que les comètes pourraient se rencontrer ou rencontrer la terre, et y produire les plus étranges révolutions. Mais on n’avait fait à cet égard que des conjectures vagues. « Je voulus, dit de Lalande, examiner parmi les comètes déjà connues, s’il y en avait qui naturellement pussent rencontrer la terre, ou en approcher de manière à nous mettre en danger. Je trouvai qu’il y en avait huit, dont les orbites passent très près de celle de la terre ; et si nous ne connaissons que la cinquième partie des comètes, il peut y en avoir plus de quarante qui peuvent passer si près de notre globe, que la mer en serait soulevée, comme elle l’est tous les jours par le soleil et par la lune, et qu’une partie de la terre pourrait en être submergée.

« Ces calculs qui avaient été annoncés dans quelques conversations, occasionnèrent dans Paris les bruits les plus étranges. On prétendit que j’avais prédit la fin du monde, et il fallut que mon mémoire [Réflexions sur les comètes qui peuvent approcher de la terre] fût publié pour dissiper ces bruits populaires ; je fis voir dans cet écrit que, quoique ces rencontres de planètes soient très possibles, elles supposent tant de circonstances réunies, qu’on ne saurait en faire un objet de terreur. Cependant, si l’on cherche une cause physique et naturelle des révolutions anciennes de notre globe, on la peut trouver dans les approches de quelques-unes de ces comètes. »

Gravure allemande de 1707 représentant la comète de 1680 (appelée comète de Kirch, ou Grande Comète de 1680)
Gravure allemande de 1707 représentant la comète de 1680
(appelée comète de Kirch, ou Grande Comète de 1680)

Les anciens n’ont parlé communément de la grandeur des comètes, qu’en faisant attention au spectacle de leur queue. Cependant il y a des comètes dont le diamètre apparent est fort considérable, indépendamment de la queue. Après la mort de Démétrius, roi de Syrie, l’an 146 avant Jésus-Christ, il parut une comète aussi grosse que le soleil. Celle qui parut à la naissance de Mithridate, cent trente ans avant Jésus-Christ, était si terrible, suivant Justin, qu’elle semblait embraser tout le ciel, et répandait plus de lumière que le soleil. Mais les queues des comètes ont toujours paru la chose la plus singulière de ces astres extraordinaires. Celle de la comète de 1680 occupait, dans sa longueur, la moitié de la voûte céleste ; aussi produisait-elle une grande terreur dans les esprits. « Nous nous étonnons trop , dit un auteur célèbre, de ce qui arrive rarement, et pas assez de ce qui arrive tous les jours. »

Un préjugé populaire a fait de tout temps regarder les comètes comme les avant-coureurs de quelque changement dans l’univers ou de quelque mort illustre. Des courtisans plaisantaient devant Monsieur, frère de Louis XIV, sur la faiblesse des princes à s’alarmer de pareils présages : « Ah ! leur dit Monsieur, on voit bien que vous n’êtes pas princes. » Et en effet, Monsieur fut bientôt justifié par un grand accident, que tous les journaux du temps, et surtout les poètes, ne manquèrent pas de relever :

Soyez bien sûr que la comète,
Du ciel la funeste interprète,
Prédit toujours la mort d’un grand.
Ne voilà-t-il pas qu’à Versailles,
Etendu, couché sur la paille,
Vient de mourir un éléphant.

Si l’on veut remonter à la source des terreurs populaires au sujet des comètes, on en trouvera deux causes principales, la politique et l’orgueil des hommes. On sait que chez les païens la politique tirait un grand parti des augures et des présages, pour inspirer, suivant ses intérêts, la crainte ou la confiance. Si les soldats romains eussent été des esprits forts, Drusus, fils de Tibère, n’eût pas eu le bonheur de calmer la révolte des légions de la Pannonie. Mais une éclipse qui survint fort à propos, étonna tellement ces mutins, que Drusus se prévalant, en habile homme, de leur terreur panique, en fit tout ce qu’il voulut.

Une éclipse de lune épouvanta si fort les soldats d’Alexandre le Grand, peu de jours avant la bataille d’Arbelles, qu’ils refusaient de passer outre. Alexandre commanda aux devins égyptiens de dire leur sentiment sur cette éclipse, en présence de tous les officiers de l’armée. Les devins, sans s’amuser à donner des explications physiques, déclarèrent que le soleil était pour les soldats d’Alexandre, et la lune pour les Perses, et qu’elle ne s’éclipsait jamais qu’ils ne fussent menacés de quelque malheur.

On connaît le trait de Thémistocle, qui, ne pouvant persuader aux Athéniens d’abandonner leur ville pour chercher un asile plus sûr dans leurs vaisseaux, lors de l’invasion de Xerxès, leur fit dire par le grand-prêtre que la déesse Minerve avait déjà quitté la ville, et prenait le chemin du port. Philippe, roi de Macédoine, qui employait plus souvent la ruse que la valeur, avait l’oracle de Delphes à sa discrétion ; ce qui faisait dire à Démosthène que la pythie philippisait. On rapporterait mille autres exemples semblables.

Il est aisé de comprendre que les mêmes raisons d’Etat qui nourrissaient la superstition des peuples à l’égard des autres prodiges, l’ont aussi entretenue à l’égard des comètes. Il n’y avait rien de plus utile, quand il en paraissait une, et qu’on était en guerre avec un prince voisin, que de faire débiter par les astrologues que cette comète menaçait particulièrement ce prince-là ; que de dire fort sérieusement ce que Vespasien disait, peut-être en riant, d’une comète qui parut sous son règne : « Que c’était le roi des Parthes avec sa longue chevelure, qui en était menacé, plutôt que lui qui portait les cheveux courts. » Les amis de César étaient fort intéressés à dire que la comète qui parut après sa mort était une marque du courroux du ciel contre ses assassins, et de la protection qu’il accorderait à ceux qui les poursuivraient.

Il faut ajouter à cette première cause de la prévention générale, la flatterie des poètes et des orateurs. Un homme qui s’est mis dans l’esprit de faire un poème, s’empare aussitôt de toute la nature : le ciel et la terre n’agissent plus que par son ordre ; il arrive des éclipses ou des naufrages à sa volonté ; les comètes ne sont pas oubliées. S’il en trouve de toutes faites dans l’histoire, il s’en saisit à propos ; s’il n’en trouve pas, il en fait lui-même, et leur donne la couleur et la figure la plus capable de faire paraître que le ciel s’est intéressé d’une manière très distinguée dans l’affaire dont il s’agit. De là vient le nec diri toties arsere cometae, de Virgile ; le terris mutantem regna cometen, de Lucain ; le regnorum eversor rubuit lethale cometes, de Silius Italicus ; le nunquam terris spectatum impune cometen, de Claudien, et mille autres traits semblables des poètes anciens et modernes.

Les orateurs ne le cèdent pas aux poètes, quand ils font l’éloge de quelque héros ; rien de plus commun chez eux que les pensées suivantes : « Que toute la nature le respecte, qu’elle s’afflige de ses malheurs, qu’elle le promet au monde ; que quand le monde s’est rendu indigne de le posséder, le ciel qui le redemande, allume de nouveaux feux. » Balzac ne manque pas de régaler de cette hyperbole le cardinal de Richelieu, et de dire : « Que pour avoir un premier ministre pareil à lui, il est besoin que toute la nature travaille, et que Dieu le promette longtemps aux hommes, avant que de le faire naître. »

En général, on peut dire que les flatteurs se sont servis de tous les effets surprenants de la nature, pour relever le mérite de leur héros, et pour plaire aux grands du monde. Ainsi, les poètes de la cour d’Auguste, tâchaient à l’envi, de persuader que la mort de César était cause de tous les prodiges qui la suivirent. Horace le dit expressément dans cette ode, où le Tibre se déborde par complaisance pour sa femme Ilia, qui voulait venger la mort de César son parent. Selon Virgile, le soleil fut tellement affligé de cette mort, qu’il en prit le deuil, et fit craindre aux hommes qu’on ne le vît plus désormais. D’autres, au sujet de la comète qui parut alors, avancèrent que c’était l’âme de César, reçue au nombre des dieux, et par cette raison, on consacra un temple à cette comète, où César est représenté avec une étoile sur le front.

Il y avait dans tout cela une petite contradiction : car si l’âme de César a été reçue au nombre des dieux, si elle brille dans le ciel parmi les étoiles, pourquoi le soleil s’afflige-t-il, pourquoi se couvre-t-il de ténèbres ? Il devait prendre plus de part à la gloire du ciel, lui qui est du pays, qu’au malheur de Rome. Virgile aurait pu accommoder sa pensée avec celle des autres, en disant que le soleil était si fâché de voir parmi les astres une nouvelle étoile à qui le ciel faisait plus d’honneur qu’à lui, qu’il se cachait de honte, comme le dit Voiture, au sujet d’une dame qui se baignait au soleil couchant.

Ovide, de son côté, prétend que ce fut avant, et non après la mort de César, que le soleil s’éclipsa ; mais le véritable moyen de dénouer cette difficulté, c’est que l’unique but de tous ces beaux esprits était de faire leur cour à Auguste ; et soit que le ciel se fût obscurci avant ou après la mort de César, la vanité du prince n’y perdait rien.

Plus on étudie l’homme, plus on connaît que l’orgueil est sa passion dominante. Il aime à se persuader qu’il ne saurait naître ou mourir, sans que la nature ne se dérange, et que le ciel ne se mette en frais pour éclairer son berceau ou son cercueil. Ajoutons à cela que le cours du monde amenant une infinité de révolutions et de malheurs, on en voyait arriver souvent à la suite des comètes ; qu’il arrive plus de grands maux dans le monde, que de grandes prospérités ; que les hommes gardent mieux le souvenir du mal que le souvenir du bien ; que sur le chapitre des prédictions, ils se laissent plutôt tromper par une qui a réussi, que détromper par vingt qui ont été fausses, et qu’ils ont, en conséquence, fait plus d’attention aux comètes qui ont été suivies de malheurs, qu’à celles qui n’en ont pas été suivies.




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