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12 novembre 1567 : mort du connétable Anne Montmorency, ami intime de François Ier et d’Henri II

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12 novembre 1567 : mort du
connétable Anne Montmorency, ami intime
de François Ier et d’Henri II
Publié / Mis à jour le dimanche 11 novembre 2012, par LA RÉDACTION
 

Anne de Bretagne, femme de Louis XII, tint sur les fonts baptismaux ce rejeton d’une illustre famille, né à Chantilly, le 15 mars 1493 : de là lui vint son prénom. Plus âgé d’un an seulement que le comte d’Angoulême, depuis François Ier, il se lia étroitement avec lui dès l’enfance : de là le crédit dont il jouit constamment sous le règne de ce monarque.

Anne de Montmorency
Anne de Montmorency

Montmorency-commença le métier des armes en Italie ; il vit Gaston de Foix triompher et mourir à Ravenne (1512) ; il seconda Bayard dans la défense de Mézières (1521) ; sous les murs de cette ville, il se mesura corps à corps avec le comte d’Egmont et le vainquit. Nommé maréchal de France (1522), il se signala et tomba couvert de blessures à la fatale journée de la Bicoque (22 avril 1522). L’année suivante, il força le connétable de Bourbon à lever le siège de Marseille ; à Pavie (24 février 1525), il essaya de ramener la fortune, et partagea la captivité du roi. Rendu à la liberté avant le prince, il travailla de tout son zèle à briser ses fers : le gouvernement de Languedoc , la charge de grand-maître de France, l’administration des affaires payèrent ce service.

Charles-Quint méditait la conquête de la France, Montmorency reprit les armes, se jeta dans la Provence, que l’empereur envahissait à la tête de soixante mille hommes, et, par ses manœuvres savantes, évitant toujours une bataille, dont la perte aurait entraîné celle de la monarchie, il força les ennemis à une retraite désastreuse, et mérita le beau titre de Fabius français. Pour la cinquième fois, l’épée de connétable fut remise aux mains d’un Montmorency (1538). Cette, dignité jointe à celle de grand-maître et de chef des conseils, fit de l’homme qui la portait, l’arbitre de l’Europe, et l’égal du roi lui-même.

Mais, comme il arrive presque toujours, la disgrâce planait sur cette haute fortune. Austère de mœurs et rude de langage , Montmorency devait avoir beaucoup d’ennemis ; on lui reprochait ses immenses richesses, son avidité et son ambition insatiable. La cour se divisait en deux partis, celui du dauphin, depuis Henri II, et celui du duc d’Orléans, son frère cadet. L’affection la plus vive unissait le dauphin et Montmorency, sous lequel le jeune prince avait fait son apprentissage guerrier. Par haine de son successeur présomptif, et par suite d’intrigues de femmes, François Ier favorisait le duc d’Orléans. Retiré à Chantilly (1541), et plus tard à Ecouen, Montmorency supporta fièrement un exil, qui dura autant que la vie du roi.

A peine monté sur le trône, et malgré les exhortations de son père mourant, Henri II rappela le vieux guerrier, le vieux ministre. Sous ce règne, Montmorency châtia durement la révolte de Bordeaux, de la Guyenne et de la Saintonge (1548). Dans la journée de Saint-Quentin, il fut battu et fait prisonnier (10 août 1557) : deux ans après, il conclut la paix de Cateau-Cambrésis, appelée la paix malheureuse. Déjà opprimé par l’ascendant des Guises, Montmorency allait ressaisir le pouvoir, lorsqu’un tronçon de lance tua Henri II. Eloigné des affaires pendant les dix-sept mois du règne de François II, il reparut à la cour sous Charles IX.

La politique astucieuse de Catherine de Médicis vacillait entre Montmorency et les Guises. Enfin se forma le triumvirat célèbre entre le connétable, le duc de Guise et le maréchal de Saint-André. Dévoué au catholicisme comme premier baron chrétien, Montmorency n’en avait pas moins fait cause commune avec le prince de Condé, le roi de Navarre, et les chefs des Huguenots, pour s’opposer aux Guises. Désormais lié aux Guises pour extirper le calvinisme, il montra tant d’ardeur à disperser les assemblées et à détruire les prêches que le nom du capitaine Brule-bancs lui en resta. Vainqueur du prince de Condé à Dreux (19 décembre 1562), mais prisonnier comme lui, l’année suivante il chassa les Anglais du Havre.

La guerre civile s’étant rallumée, le connétable livra la bataille de Saint-Denis (10 novembre 1567) : toujours intrépide et toujours malheureux, même dans la victoire, il fut frappé mortellement par Robert Stuart, l’un de ceux qui, après la conjuration d’Amboise, forcèrent les prisons de Blois. « Tu ne me connais donc pas, lui cria Montmorency, voyant qu’il le couchait en joue. — C’est parce que je te connais au contraire que je te porte celui-ci, et en même temps il lui lâcha son coup d’assez près pour que le connétable pût frapper son meurtrier du pommeau de son épée rompue, avec une telle violence qu’il lui cassa plusieurs dents. Stuart périt à la bataille de Jarnac de la main de Villars, beau-frère du connétable.

Montmorency voulait mourir sur le champ de bataille, et l’on eut beaucoup de peine à le transporter dans son hôtel à Paris. Il vécut encore deux jours, et fit cette réponse au cordelier qui l’exhortait à sa dernière heure : « Croyez-vous qu’un homme qui a su vivre près de quatre-vingts ans avec honneur ne sache pas mourir un quart d’heure ? »

Brantôme a tracé du connétable une biographie naïve, qui nous le représente tout entier. C’est là qu’on peut le voir rabrouant ses gens pour la moindre faute, ne manquant jamais de dire ses prières même à la tête des troupes, et si le prévôt venait en ce moment lui-rendre compte de quelque délit, s’interrompant pour lui prescrire des peines sévères, reprenant ensuite son pater ou son credo avec une tranquillité parfaite ; ce qui faisait souvent répéter à ses soldats : « Dieu nous garde des patenôtres de monsieur le connétable. » Dès sa première jeunesse, Montmorency se glorifiait de l’épithète de Caton, que lui donnait la cour brillante de François Ier. Content d’inspirer la crainte et le respect, il ne faisait nul effort pour inspirer l’amitié. Catherine de Médicis ne le regretta pas ; on prétend même qu’elle dit, en apprenant sa mort : « J’ai en ce jour deux grandes obligations au ciel ; l’une que le connétable ait vengé la France de ses ennemis, et l’autre que les ennemis m’aient débarrassée du connétable. »

Voltaire a résumé en peu de mots et avec une grande justesse le caractère du connétable. « Homme intrépide à la cour comme dans les armées, plein de grandes vertus et de défauts, général malheureux, esprit austère, difficile, opiniâtre, mais honnête homme et pensant avec grandeur. »

 
 
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