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27 juillet 1675 : mort du maréchal de Turenne, tué d'un coup de canon, en Alsace

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27 juillet 1675 : mort du maréchal
de Turenne, tué d’un coup de
canon, en Alsace
Publié / Mis à jour le vendredi 27 juillet 2012, par LA RÉDACTION
 

Voltaire écrit :

Turenne, de Condé le généreux rival,
moins brillant, mais plus sage, et du moins son égal.

Henri de la Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, cet homme qui, selon l’expression de Montecuculli, faisait honneur à l’homme, était né à Sedan en 1611 ; il avait fait son apprentissage dans l’art militaire, en Hollande, sous le prince Maurice de Nassau, son oncle maternel, un des plus grands généraux de son temps.

Les premiers. exploits de Turenne illustrèrent les dernières années de Louis XIII, et furent le prélude des actions plus éclatantes par lesquelles il devait immortaliser le siècle suivant. En 1643, au siège de Turin, il mérita le bâton de maréchal de France, à trente-deux ans. Tout ce qu’il fit contre les ennemis de l’Etat, soit seul, soit réuni avec le grand Condé, tout ce qu’il fit contre le grand Condé lui-même, dans la guerre civile, forme la partie la plus glorieuse du règne de Louis XIV, et se trouve rapporté en différents endroits de cet ouvrage.

L’époque la plus éclatante de la vie de Turenne est celle où il trouva, dans Montécuculli, un rival digne de lui. Jusqu’à cette époque, Turenne avait surpassé tous les plus grands généraux ; mais depuis que Montécuculli lui fut opposé, jusqu’à sa mort, il se surpassa lui-même. « Cette campagne de 1675, dit le chevalier Follard, fut le chef-d’œuvre du vicomte de Turenne et du comte de Montécuculli ; il n’y en a point de si belle dans l’antiquité ; il n’y a que les experts dans le métier qui puissent en bien juger. »

Ce deux grands généraux passèrent quatre mois à se suivre, à s’observer dans des marches et dans des campements plus estimés que des victoires. L’un et l’autre jugeait de ce que son adversaire allait tenter, par les démarches que lui-même eût voulu faire à sa place, et ils ne se trompèrent jamais. Ils opposaient l’un à l’autre la patience, la ruse et l’activité ; enfin, Turenne crut avoir trouvé le moment favorable d’attaquer Montécuculli, lorsqu’en allant choisir une place pour dresser une batterie, il fut tué d’un coup de canon, à l’âge de soixante-quatre ans, auprès du village de Saltzbach.

Il n’y a personne qui ne sache les circonstances de cette mort ; mais on ne peut se défendre d’en retracer les principales, par le même esprit qui fait qu’on en parle encore tous les jours. Il semble qu’on ne puise trop redire que le même boulet qui le tua, ayant emporté le bras de Saint-Hilaire, lieutenant-général de l’artillerie, son fils se jetant en larmes auprès de lui : « Ce n’est pas moi, lui dit Saint-Hilaire, c’est ce grand homme qu’il faut pleurer. » Paroles comparables à tout ce que l’histoire a consacré de plus héroïque, et le plus digne éloge de Turenne.

On sait les honneurs que Louis XIV fit rendre à sa mémoire, et qu’il fut enterré à Saint-Denis comme le connétable du Guesclin, au-dessus duquel l’opinion générale l’élève, autant que le siècle de Turenne est supérieur au siècle du connétable. Pendant la Révolution, après la violation des tombeaux de Saint-Denis, celui de Turenne avait été transporté au musée des Petits-Augustins. Sa Majesté l’empereur Napoléon l’a fait depuis placer sous le dôme des Invalides.

« Les succès de M. de Turenne, dit le président Hénault, ressemblaient à son caractère ; ils étaient solides et sans ostentation. On peut dire de lui ce qu’on disait de César, qu’il faisait la guerre comme il voulait, et non comme il plaisait à la fortune. »

« Turenne, dit un autre historien, n’avait pas eu toujours des succès heureux à la guerre : il avait été battu à Mariendal et à Rhetel. Aussi disait-il qu’il avait fait des fautes, et il était assez grand pour l’avouer. Il ne fit jamais de conquêtes éclatantes, et ne donna point de ces grandes batailles rangées, dont la décision rend quelquefois une nation maîtresse de l’autre ; mais ayant toujours réparé ses défaites, et fait beaucoup avec peu, il passa pour le plus habile capitaine de l’Europe, dans un temps où l’art de la guerre était plus approfondi que jamais. De même, quoiqu’on lui eût reproché sa défaite dans les guerres de la Fronde ; quoiqu’à l’âge de près de soixante ans, l’amour lui eût fait révéler le secret de l’Etat, il conserva la réputation d’un homme de bien, sage et modéré, parce que ses vertus et ses grands talents, qui n’étaient qu’à lui, devaient faire oublier des faiblesses et des fautes qui lui étaient communes avec tant d’autres grands hommes. »

Il n’est pas indifférent de connaître le système militaire que Turenne suivait dans ses campagnes. On le trouve dans cette réponse qu’il fit au grand Condé, qui lui demandait un jour quelle conduite il voudrait tenir dans la guerre de Flandre : « Faire peu de sièges, répondit ce grand capitaine, et donner beaucoup de combats. Quand vous aurez rendu votre armée supérieure à celle des ennemis, par le nombre et par la bonté des troupes ; quand vous serez maître de la campagne, les villages vous vaudront des places : mais on met son honneur à prendre une ville forte, bien plus qu’à chercher le moyen de conquérir aisément une province. Si le roi d’Espagne avait en troupes ce qu’il a dépensé en hommes et en argent pour faire des sièges et fortifier des places, il serait le plus puissant de tous les rois. »

Les deux historiens du maréchal de Turenne ont recueilli diverses anecdotes, par lesquelles on voit qu’il n’est aucune vertu dont ce grand homme n’ait donné des exemples. En voici un bien remarquable de sa modération. Son carrosse s’étant un jour trouvé arrêté dans les rues de Paris par un embarras, un jeune homme de condition, qui ne le connaissait point, et dont le carrosse était à la suite du sien, vint donner à grands coups de canne sur le cocher du vicomte de Turenne, parce qu’il n’avançait pas assez tôt à son gré. Le vicomte de Turenne regardait tranquillement cette scène de dedans son carrosse. Mais un marchand, étant sorti hors de sa boutique, un bâton à la main, en criant : Comment ! on maltraite ainsi les gens de M. de Turenne ! Ce jeune homme, qui, à ce nom, se crut perdu, vint à la portière du carrosse du vicomte de Turenne, lui demander pardon. Le vicomte de Turenne, qu’il croyait fort en colère, s’étant mis à sourire : « Effectivement, monsieur, lui dit-il, vous vous entendez fort bien à châtier mes gens : quand ils feront des sottises, ce qui leur arrive souvent, je vous les enverrai. »

Veut-on savoir comment il rendait compte de ses plus glorieux succès ? Après avoir sauvé à Gergeau la famille royale, prête à tomber entre les mains des rebelles, il écrivait à sa famille : « Il s’est passé quelque chose à Gergeau, qui n’est pas de grande considération. A Juilli, le 30 mars 1652. »

Le trait suivant n’est pas moins remarquable :

Un jour qu’il était en marche dans le pays ennemi, les habitants d’une grosse ville lui envoyèrent offrir cent mille écus par des députés, pourvu qu’il voulût bien se détourner de son chemin, et ne point faire passer ses troupes dans leur ville. « Comme votre ville », dit le vicomte de Turenne à ces députés, n’est point sur la route par où je suis décidé à faire marcher mes troupes, je ne puis prendre l’argent que vous m’offrez. »

 
 
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