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27 juillet 1214 : bataille de Bouvines et victoire des Français sur l'empereur Otton IV - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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27 juillet 1214 : bataille de Bouvines
et victoire des Français
sur l’empereur Otton IV allié des Anglais
(D’après « Précis de l’Histoire de France depuis les temps les plus anciens
jusqu’à la Révolution de 89 », édition de 1840)
Publié / Mis à jour le lundi 19 juin 2017, par LA RÉDACTION

 
 
 
Opposant les troupes de Philippe Auguste à celles du Saint-Empire romain germanique, allié du roi d’Angleterre Jean sans Terre qui aspire à se venger de la perte de la Normandie, cette bataille, au cours de laquelle le roi de France est jeté à terre par des fantassins armés de crochets, marque le début du déclin de la féodalité

En 1214, les ennemis de Philippe Auguste, roi de France depuis 1180, se concertèrent pour envahir son royaume au nord et à l’occident. Jean sans Terre, le roi d’Angleterre depuis 1199, ne trouvait point dans ses vassaux l’ardeur de la vengeance dont il était lui-même enflammé — il avait en effet perdu en 1204 la Normandie, au profit de Philippe Auguste. Pour la seconde fois ils refusèrent de marcher à la suite d’un prince qui s’était rendu méprisable par sa lâcheté, ses débauches et sa tyrannie.

Avec l’argent qu’il s’était procuré par ses exactions, il acheta des troupes mercenaires, et débarqua sur les côtes du Poitou. Le comte d’Eu, le comte de la Marche, Geoffroy de Lusignan et d’autres seigneurs d’Aquitaine lui vendirent leur alliance et joignirent leurs troupes à sa faible armée. Il fit quelques conquêtes sur les bords de la Loire, s’empara d’Angers et exerça de grands ravages dans le pays jusqu’à l’arrivée de Louis, fils de Philippe Auguste, qui s’avança pour le combattre.

Bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214. Enluminure extraite des Grandes Chroniques de France (vers 1380)
Bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214. Enluminure extraite
des Grandes Chroniques de France (vers 1380)

Frappé de terreur à l’approche des Français, il n’osa plus tenir la campagne, et il alla attendre, dans l’inaction, sur les côtes de l’Océan, le résultat de la formidable invasion qui allait fondre sur les provinces du nord. L’empereur Otton IV, Ferrand, comte de Flandre, Renaud, comte de Boulogne, le comte de Salisbury, à la tête des troupes anglaises, les ducs de Limbourg et de Brabant, et beaucoup d’autres grands et comtes d’Allemagne, avaient concentré leurs forces dans le Hainaut, près de Valenciennes, qui n’était encore qu’un village. L’armée des confédérés était d’environ 9000 hommes, tandis que celle de Philippe Auguste était d’environ 7000.

L’action s’engagea près du pont de Bouvines, sur la rivière de la Marcq, entre Lille et Tournai, le 27 juillet 1214. L’armée française, qui de Péronne s’était avancée jusqu’à Tournai, se disposait à gagner Lille, et elle avait en partie franchi le pont de Bouvines, lorsque l’arrière-garde fut attaquée par les Flamands. En un instant la bataille devint générale ; on se battit pendant plusieurs heures avec un acharnement égal de part et d’autre ; les chefs se trouvèrent au fort de la mêlée comme les simples soldats. Philippe fut jeté à terre par des fantassins allemands qui, ayant saisi son armure avec des crochets et des lances, parvinrent à le renverser de son cheval ; il aurait infailliblement péri sous leurs coups, sans quelques chevaliers qui le couvrirent d’abord de leurs boucliers, et repoussèrent ensuite les assaillants.

Otton fut exposé à des dangers plus grands encore que le prince dont il avait conspiré la ruine. Gérard Scropha lui porta dans la poitrine deux coups d’épée qui lui auraient donné la mort sans l’épaisseur de ses armes ; le chevalier des Barres, cherchant à le démonter, l’avait saisi par le cou, et l’aurait fait prisonnier sans la vitesse de son cheval et le courage de plusieurs chevaliers qui se dévouèrent pour protéger la fuite de l’empereur. Le comte de Salisbury, frère naturel de Jean sans Terre, fut renversé par l’évêque de Beauvais, qui combattait avec une massue pour ne pas répandre le sang humain, et tomba au pouvoir du prélat. Le comte de Boulogne, qui s’était opposé à ce qu’on livrât la bataille un dimanche, voulut se justifier du reproche de trahison et de lâcheté que lui avait mérité sa pieuse prudence ; il combattit avec une valeur héroïque : accablé par le nombre, couvert de blessures, il fut fait prisonnier et remit ses armes à l’évêque de Senlis. Ce dernier avait refusé de combattre ; mais, à la prière de Philippe, il avait présidé aux préparatifs de la bataille et aux mouvements des troupes.

Philippe Auguste à Bouvines. Chromolithographie de 1890
Philippe Auguste à Bouvines. Chromolithographie de 1890

La victoire fut vivement disputée par les Flamands et leur comte Ferrand, le plus implacable de tous les chefs ligués contre la France ; ils combattirent pendant plus de trois heures sans le moindre désavantage ; mais leur chef, affaibli par ses blessures, ayant été fait prisonnier, ils abandonnèrent le champ de bataille en laissant un grand nombre de morts dans la plaine. Les légions de seize communes, principalement celles de Corbeil, d’Amiens, de Beauvais, de Compiègne et d’Arras, portant la bannière de Saint-Denis , combattirent à côté des troupes royales, qui avaient placé au milieu d’elles la bannière des lis.

Philippe traita avec rigueur les comtes de Boulogne et de Flandre, qui étaient ses vassaux, et qui, dans le partage de la France, s’étaient audacieusement attribué le Vermandois et Péronne, Paris et le duché de France : il enferma Renaud à Péronne, et le chargea de chaînes si lourdes qu’il pouvait à peine faire quelques pas dans sa prison. Philippe livra Ferrand aux risées et aux outrages des habitants des villes et des campagnes, sur toute la route, et il l’enferma ensuite à Paris, dans la Tour Neuve. Le char qui portait l’étendard impérial fut mis en pièces ; le dragon sur lequel reposait l’aigle dorée fut brisé, et l’aigle, les ailes arrachées et rompues, fut portée au roi.

Le triomphe des Français à Bouvines fut célébré avec une grande joie dans tout le royaume, et surtout à Paris, où les fêtes se prolongèrent pendant sept jours et sept nuits consécutives. La nouvelle d’une si grande victoire abattit les espérances des Poitevins, qui s’empressèrent d’envoyer des députes à Paris pour rentrer en grâce auprès de Philippe. Le prince ne voulut traiter avec eux qu’à la tête d’une armée qu’il conduisit dans leur province. Il pardonna au vicomte de Thouars par l’intermédiaire de Pierre de Dreux, duc de Bretagne, qui avait épousé la nièce du vassal.

Le roi d’Angleterre se retira à Parthenay, sur les frontières du Poitou, à l’arrivée du roi de France, ne sachant par où fuir, et n’osant ni rester dans Parthenay, ni s’avancer pour combattre, il fit demander, par le légat du pape, une trêve, qui lui fut accordée pour cinq ans. Dans ce siècle, que l’histoire et la poésie célèbrent pour ses mœurs chevaleresques, la parole des princes n’était point un sûr garant de l’exécution loyale des traités qu’ils avaient jurés. Les exemples de leur mauvaise foi et de leurs violences étaient si fréquents qu’on faisait toujours intervenir, dans les conventions faites entre les rois, des témoins choisis dans le clergé et dans la noblesse qui répondaient de leur exécution.

Entrée de Philippe-Auguste à Paris après la victoire de Bouvines, avec le comte Ferdinand de Flandre prisonnier. Gravure (colorisée) publiée dans Histoire populaire de la France par Charles Lahure (1866)
Entrée de Philippe-Auguste à Paris après la victoire de Bouvines, avec le comte Ferdinand de Flandre
prisonnier. Gravure (colorisée) publiée dans Histoire populaire de la France par Charles Lahure (1866)

Ceux que les rois de France et d’Angleterre produisirent s’engagèrent par serment à faire observer les conditions de la trêve, et ils devaient être les juges des infractions qui auraient lieu par le fait de l’une ou de l’autre des deux parties. Philippe Auguste, de retour à Paris, y reçut la comtesse de Flandre, à laquelle il restitua le comté, frappé de confiscation. Il consentit à la liberté de Ferrand et des autres prisonniers flamands, au prix d’une forte rançon dont la comtesse différa le paiement pendant douze années, et il demanda en outre qu’on lui donnât pour otage le fils du duc de Brabant, âgé de cinq ans. Toutes les forteresses de la Flandre et du Hainaut furent détruites aux frais des Flamands ; il leur fut défendu d’en construire de nouvelles sans la permission de Philippe.

Tels furent les principaux traités qui suivirent la bataille de Bouvines. Les résultats de cette victoire furent immenses pour la France : toutes les conquêtes faites sur Jean sans Terre furent confirmées par cette grande journée ; les Anglais, de toutes leurs provinces continentales, ne conservèrent que l’Aquitaine. La puissance de Philippe Auguste s’étendit également au nord : les Flamands apprirent à respecter sa suzeraineté, et l’espérance des princes qui avaient rêvé le partage de la France fut à jamais confondue.

Les communes, en envoyant leurs milices aux champs de Bouvines, consacrèrent la possession de leurs franchises et resserrèrent leur alliance avec la royauté. Après avoir contribué au gain de la bataille, elles furent appelées au partage du butin : chaque commune reçut de Philippe un certain nombre de prisonniers, comme récompense de ses services et comme trophée de la victoire.




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