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4 juillet 362 avant J.-C. : bataille de Mantinée et mort d'Epaminondas

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4 juillet 362 avant J.-C. : bataille
de Mantinée et mort d’Epaminondas
Publié / Mis à jour le mardi 3 juillet 2012, par LA RÉDACTION
 

La Grèce touchait au moment d’une révolution : Epaminondas était à la tête d’une armée ; sa victoire ou sa défaite allait enfin décider si c’était aux Thébains ou aux Lacédémoniens de donner des lois aux autres peuples : il entrevit l’instant de hâter cette décision.

Il part un soir de Tégée, en Arcadie, pour surprendre Lacédémone. Cette ville était toute ouverte, et n’avait alors pour défenseurs que des enfants et des vieillards. Une partie des troupes se trouvait en Arcadie ; l’autre s’y rendait sous la conduite d’Agésilas. Les Thébains arrivent à la pointe du jour, et voient bientôt Agésilas prêt à les recevoir. Instruit par un transfuge de la marche d’Epaminondas, il était revenu sur ses pas avec une extrême diligence, et déjà ses soldats occupaient les postes les plus importants. Le général Thébain, surpris sans être découragé, ordonne plusieurs attaques : il avait pénétré jusqu’à la place publique, et s’était rendu maître d’une partie de la ville. Agésilas n’écoute plus alors que son désespoir : quoique âgé de près de quatre-vingts ans, il se précipite au milieu des dangers, et secondé par le brave Archidamus son fils, il repousse l’ennemi et le force de se retirer.

Isadas donna, dans cette occasion, un exemple qui excita l’admiration et la sévérité des magistrats. Ce Spartiste, à peine sorti de l’enfance, aussi beau que l’amour, aussi vaillant qu’Achille, n’ayant pour armes que la pique et l’épée, s’élance à travers les bataillons des Lacédémoniens, fond avec impétuosité sur les Thébains, et renverse à ses pieds tout ce qui s’oppose à sa fureur. Les Ephores lui décernèrent une couronne pour honorer ses exploits, et le condamnèrent à une amende, parce qu’il avait combattu sans cuirasse et sans bouclier.

Epaminondas ne fut point inquiété dans sa retraite ; il fallait une victoire pour faire oublier le mauvais succès de son entreprise. Il marche en Arcadie, où s’étaient réunies les principales forces de la Grèce. Les deux armées furent bientôt en présence près de la ville de Mantinée ; celle des Lacédémoniens et de leurs alliés était de plus de vingt mille hommes de pied, et de près de deux mille chevaux ; celle de la ligue thébaine de trente mille hommes d’infanterie, et d’environ trois mille de cavalerie.

Jamais Epaminondas n’avait déployé plus de talents que dans cette circonstance ; il suivit, dans son ordre de bataille, les principes qui lui avoient procuré la victoire de Leuctres. Une de ses ailes, formée en colonne, tomba sur la phalange lacédémonienne, qu’elle n’aurait peut-être jamais enfoncée, s’il n’était venu lui-même fortifier ses troupes par son exemple et par un corps d’élite dont il était sûr. Les ennemis, effrayés à son approche, s’ébranlent et prennent la fuite. Il les poursuit avec un courage dont il n’est plus le maître, et se trouve enveloppé par un corps de Spartiates, qui font tomber sur lui une grêle de traits.

Après avoir longtemps écarté la mort et fait mordre la poussière à une foule de guerriers, il tombe percé d’un javelot, dont le fer lui resta dans la poitrine. L’honneur de l’enlever engagea une action aussi vive, aussi sanglante que la première. Ses compagnons ayant redoublé leurs efforts, eurent la triste consolation de l’emporter dans sa tente. On combattit à l’autre aile avec une alternative à peu près égale de succès et de revers. Par les sages dispositions d’Epaminondas, les Athéniens ne furent pas en état de seconder les Lacédémoniens. Leur cavalerie attaqua celle des Thébains, fut repoussée avec perte, se forma de nouveau, et détruisit un détachement que les ennemis avoient placé sur les hauteurs voisines. Leur infanterie était sur le point de prendre la fuite, lorsque les Théens volèrent à leur secours.

La blessure d’Epaminondas arrêta le carnage et suspendit la fureur des soldats ; les troupes des deux partis, également étonnées, restèrent dans l’inaction, de part et d’autre on sonna la retraite, et l’on dressa un trophée sur le champ de bataille. Epaminondas respirait encore. Ses amis, ses officiers fondaient en larmes autour de son lit ; le camp retentissait des cris de la douleur et du désespoir. Les médecins avoient déclaré qu’il expirerait dès qu’on ôterait le fer de la plaie. Il craignit que son bouclier ne fût tombé entre les mains de l’ennemi ; on le lui montra, et il le baisa comme l’instrument de sa gloire. Il parut inquiet sur le sort de la bataille ; on lui dit que les Thébains l’avoient gagnée. « Voilà qui est bien, répondit-il ; j’ai assez vécu. » Il demanda ensuite Daïphantus et Iollidas, deux généraux qu’il jugeait dignes de le remplacer ; on lui dit qu’ils étaient morts. « Persuadez donc aux Thébains, reprit-il, de faire la paix. » Alors il ordonna d’arracher le fer ; et l’un de ses amis s’étant récrié dans l’égarement de sa douleur : « Vous mourez, Epaminondas ! » Si du moins vous laissiez des enfants ! — Je laisse , répondit-il en expirant, deux filles immortelles ; la victoire de Leuctres et celle de Mantinée. »

« Si l’on me demandait, dit Montaigne, le choix de tous les hommes qui sont venus à ma connaissance, il me semble en trouver trois excellents au-dessus de tous les autres ; l’un, Homère... ; l’autre, Alexandre le Grand... ; le tiers, et le plus excellent, à mon gré, c’est Epaminondas. De gloire, il n’en a pas à beaucoup près tant que d’autres (aussi n’est-ce pas une pièce de la substance de la chose) ; de résolution et de vaillance, non pas de celle qui est aiguisée par ambition, mais de celle que la sapience et la raison peuvent planter en une âme bien réglée, il en avait tout ce qui s’en peut imaginer ; de tette preuve de sienne vertu, il en a fait autant, à mon avis, qu’Alexandre même et que César ; car encore que ses exploits de guerre ne soient ni si fréquents, ni si enflés, ils ne laissent pas pourtant, à les bien considérer et toutes leurs circonstances, d’être aussi poisants et raides, et portants autant de témoignage de hardiesse et de suffisance militaire.

« Les Grecs lui ont fait cet honneur, sans contredit, de le nommer le premier homme d’entre eux ; mais être le premier de la Grèce, c’est facilement être le prince du monde. Le seul Scipion Emylian, qui lui donnerait une fin aussi fière et magnifique, et la connaissance des sciences autant profonde et universelle, se pourrait mettre à l’encontre à l’autre plat de la balance ? O quel déplaisir le temps m’a fait, d’ôter de nos yeux à point nommé, des premières, la couple de vies justement la plus noble, qui fût en Plutarque, de ces deux personnages, par le commun consentement du monde, l’un le premier des Grecs, l’autre des Romains. Quelle matière ! Quel œuvrier ! »

 
 
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