Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 7 décembre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Légendes, croyances, superstitions. Sorcière en Rouergue. Marie Trébas à Rodez. Sorcellerie, maléfices, sabbat - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Légendes, Superstitions > Sorcière (Une) en Rouergue ou Marie (...)
Légendes, SuperstitionsLégendes, superstitions, croyances populaires, rites singuliers, faits insolites et mystérieux, récits légendaires émaillant l’Histoire de France

Sorcière (Une) en Rouergue
ou Marie Trébas terrifiant Rodez
(D’après « Revue du traditionnisme français et étranger », paru en 1911)
Publié / Mis à jour le samedi 22 août 2015, par LA RÉDACTION

 
 
 
Un magistrat consigna en 1870 quelques faits remarquables d’une sorcière vivant à Rodez cinquante ans plus tôt, redoutée de tous et qui, jetant un jour son dévolu sur un enfant malade, se trouva confrontée à l’ire des habitants lui faisant regretter d’avoir jeté quelque maléfice. Lorsqu’elle dut quitter ce bas monde, il lui fallut transmettre son pouvoir...

Vers 1830 vivait à Rodez, près de la promenade des Prêtres, une sorcière que l’on nommait Marie Trébas. Elle méritait, au reste, sous tous les rapports, le nom qu’on lui donnait, affirme notre magistrat, et son aspect extérieur, comme sa vie et ses actes, concouraient à la faire regarder justement comme une véritable trèbe ; elle n’était vêtue que de sales haillons dont les couleurs disparates, et tranchant les unes sur les autres, lui donnaient un aspect étrange ; sa tête était recouverte d’une vaste coiffe noire, d’où s’échappaient quelquefois des mèches de cheveux gris en désordre, et au-dessous des plis de laquelle on voyait briller deux yeux noirs encore vifs et perçants.

La sorcière de Rodez. Céramique attribuée à Marie Talbot et exécutée en 1841
La sorcière de Rodez ?
(Céramique attribuée à Marie Talbot et exécutée en 1841)

L’hiver, elle mettait au-dessus de sa robe un vaste manteau noir couturé qui la recouvrait tout entière, et elle portait toujours à la main un bâton noueux sans lequel on ne l’avait jamais vue. Son visage inspirait une sorte de terreur ; son nez aquilin et crochu semblait vouloir rejoindre le menton, et sa bouche était toujours crispée d’un sourire satanique. Ses mains étaient osseuses et décharnées, et l’on prétendait que ceux qui l’avaient approchée de près avaient vu que son pied se terminait en fourche.

Son logis était une espèce d’écurie où étaient entassés pêle-mêle une foule d’objets, et dans un coin de laquelle on remarquait un vaste amas de chiffons. C’était là, disait-on, que Marie Trébas fabriquait le mystérieux onguent de pé dé fuelho avec lequel on n’a qu’à se frotter la paume de la main, et de crier trois fois : pé dé fuelho, pé dé fuelho, pé dé fuelho, après s’être mis à cheval sur un manche à balai, pour se sentir emporter à travers les airs, jusqu’au lieu où se tient le sabbat.

Vous comprenez qu’avec tous ces antécédents, Marie Trébas n’était pas en odeur de sainteté dans Rodez, et les enfants, dès qu’ils l’apercevaient ou qu’ils passaient devant sa petite échoppe située au milieu de la côte pavée, couraient se cacher au plus vite ou s’accrochaient au tablier de leur mère sans oser même lever les yeux. Ajoutez à cela que Marie Trébas était méchante, et qu’elle jetait des maléfices sur ceux qui ne voulaient pas l’écouter, et vous aurez la mesure de la crainte qu’inspirait la sorcière.

Un jour que Marie Trébas était assise ou plutôt accroupie à son ordinaire, devant sa petite boutique de mercerie, et que son visage exprimait encore plus de méchanceté, s’il est possible, il passa devant elle une femme portant un jeune enfant de quelques mois. Cet enfant qui s’appelait Josépou était malade, et on l’apportait de Pont Viel à Rodez pour le faire guérir à M. Anglade. A la vue de cet enfant, Marie Trébas fut saisie d’une noire pensée, et, s’adressant à la femme :

— Voyons, dit-elle, laissez-moi voir cet enfant.
— Vilaine sorcière du diable, lui fut-il répondu, occupe-toi du sabbat, et de ce qui te regarde, et laisse-moi tranquille.
— Prenez garde, reprit Marie Trébas, si vous ne voulez pas le laisser voir, il lui arrivera malheur.
— Tais-toi, tu m’ennuies.

Alors un éclair de méchanceté jaillit des yeux de la sorcière et on lui entendit marmonner entre les dents des paroles bizarres et confuses. Quand je dis entre ses dents, je me trompe, rapporte le magistrat nous contant cette anecdote, car elle n’en avait qu’une, la canine gauche, qui, descendant sur la lèvre inférieure, ne ressemblait pas mal à une défense d’éléphant.

Ces paroles que la vieille prononçait, c’était un sort qu’elle jetait sur l’enfant, et, en effet, quand le petit fut revenu à Pont Viel, il fut agité d’une maladie inconnue, étrange, qui ne lui laissait pas un instant de repos. Il criait toujours, ne voulait pas prendre le sein de sa mère, et tous les remèdes que l’on tenta furent inutiles. Ce fut alors seulement que l’on se souvint du sort jeté par la vieille. Il fallut aviser aux moyens de lever ce sort, et après avoir consulté les plus anciens habitants de Pont Viel, et avoir rassemblé dans une chambre les commères, voici comment on s’y prit.

Après avoir fermé les portes, on prit un foie de lièvre récemment tué, et une poignée de guingassous qu’on était allé acheter la veille à Rodez. On mit tout cela sur le feu à la poêle, et à trois reprises différentes on y versa du vinaigre. Quand ce fut un peu cuit on mit le tout dans une assiette, on posa ensuite le foie de lièvre sur la table, et on enfonça un à un les guingassous dans ce foie. Or il faut savoir que quand on accomplit toutes ces cérémonies, le sorcier ou la sorcière qui a jeté le sort ressent dans ses fesses la même douleur que si on lui enfonçait les guingassous dans cette partie du corps. La sensation le fait alors venir et on le force à lever le sort.

C’est ce qui arriva en effet et à peine trois ou quatre guingassous avaient-ils été enfoncés dans le foie, que l’on entendit des pas sur le chemin en même temps que quelques marmonnages confus. C’était Marie Trébas qui arrivait au galop, en portant la main à son derrière et en disant :

— Vous n’avez pas besoin de me faire tant de mal... pourtant c’est trop fort...
— Allons, vieille Belzébut, lui dit-on, lève de suite le sort, autrement...
— Ne soyez pas si inquiètes... vous m’avez fait du mal.
— Voyons, dépêche-toi.
— Oui, mais...

Voyant qu’elle ne voulait pas se décider on enfonça un autre guingassou dans le foie. La vieille jeta un cri de douleur, porta vite la main à son derrière, et, après avoir levé le sort, repartit vite. L’enfant fut guéri.

Quand Marie Trébas mourut, on fit un grand feu de joie de toutes ses hardes, et on se garda bien d’y toucher de peur d’être ensorcelé. Au moment de mourir, elle avait une nièce à côté d’elle, et tourmentée par les souffrances, elle la priait de venir lui toucher la main.

— Viens, lui disait-elle, viens me donner la main, ne me refuse pas ce plaisir, c’est le dernier que tu me rendras.
— Non, non, disait la nièce, je sais que quand un sorcier meurt il lui faut communiquer la sorcellerie à quelqu’un. Vous voudriez me la donner.
— Oh ! viens, viens, car je souffre beaucoup.
— Non, mais vous avez là un balai, touchez-le.

Et elle lui lança un balai ; la vieille le toucha. Alors le balai fut ensorcelé, il vola çà et là par la chambre en faisant mille sauts et gambades et il finit par s’envoler par la cheminée. Alors Marie Trébas mourut.

 
Même rubrique > voir les 213 ARTICLES
 

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 
Visiteurs actuellement sur le site

 

 4 mai 1897 : incendie du Bazar de la Charité à Paris
 
 Charlemagne se fait voleur par ordre de Dieu
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 Berceuses populaires (Les) : airs entêtants, apaisants, traversant le temps et les provinces
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
BON À SAVOIR
 Le soleil luit pour tout le monde
 
 Tenir le haut du pavé
 
MANIFESTATIONS
 Tolkien, voyage en Terre du Milieu
 
 Félix Fénéon. Les temps nouveaux, de Seurat à Matisse
 
 
L'ENCYCLOPÉDIE DU TEMPS JADIS
 OFFRE N°1 | Recevez en 48h les 37 volumes papier disponibles édités par La France pittoresque : 900 articles, 1800 illustrations formant une truculente mosaïque de notre riche passé !
 
 OFFRE N°2 | Téléchargez au format numérique l'intégralité des 44 volumes de La France pittoresque parus en 14 années : 1100 articles, 2000 illustrations. L'Histoire enfin captivante !
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Diable (Le) écumant la cathédrale Notre-Dame de Paris à l'affût de proies
 
 Reine Pédauque dite Reine aux pieds d'oison de Toulouse, capitale du royaume wisigoth
 
 Petit homme rouge des Tuileries (Le) : lutin annonçant des événements funestes
 
 Le Berry entre êtres surnaturels et lieux chargés de mystère
 
 
Et puis aussi...
 
 Malédiction du cruel Juhel et château de Mayenne
 
 La Brèche-au-Diable, vallée charriant une touchante légende, à Soumont-Saint-Quentin (Calvados)
 
 Puits miraculeux de Paris et légende du Puits-qui-parle
 
 Superstitions normandes
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 213 ARTICLES

 

 La France pittoresque ne bénéficie d'aucune subvention, qu'elle soit publique ou privée. Prenez activement part à la transmission de notre patrimoine !
 
 Soutenez une véritable réinformation historique et contribuez à la conservation de notre indépendance éditoriale
Vous pouvez également opter pour
un montant libre
 
VOS DONS NOUS SONT PRÉCIEUX
EN SAVOIR +

 

 Facebook
 Twitter
 VK
 Instagram
 LinkedIn
 Pinterest
 Tumblr
 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services