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Porter des cornes. Origine, signification proverbe, expression populaire. Dictionnaire locutions - Histoire de France et Patrimoine


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Expressions, Proverbes

Proverbes et expressions populaires d’usage courant : origine, signification d’expressions proverbiales de la langue française


Porter des cornes
Publié / Mis à jour le vendredi 12 avril 2013, par LA RÉDACTION

 
 
 
Etre trompé par sa femme ou son mari

Dans la haute antiquité, les cornes étaient un symbole de la dignité et de la puissance. On représentait Jupiter-Ammon, Sérapis, Isis et Astarté avec des cornes ; on en plaçait une belle paire sur le front du dieu Pan, qui passait pour l’inventeur de l’ordre des batailles et de l’arrangement des armées en deux lignes formées l’une à la droite et l’autre à la gauche du centre ; d’où vint l’expression latine cornua exercitus (les cornes de l’armée) que nous rendons par les ailes de l’armée.

Bacchus était aussi figuré cornu, soit parce que les premiers vases dont on se servit pour boire furent des cornes de bœuf, comme le remarque Diodore de Sicile, soit à cause de la vertu du vin qui donne de la vigueur aux faibles et de l’audace aux poltrons. Et pour exprimer cet effet du vin, on disait poétiquement qu’il prêtait des cornes aux buveurs. De là ces vers d’Horace dans l’ode à son amphore :

Tu spem reducis mentibus anxiis,
Viresque, et addis cornua pauperi.

Ce qu’Ovide (de Arte amandi, ) a imité ainsi : « Tunc veniunt risus, tune pauper cornua sumit ».

Détail de la statue de Moïse par Michel-Ange
Détail de la statue de Moïse par Michel-Ange

Apollon et Diane avaient quelques autels qui étaient construits de cornes entrelacées, et Martial (de Spectac., epig. 15) parle d’un de ces autels comme d’une merveille. Mais les cornes n’étaient pas des attributs exclusivement consacrés aux dieux ; elles servaient d’insignes à plusieurs héros. Les rois de Macédoine portaient des cornes de bélier à leur casque. Suivant Clément d’Alexandrie, Alexandre le Grand ne quitta jamais cette marque de distinction ; et de là vint le nom d’Alexandre aux deux cornes, Zou cornaïn, que lui donne Mahomet dans le Coran. Enfin les cornes sont, dans la Bible même, des symboles sacrés ; et les images qui nous retracent Moïse au sortir de son entrevue avec l’Éternel sur le mont Sinaï, nous présentent le front de ce législateur décoré de cornes. Cornutum Moysi faciem, dit la Vulgate. Il est vrai pourtant que les interprètes entendent par ces cornes des croissants de feu.

N’est-il pas étrange qu’après avoir employé les cornes à des usages si respectables, on en ait fait, dans la suite, le ridicule et odieux ornement de la tête des maris trompés ? Quelle peut être la raison de cela ? Cette raison, on la trouve dans les habitudes du bouc qui supporte tranquillement la rivalité d’un autre bouc, sans le regarder même de travers, quoique Virgile ait dit, pour un cas extraordinaire, à la vérité : Transversa tuentibus hircis. Il est certain que les Grecs désignaient sous le nom de bouc, l’époux d’une femme lascive comme une chèvre, et qu’ils appelaient fils de chèvre les enfants illégitimes.

L’expression Planter des cornes à quelqu’un leur fut même connue, car elle est dans les mots dont Artémidore s’est servi en son Traité des songes (liv. II, ch. 12), où il dit que rêver de cornes est un fâcheux pronostic pour un mari. Nous apprenons en outre de l’historien Nicetas que l’empereur Andronic voulant reprocher aux habitants de Constantinople l’inconduite de leurs femmes, faisait dresser sur les principales places de cette ville les plus beaux bois de cerf qu’il pouvait se procurer.

Les Romains attachaient aussi aux cornes une signification pareille. Ils avaient l’expression Vulcanus corneus, qui répond exactement à notre mari encornaillé ; et c’est à quoi Plaute a voulu sans doute faire allusion par un jeu de mots lorsque, employant corne pour lanterne, il a dit dans son Amphitryon (acte I, scène 1) : Quo ambulas, tu qui Vulcanum in cornu conclusum geris ? Où vas-tu, toi qui portes Vulcain enfermé dans une corne ? Citons encore ce vers d’Ovide : « Alque maritorum capili non cornua desunt ». En Italie, on donne à l’époux d’une femme infidèle le sobriquet de becco (bouc), que Molière a francisé dans ces vers de l’École des Femmes (acte IV, scène 6) :

Et sans doute il faut bien qu’à ce becque cornu
Du trait qu’elle a joué quelque jour soit venu.

Voltaire a prétendu à tort que les cornes métaphoriques sont venues des cornettes, espèce de coiffure dont les dames se paraient au XVe siècle. Longtemps avant l’introduction de cette coiffure, les expressions cornard, cornu et porteur de cornes avaient été employées comme synonymes de sot, dans le sens qu’a ce mot d’après le vieux proverbe, Qui demeure trop à se marier, il s’avance d’être sot, et d’après ce vers d’une de nos comédies, « Épouser une sotte est pour n’être point sot. »

Elles se trouvent chez plusieurs poètes de la langue romane, parmi lesquels nus citerons les troubadours Bertrand de Ventadour, Pierre d’Auvergne et Guillaume de Bergedan. D’ailleurs, ce fut anciennement en France un malicieux usage de railler les maris nés, comme on dit, sous le signe du Capricorne, en arborant des cornes à leur porte, la veille de la fête de saint Jean qu’on leur donnait pour patron, à cause de l’homonymie de ce saint avec Jan ou Janus, à qui sa double tête avait fait attribuer le même ministère.

A Paris, on poussait plus loin l’avanie. L’homme convaincu de s’être laissé déshonorer par sa femme, était condamné à mettre un grand bonnet à cornes, et à parcourir les rues sur un âne, la tête tournée vers la queue qu’il tenait à la main, tandis que cette femme menait l’animal par la bride, et qu’un crieur public répétait à haute et intelligible voix : On en fera autant à celui qui le sera.

Les Espagnols comparent le mari résigné qui ferme les yeux sur l’inconduite de sa femme, à l’escargot qui, pour se délivrer d’inquiétude, échangea ses yeux pour des cornes :

El caracol, por quitar de enojos,
Por los cuernos troco los ojos.

Ce proverbe fort original, dont on se sert aussi dans le midi de la France, est fondé sur une tradition populaire qui dit que l’escargot, qu’on suppose aveugle, fut créé avec de bons yeux, mais qu’étant sans cesse exposé à les avoir blessés en rampant sur la terre, il pria le bon Dieu de les lui ôter, et de les remplacer par des cornes, dont il espérait retirer plus d’avantage : ce qui lui fut accordé.


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