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22 janvier 1780 : mort du chirurgien André Levret

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22 janvier 1780 : mort du chirurgien
André Levret
(D’après « Dictionnaire des sciences médicales » (Tome 6), paru en 1824)
Publié / Mis à jour le samedi 22 janvier 2022, par LA RÉDACTION
 
 
 
Auteur d’ouvrages sur l’obstétrique restés classiques, modifiant le forceps, se consacrant spécialement aux maladies des femmes et aux accouchements, il avait été nommé accoucheur de la dauphine mère de Louis XVI et fut membre de la Société royale de chirurgie

André Levret naquit à Paris en 1703. Après s’être livré à l’étude de toutes les parties de la chirurgie, il se consacra spécialement à l’exercice de cette partie de l’art qui est relative aux maladies des femmes et aux accouchements. Sa réputation de prudence et d’habileté fit bientôt d’immenses progrès, et il fut nommé accoucheur de madame la dauphine, mère de Louis XVI.

A la création de l’Académie royale de chirurgie, il se trouva porté, comme membre titulaire, dans le sein de cette illustre compagnie ; aux succès de laquelle il contribua par son zèle et par les travaux dont il lui fit hommage. Ce praticien mourut à Paris, le 22 janvier 1780.

André Levret, par Chardin
André Levret, par Chardin

Levret est un des chirurgiens les plus célèbres dont la France s’honore. Il peut être opposé avec avantage à tous Ies accoucheurs qui l’ont précédé, et ses écrits sont demeurés classiques, non seulement dans sa patrie, mais encore chez les nations étrangères, jusqu’aux temps les plus rapprochés de nous. Maintenant même que des traités plus méthodiques et plus complets ont été composés sur l’art des accouchements, les ouvrages et les observations de Levret sont consultés et médités par tous les praticiens instruits.

Il avait proposé, pour la rescision de la luette, des ciseaux à tranchants concaves, à l’extrémité desquels Percy conseilla d’ajouter, sur l’une des branches, une languette transversale destinée à mieux retenir encore cet appendice, qui tend à glisser et à fuir devant les tranchants de l’instrument. Le traitement des polypes des fosses nasales et de l’utérus avait été déjà l’objet d’un grand nombre de recherches, lorsque Levret, après avoir décrit avec exactitude ces excroissances et noté les différences que l’on observe entre elles, proposa, pour leur ligature, un procédé et des instruments qui servirent de modèles à tout ce que l’on a fait depuis pour exécuter cette opération.

Le forceps, qui a excité l’attention d’un si grand nombre d’accoucheurs, ne pouvait échapper à l’œil attentif de Levret. Ce praticien ne se borna pas à de stériles modifications sur les dimensions de cet instrument : ses corrections portent l’empreinte du génie, et elles furent adoptées par tous les accoucheurs habiles. Il y ajouta en effet une seconde courbure dans le sens des bords de l’instrument ; courbure qui, permettant d’adapter la direction des cuillers à celle de l’axe de chaque détroit du bassin, rend leur action plus sûre, plus facile, et prévient la distension ou même le déchirement de la fourchette, que l’on produisait fréquemment avec le forceps droit, surtout lorsqu’on le portait un peu haut dans la cavité pelvienne. Il perfectionna tout ce qui est relatif à la manœuvre de cet instrument, et démontra que toujours les cuillers doivent être appliquées sur les côtés de la tête du fœtus, dans la direction du diamètre occipito-mentonnier.

Levret fut le premier, en France , qui fixa l’attention des praticiens sur l’implantation du placenta à l’orifice de l’utérus ; il fil connaître la théorie des hémorragies produites par cette cause, et démontra qu’alors la méthode de Puzos est souvent insuffisante. Si ses recherches à ce sujet laissent encore quelque chose à désirer, il approcha du moins beaucoup de la vérité, et prépara la voie à ceux qui, plus tard, la mirent dans tout son jour. Ses réflexions plus que ses lectures l’avaient conduit à faire usage d’injections irritantes pour obtenir la guérison de l’hydrocèle de la tunique vaginale. Il indiqua rapidement, mais avec exactitude, les circonstances diverses qui favorisent ou qui entravent la délivrance, et les procédés opératoires dont il faut faire alors usage. Citons encore la pince à faux germe qu’il avait imaginée pour retirer l’œuf ou l’arrière-faix de la matrice ou de son col, chez les femmes qui avortent pendant les premiers mois de la grossesse.

Tels sont quelques-uns des services les plus importants que Levret a rendus à la chirurgie. Ce praticien était très versé dans la connaissance de ce qui avait été fait avant lui ; ses ouvrages, écrits avec une grande simplicité, portent l’empreinte d’un esprit exact, d’un observateur attentif, dépouillé de prévention, et d’un jugement droit, qui subordonne toujours la théorie aux faits bien observés.

 
 
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