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Montauban : le nouveau musée Ingres

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Musée (Le nouveau) Ingres
à Montauban
(Source : France 3 Occitanie)
Publié / Mis à jour le mardi 14 janvier 2020, par LA RÉDACTION
 
 
 
Après trois ans de travaux, le musée Ingres de Montauban a rouvert ses portes au public en novembre dernier. Il est rebaptisé musée Ingres Bourdelle, en hommage à deux Montalbanais, Jean-Auguste-Dominique Ingres et Antoine Bourdelle, sculpteur français du XIXe siècle. Visite guidée.

Ne l’appelez plus musée Ingres mais MIB, pour Musée Ingres Bourdelle. Un nouveau nom pour un musée rénové en profondeur. Ouvert au milieu du XIXe siècle pour accueillir les 4 500 dessins que Jean-Auguste-Dominique Ingres avait légués à sa ville natale, le musée avait pris place dans l’ancien palais épiscopal de Montauban.

Un fort joli écrin mais qui avait besoin d’être rafraîchi. D’autant qu’il accueille aussi 70 œuvres de l’autre grand artiste né à Montauban, le sculpteur Antoine Bourdelle, ainsi que la collection de peintures, de la Renaissance à l’époque moderne, autrefois collection des évêques de Montauban et plusieurs pièces de l’archéologie locale, datant de l’Antiquité et du Moyen Âge.

Portrait de Madame Gonse. Peinture de Jean-Auguste Dominique Ingres de 1852
Portrait de Madame Gonse. Peinture de Jean-Auguste Dominique Ingres de 1852

Le musée Ingres a donc fermé durant trois ans pour réaliser ces travaux. Dès l’entrée du musée, on comprend qu’il a changé de stature. Et de fait, il paraît plus grand. Il est vrai que de nouveaux espaces sont disponibles, les oeuvres semblent donc moins serrées, en tout cas mieux mises en valeur.

Une muséographie très réussie
Mais l’un des principaux points forts de ce nouveau musée, c’est bien la muséographie : salles thématiques, cheminement logique, projet multimédia qui accompagne la rénovation et propose de voir sur des écrans l’ensemble de la collection.

On suit un parcours facilité : les débuts d’Ingres, ses peintures, ses élèves... Et puis, il y a l’idée de génie pour les dessins (4 500 légués par l’artiste) : ils sont présentés dans des tiroirs verticaux. Cinq meubles à tiroirs, 87 tiroirs pour 194 dessins. Inespéré de pouvoir en voir autant, sans être gêné par les autres visiteurs. « C’est un peu plus du double de ce que nous présentions jusqu’à maintenant », explique Florence Viguier, la directrice du musée. « Avec ces tiroirs, l’idée est de se sentir un spectateur privilégié ».

Cette disposition a permis aussi d’exhumer de petits trésors. Comme cette photographie d’un tableau d’Ingres représentant un nu de femme enceinte, tableau qu’on n’a jamais retrouvé mais dont la rumeur dit qu’il s’agirait de la première femme de l’artiste. Et que la seconde, jalouse, aurait pu en souhaiter la disparition. Touchant...

Dans l’intimité d’Ingres
Touchant aussi ce « cabinet » de Jean-Auguste-Dominique Ingres, où l’on peut admirer sa palette d’artiste et son violon (le fameux violon d’Ingres, devenu une expression courante de la langue française) et des bustes représentant Ingres et sa femme, réalisés par Antoine Bourdelle. Ainsi qu’un reliquaire contenant des cendres de Raphaël, tant admiré du peintre montalbanais.

La postérité Ingres
Jean-Auguste-Dominique Ingres a influencé toute la peinture du XIXe siècle, selon Florence Viguier qui mène cette visite avec passion. Une salle est d’ailleurs consacrée à sa postérité, où l’on peut voir effectivement les artistes plus jeunes qui se sont inspirés du maître. Même les artistes contemporains lui ont rendu hommage, pastichant ses œuvres les plus célèbres, comme la Grande Odalisque, le Bain Turc, la Source.

Ernest Pignon-Ernest, célèbre plasticien français qui crée des images éphémères sur les murs des villes, est de la visite. Il y a quelques années, il a travaillé à Montauban, dans une sorte de « dialogue » avec Ingres. Il avoue coquettement aujourd’hui avoir apprécié de consulter les croquis du maître et de s’apercevoir des petites erreurs et des coups de crayon ratés. « C’est rassurant », sourit-il.

Bourdelle, l’autre enfant du pays
Une plongée dans le sous-sol, en passant par les magnifiques escaliers de l’ancien palais épiscopal, amène les visiteurs vers les oeuvres d’Antoine Bourdelle. Ce dernier, également né à Montauban, est un sculpteur qui a beaucoup compté à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Élève de Rodin, il a exposé dans le monde entier. Un musée lui est consacré à Paris mais 70 de ses oeuvres sont ici, dans sa ville natale.

La Rieuse. Sculpture d'Émile-Antoine Bourdelle de 1893
La Rieuse. Sculpture d’Émile-Antoine Bourdelle de 1893

Une salle entière, conçue comme un atelier d’artiste, présente ses multiples bustes, sa sculpture monumentale d’Héraclès et ses bas-reliefs issus de son travail au théâtre des Champs-Élysées. Une salle toute blanche pour mettre en valeur les œuvres. Davantage en effet qu’elles ne l’étaient jusque-là. « Nous souhaitions lui redonner toute son importance », explique Florence Viguier, « car il a marqué l’histoire artistique de la ville ».

La visite est terminée. Il faut au minimum 1h30, plutôt deux, pour profiter pleinement de ce nouveau Musée Ingres Bourdelle, 2 700 m2 d’expositions. D’autant que l’écrin, l’ancien palais épiscopal de la ville, vaut à lui seul le détour. Parfaitement restauré dans le respect de son histoire, avec son sous-sol mystérieux, ses plafonds peints, ses cheminées richement ornées.

Parmi les nouveautés du MIB, il faut encore parler de l’accessibilité renforcée pour les personnes à mobilité réduite, grâce à un ascenseur inexistant auparavant, et d’une boutique-salon de thé. La rénovation du musée a coûté 11 millions d’euros : elle place le MIB dans la liste des musées incontournables de la région...

Site Internet : https://museeingresbourdelle.com

Marie Martin
France 3 Occitanie

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