Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 16 décembre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)

Maupiti, l'île de la Polynésie française qui a dit non aux hôtels de luxe. Référendum - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Patrimoine francophone > Maupiti, l'île de la Polynésie française

Patrimoine francophone

Richesses du patrimoine francophone : livres, revues, musées, parcs, châteaux, circuits touristiques, monuments...


Maupiti, l’île de la Polynésie française
qui a dit non aux hôtels de luxe
(Source : Le Figaro)
Publié / Mis à jour le samedi 22 novembre 2014, par LA RÉDACTION

 
 
 
Par référendum, les 1246 habitants de ce confetti de Polynésie française ont refusé la construction d’hôtels sur leur royaume. Unique et enchanteur.

La belle est la plus petite de l’archipel des îles de la Société. Et elle joue les rebelles. À 315 km de Tahiti, Maupiti (prononcer « Maopiti ») passe pour une merveille, aussi richement dotée par les dieux de la nature que Bora Bora, sa prestigieuse voisine, qui flotte à une quarantaine de kilomètres d’elle : lagon jouant à merveille des bleus et des verts, eau de cristal, monde sous-marin façon aquarium grandeur nature, population affable aussitôt à tu et à toi, certitude que rien ne presse, ambiance d’éternel été...

L'île de Maupiti (Polynésie française)
L’île de Maupiti (Polynésie française)

Sauf que Maupiti veut rester à l’abri du barnum touristique. Ici, ni bungalows sur pilotis en or massif, ni caviar servi sur des nappes de dollars, encore moins de rendez-vous pour sirènes de Hollywood ou requins de Wall Street. Non. Maupiti a dit non. C’était en 2004.

La mairie venait de recevoir la proposition d’une chaîne hôtelière internationale d’ouvrir une prestigieuse adresse, pieds dans un lagon de paradis. Mais on ne trouble pas ainsi l’avenir d’un millier d’âmes. Débats, réunions... Tout le monde a pris la parole. Alors, le maire a décidé de faire un référendum. Les promesses de millions d’euros investis, de dizaines d’emplois garantis, le développement de l’économie locale (pêche, fruits, légumes, petit élevage, transports), la contribution aux impôts locaux, le rayonnement international... Rien n’y a fait.

À plus de 80 % des voix, Maupiti, 13,5 kilomètres carrés et 9 kilomètres de circonférence dessinés par une route cabossée, entourée par cinq îlots (en tahitien, des motu) posés sur la barrière de corail, a décidé de rester dans son jus. De vivre comme depuis toujours, short et savates, un peu de pêche, quelques volailles, une partie de boules entre voisins (forcément un peu cousins aussi) et beaucoup de temps passé à scruter les exceptionnels bleus du large. Les anciens disent qu’on y apprend toutes les leçons du ciel.

Passé la tempête référendaire, Maupiti a retrouvé sa parfaite quiétude. Le seul village, Vaiea, joue les capitales de poche. Mairie, bureau de poste, dispensaire, pompiers, comptoir d’Air Tahiti, tout est là, au bord de la seule route de l’île. Un médecin, deux infirmiers et deux gendarmes attestent de son rang, de sa puissance... Ainsi qu’une dizaine de chapelles, mormons, bethléeméens, témoins de Jéhovah, catholiques, protestants, etc. En revanche, ni banque (pas même un distributeur de billets), ni cimetière. Chaque famille veille sur les siens et fleurit leur tombe située dans le jardin, à l’ombre des cocotiers, voire au beau milieu du salon.

L’anti-Bora Bora
Trois épiceries justes dotées de l’essentiel (« Pas de crédit bison et papier », lire tabac et papier à rouler), deux bars où triomphe la bière tahitienne Hinano, une flotte de scooters poussifs et de biclous rouillés complètent le tableau de la vie à Maupiti.

L’anti-Bora Bora, disent certains. « Non, c’est juste nous, vraiment nous, rectifie Woullingson Raufauore, M. le maire. Il y a dix ans, la population a fait le choix de maintenir ses valeurs ancestrales, de vivre à son envie : océan, vent, pêche et partage entre membres de la communauté, sans céder aux paillettes, aux mirages qui ont tant détruit ailleurs en Polynésie. Nous tenons le cap, sans avoir la prétention de faire exemple, juste celle de vivre comme nous l’avons décidé », détaille ce quadra athlétique, ancien para dans le ciel du Kosovo, pas peu fier de l’immense drapeau tricolore accroché dans son bureau. Chaque soir, le voici qui ferme sa mairie et va faire le tour de son île à petite foulée. Excellent pour la forme et pour le contact avec ses administrés.

Le référendum n’a toutefois pas isolé Maupiti du reste du monde. Aucun hôtel, c’est entendu, mais quelque vingt-deux pensions de famille qui, trois chambres ici, deux là-bas, quelques autres un peu plus loin, accueillent les visiteurs. S’y installer, c’est vivre dans une tribu polynésienne. Maîtresse de maison, fratrie, voisins, bambins... Ils sont tous présents. Chambres confortables avec salle d’eau, dans la maison ou parfois à l’écart. Pour les plus chics, vue grand écran sur l’un des plus beaux lagons de la planète, repas soignés et service tout sourire. On vit ici dans l’ordinaire et le sincère.

Maupiti : son église et son village
Maupiti : son église et son village

Partout, les excursions sont à la carte et payantes. Parmi les classiques, la pêche au gros (thons, bonites, barracudas, tazards, etc.), la plongée, bouteille côté Pacifique ou simple masque et tuba dans le lagon, visite au « village des raies », des poutargues de belle envergure, promenade sous-marine dans un magnifique jardin de corail, déjeuner sur un motu désert. Sachant qu’on peut même choisir de ne rien faire du tout.

Au moins aura-t-on à cœur de savourer cette « exception touristique » dans un environnement désormais assez peu soucieux de la technique de la pêche au caillou (quelques gaillards de Maupiti en sont les gardiens), de navigation en prao, la pirogue à balancier polynésienne, de chasse en apnée ou de cueillette des herbes médicinales accrochées aux pentes des deux élévations jumelles (385 m d’altitude) qui dominent l’île. Autant de savoirs qui ont justifié la reconnaissance gravée sur une plaque au centre de Vaiea, installée devant la mairie : « Atelier du patrimoine mondial Unesco des pays du Pacifique. »

Hiro, la soixantaine, est assis juste à côté. Il attend. Lui-même ne sait trop quoi, sans doute que passe le temps. Il aime parler avec les visiteurs : « Tu viens d’où ? Pourquoi Maupiti ? Tu habites dans quelle pension ? » Il indique aussi la plage la plus agréable de l’île, Tereia, le moment propice pour pêcher, raconte enfin que le long de la route qui borde l’île on compte 300 marae, ces plateformes de pierres noires où les anciens invoquaient les dieux maho’i. Certaines sont minuscules, invisibles aux yeux du profane.

Hiro devient alors prévenant : « Ne déplace jamais les pierres que tu trouves sur le bord de la route et surtout, tu ne les emportes pas. Certains l’ont fait, leur voyage a été vite gâché. » Éternelle Maupiti.

Jean-Pierre Chanial
Le Figaro

Accédez à l’article source




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 
 

 

 

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 

 

 La Révolution m'a tuée : de la ruine morale et intellectuelle de la France
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Blason féodal : né au XIIe siècle de la nécessité d'authentifier les actes
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 Berceuses populaires (Les) : airs entêtants, apaisants, traversant le temps et les provinces
 
 Vertes-Velles (Les) : étranges créatures recueillant l'âme noire du sorcier de Noirmoutier
 
 L'ENCYCLOPÉDIE du temps jadis
    > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 C'est la danse des dindons
 
 Faire chère de commissaires
 
MANIFESTATIONS
 Cartes (Les) de Jean de Beins au Musée de l'Ancien Évêché de Grenoble
 
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Muséums (Les) la Nature pour tous
 
 Château de la Buzine de Marcel Pagnol, à Marseille
 
 Passage du Gois (Le) : classé site d'intérêt national et patrimonial
 
 Chapelle du Rosaire de Vence : dernier chef-d’oeuvre de Matisse
 
 
Et puis aussi...
 
 Allier : le parc à thème Paléopolis prend un nouveau départ
 
 Jardin des Nénuphars Latour-Marliac (Lot-et-Garonne)
 
 Montricoux : village pittoresque abritant le dernier moulin du Tarn-et-Garonne
 
 Plongée dans l'histoire de La Sémillante, frégate disparue en mer en 1855
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 325 ARTICLES

 

Suivre notre Pinterest

 

Vous pouvez opter pour un montant libre
Votre don nous est précieux : EN SAVOIR +

 

 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2017 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Google +

Twitter

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Citations latines

Services