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9 août 1742 : première représentation de Mahomet, tragédie de Voltaire

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9 août 1742 : première représentation
de Mahomet, tragédie de Voltaire
Publié / Mis à jour le mercredi 8 août 2012, par LA RÉDACTION
 

Voltaire, dans Mahomet, s’était proposé le même but que Molière dans Tartuffe : seulement, au lieu de faire voir l’hypocrisie revêtue d’une haire et armée d’une discipline, il voulut la montrer le glaive en main, environnée de gloire et de puissance,et il choisit pour type le législateur des Arabes. Sous le point de vue philosophique, un pareil choix n’est pas heureux ; car, excepté dans quelques circonstances de sa vie, Mahomet ne peut être considéré comme un hypocrite. L’hypocrisie consiste à tromper les autres à leur préjudice et à son profit particulier. Or, qui doute que Mahomet, dans sa mission prétendue, n’ait voulu faire et n’ait réellement fait tout le contraire ?

S’il est vrai, comme on l’assure, que dans Mahomet Voltaire eut l’intention de frapper Jésus-Christ, la combinaison était encore plus fausse et plus injuste. Sous le point de vue théâtral, le succès a absous Voltaire : tout incomplète qu’elle nous paraisse, son esquisse de Mahomet n’en est pas moins un chef-d’œuvre.

Composée à Cirey, cette pièce ne parvint qu’après de longs efforts à s’établir sur la scène française. Trois quarts de siècle s’étaient écoulés depuis la première représentation de Tartuffe : mais l’hypocrisie n’avait pas cessé de se tenir sous les armes. « Mahomet, dit Condorcet dans la Vie de Voltaire, fut d’abord joué à Lille en 1741. On remit à Voltaire, pendant la première représentation, un billet du roi de Prusse, qui lui mandait la victoire de Molwitz : il interrompit la pièce pour le lire aux spectateurs. Vous verrez, dit-il à ses amis réunis autour de lui, que cette pièce de Molwitz fera réussir la mienne. On osa la risquer à Paris ; mais les cris des fanatiques obtinrent de la faiblesse du cardinal de Fleury d’en faire défendre la représentation.

« Voltaire prit le parti d’envoyer sa pièce à Benoît XIV, avec deux vers latins pour son portrait. Lambertini, pontife tolérant, prince facile, mais homme de beaucoup d’esprit, lui répondit avec bonté et lui envoya des médailles. Crébillon fut plus scrupuleux que le pape. Il ne voulut jamais consentir à laisser jouer une pièce qui, en prouvant qu’on pouvait porter la terreur tragique à son comble, sans sacrifier l’intérêt, et sans révolter par des horreurs dégoûtantes, était la satire du genre, dont il avait l’orgueil de se croire le créateur et le modèle. Ce ne fut qu’en 1751 que M. d’Alembert, nommé par M. le comte d’Argenson pour examiner Mahomet, eut le courage de l’approuver, et de s’exposer en même temps à la haine des gens ligués contre Voltaire et à celle des dévots... »

A l’époque de sa première apparition, Mahomet fut joué trois fois : La Harpe nous apprend qu’il ne produisit d’abord qu’un effet d’étonnement, et même de consternation, à cause de la sombre et triste atrocité de la catastrophe. Mais il fut bien mieux compris et accueilli à l’époque de sa reprise, en 1751 : c’est qu’alors Voltaire avait trouvé Lekain pour interprète.

Mahomet, dans les détails de l’exécution, n’est pas plus irréprochable que dans l’idée première. Presque tous les critiques ont condamné un imposteur qui se dévoile lui-même, en s’exprimant, comme dans ces vers célèbres :

Je me sens assez grand pour ne pas t’abuser...
Il faut m’aider à tromper l’univers.

Vainement La Harpe s’évertue à nier ce défaut : il est capital. Napoléon jugeait l’œuvre de Voltaire en homme de génie, en grand homme, quand il blâmait le poète d’avoir représenté son héros se livrant tout entier à Zopyre, afin de le gagner : « Les hommes qui ont changé l’univers, disait-il, n’y sont jamais parvenus en gagnant des chefs, mais toujours en remuant des masses. Le premier moyen est du ressort de l’intrigue, et n’amène que des résultats secondaires ; le second est la marche du génie, et change la face du monde. » Le héros du 18 brumaire connaissait à fond l’art dont à Sainte-Hélène il expliquait ainsi la théorie.

 
 
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