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Conter fleurette. L'étymologie des mots de la langue française. Origine, racines.

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Savoir : Mots, Locutions
L’étymologie de mots et l’origine de locutions de la langue française. Racines, évolution de locutions et mots usuels ou méconnus
Conter fleurette
Publié / Mis à jour le samedi 1er août 2015, par LA RÉDACTION
 
 
 
Faire la cour

La fleurette ou florette était une espèce de monnaie française en usage aux quatorzième et quinzième siècles. On lit dans des Lettres d’amortissement données en latin, en 1375 : « Cette vente fut faite au prix de onze deniers, appelés floreti, et de bon poids. » (Ducange, v. Floretus)

En 1421, la fleurette fut portée à dix-huit deniers, ensuite remise à trois, puis à deux seulement, et enfin retirée du cours. On l’appelait, dit Monstrelet, « la monnoye du roy ». Ce mot est évidemment un diminutif du mot florin. Les premiers florins d’or, selon Villani, dans l’Histoire de son temps, furent « frappés à Florence en 1252. » Ils portaient d’un côté l’effigie de saint Jean-Baptiste, de l’autre le lis florentin. On ne peut pas dire cependant que le florin tirât son nom de la ville italienne où il fut fabriqué puisqu’on en avait fabriqué ailleurs bien longtemps auparavant ; mais il pouvait bien le tirer d’une fleur quelconque placée dans l’exergue, comme était placé le lis dans les florins de Florence.

Quoi qu’il en soit, le florin, qui partout était une monnaie d’or, a donné son nom à la fleurette, qui était une monnaie de cuivre. Aussi bien celle-ci marqua-t-elle l’extrême distance qui la séparait de l’autre, en se qualifiant par un diminutif. Mais elle n’en fut pas moins une monnaie ayant cours légal en France, et l’on pourrait croire que la coutume de payer ses dettes en pareille monnaie a donné lieu au dicton conter ou compter fleurettes. Il semble qu’il n’en soit rien.

Philippe de Commines s’exprime ainsi : « Ces paroles (...) servent à ceux qui (...) n’ont accoustumé que de flageoler et fleureter à l’oreille, et parlent de choses de peu de valeur. Ce mot fleureter, personne n’en doute, a pour primitif fleurette. Mais ici fleurette n’est ni un diminutif de fleur, comme le dit Dochez (Nouveau dictionnaire de la langue française), ni une monnaie, comme celle dont il est parlé dans les Lettres d’amortissement et dans Monstrelet ; c’est un mot par lequel on entend des riens, des bagatelles, des sornettes, en latin nugae ; il a donc une autre origine.

Cette origine, nous la trouvons dans un mot du grec le plus pur, φλυαρια,qui veut dire langage inepte, impudent, frivole, le langage, en un mot, des conteurs de fleurettes. Il ne faut pas abuser du grec, mais encore faut-il en user quelquefois.

 
 
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