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29 janvier 1814 : Combat de Brienne

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29 janvier 1814 : Combat de Brienne
Publié / Mis à jour le lundi 23 novembre 2009, par LA RÉDACTION
 

Au moment où Napoléon entreprit son mouvement offensif sur Saint-Dizier, l’armée de Silésie, sous les ordres de Blucher, était concentrée à Brienne. Aussitôt que Schwartzenberg eut connaissance de la marche de Napoléon, il prit des dispositions pour que Blucher, qui déjà avait été rejoint par le corps de Wittgenstein, pût être soutenu par les différents corps qui se trouvaient à portée de seconder ses opérations. L’empereur, décidé à poursuivre le succès qu’il avait obtenu à Saint-Dizier, envoya l’ordre au duc de Trévise de le rejoindre ; malheureusement l’officier qui portait cet ordre fut pris, et les dépêches éclairèrent Blucher sur les dangers auxquels il était exposé ; il se hâta de rappeler Sacken, qu’il avait dirigé sur Lesmont. L’armée française se mit en marche au point du jour sur la route de Brienne, en une seule colonne, la cavalerie en tête, l’infanterie de la garde en queue. A sept heures et demie du matin l’avant-garde, sous les ordres du général Pire, découvrit l’ennemi en position entre Maizières et Brienne. L’empereur fit continuer la marche, qui ne fut point arrêtée par la rencontre de deux régiments d’infanterie légère sous les ordres du prince Sherbatow ; mais celui-ci ayant été rejoint par six escadrons et quatre pièces légères, la route fut barrée à la hauteur de Perthes, et une canonnade s’engagea. Sherbatow se replia bientôt sur le chemin de Lassicourt, tandis que Sacken, qui revenait de Lesmont, se plaça en colonne derrière Brienne, sur la route de Vitry à Bar, et que Pahlen, qui avait flanque’ Sacken, se forma en première ligne. La ville fut occupée parle corps d’Alsusiew.

Le cinquième corps de cavalerie, sous les ordres de Grouchy, ne tarda pas à se déployer dans la plaine. Pahlen n’ayant que deux mille cinq cents chevaux, se replia en colonne sur Brienne, en se plaçant sous la protection de trois carrés d’infanterie qui firent un feu meurtrier sur la cavalerie française ; il traversa ensuite Brienne pour aller se placer à la droite du corps de Sacken.

Cependant le mauvais temps avait retardé la marche de l’infanterie française, et l’on ne pouvait rien entreprendre sans elle. Vers trois heures et demie les colonnes du duc de Bellune parurent à la hauteur du bois d’Ajou ; ce maréchal poussa en avant la division Duhesme : alors s’engagea un feu d’artillerie et de mousqueterie qui pendant une heure produisit peu de résultats. A la chute du jour, l’empereur ordonna au prince de la Moskowa de marcher sur Brienne, à la tète de six bataillons, par le chemin de Maizières, tandis que le général Duhesme renouvellerait son attaque, et que le général Château tournerait la ville par la droite pour s’emparer du château. A peine ce mouvement fut-il commencé que Blucher, s’apercevant que toute la cavalerie française se trouvait à la droite, fit charger la colonne de Duhesme par les escadrons de Pahlen et de Wassiltschikow. Cette colonne fut ramenée en désordre, et perdit huit pièces de canon. La colonne du centre, qui était prête à pénétrer dans la ville, fut ralentie par cet échec ; elle se replia devant deux régiments de chasseurs russes, et se logea dans les jardins. La colonne de droite, plus heureuse, pénétra dans le château par le parc et s’en empara sans peine ; : l’ennemi, qui n’avait pas prévu cette attaque audacieuse, n’y avait laissé que très peu de monde. Le général français, après y avoir placé quatre cents hommes, descendit sur la ville avec le reste de sa colonne, renversant tout sur son passage. Blucher, qui revenait de repousser la cavalerie de la garde et la division Duhesme, réunit aussitôt des forces considérables contre la colonne descendue du château. Sentant toutefois qu’il ne suffisait pas de repousser cette colonne, et qu’il était urgent de la chasser du château, il ordonna une attaque combinée des corps d’Alsusiew et de Sacken : l’un devait attaquer en flanc et sur les derrières ; l’autre, marcher par la grande rue de Brienne. Deux fois les colonnes russes escaladèrent le château sur plusieurs points, deux fois elles furent chassées à la baïonnette ; les cours, l’intérieur, et surtout le parc du château étaient jonches Je morts ; enfin Alsusiew fut obligé de se rejeter sur la ville sous le feu de la garnison du château. Mais la brigade Baste, soutenue par la division Meunier, après avoir repoussé le corps de Sacken dans la grande rue, fermait le passage à la retraite d’Alsusiew, dont les soldats se jetèrent dans les maisons voisines. Alors commença une épouvantable mêlée. Les maisons furent prises et reprises avec un incroyable acharnement ; tous les corps se trouvaient pêle-mêle dans cette boucherie qu’éclairait l’incendie de la ville. Vers dix heures, Grouchy tenta une charge qui n’eut point de succès. Enfin, vers minuit, les deux armées, épuisées d’efforts et de fatigue, cessèrent le feu. Les Français conservèrent le château, les Husses la plus grande partie de la ville. Le quartier général de l’empereur s’établit à Perthes. Chaque armée perdit environ trois mille hommes tués ou blessés ; on fit de part et d’autre quelques centaines de prisonniers ; le contre-amiral Baste fut tué en combattant glorieusement à la tête d’une brigade de la jeune garde ; les généraux Decour et Lefèvre-Desnouettes lurent mis hors de combat ; le prince de Neufchatel fut atteint à la tête d’un coup de lance.

L’empereur, en débouchant du bois de Valentigny, fut assailli par une colonne de cavalerie qui l’eût enlevé, si la division Meunier ne l’eût dégagé. Blucher, de son côté, faillit être pris dans le château avec tout son état-major.

Un combat aussi meurtrier, et sans résultat décisif, plaçait Farinée française dans une situation critique : ce fut donc avec joie que l’empereur apprit le lendemain matin que les Russes s’étaient retirés dans la nuit par la route de Bar. Napoléon, attribuant cette retraite à la crainte d’un nouveau combat, donna ordre aussitôt qu’on se mît à leur poursuite. — Ch.

 
 
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