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Ce n'est plus le temps où Berthe filait. Origine, signification proverbe, expression populaire. Dictionnaire locutions - Histoire de France et Patrimoine


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Expressions, Proverbes

Proverbes et expressions populaires d’usage courant : origine, signification d’expressions proverbiales de la langue française


Ce n’est plus le temps
où Berthe filait
Publié / Mis à jour le jeudi 12 novembre 2015, par LA RÉDACTION

 
 
 
Pour dire qu’une chose n’est plus de saison, n’est plus de mode, qu’elle est surannée et qu’elle remonte à des temps trop anciens

L’origine de cette expression présente quelque intérêt. Pépin, roi de France, avait épousé, par ambassadeur, Berthe au grand pied, dont la légende affirme qu’elle était la fille de Philippe, roi de Hongrie — en réalité, Berthe était la fille de Caribert II (ou Charibert), comte de Laon, et de Gisèle d’Aquitaine. Cette princesse, ayant appris que son futur époux était mal fait et de petite taille, montrait quelque difficulté à consentir à ce mariage ; mais, cédant par respect aux volontés de son père, elle finit par se résigner.

Berthe (ou Bertrade) de Laon
Berthe (ou Bertrade) de Laon

D’après la légende toujours, elle partit pour la France ; là, entraînée par un écart de jeunesse, elle supplia Elisabeth de Maganza, une de ses dames d’honneur, et qui lui ressemblait parfaitement, de prendre son rôle et sa place et d’épouser Pépin. La supposition était d’autant plus facile, que Pépin n’avait jamais vu Berthe.

Elisabeth, effrayée d’une pareille proposition, se montra d’abord récalcitrante ; mais enfin, déterminée par les conseils de deux de ses parents qui, rebelles à l’autorité du roi de France, le haïssaient mortellement, elle consentit à passer pour la princesse, et aussitôt son arrivée à Paris elle épousa Pépin. Berthe, d’après l’avis des parents d’Elisabeth, s’était retirée dans un lieu voisin de Paris, avec la ferme résolution de s’en retourner sous peu de jours dans son pays ; mais ces perfides la trahirent, afin de l’empêcher de revenir sur sa première résolution, et pour consolider l’établissement de leur parente. Au lieu de lui faire prendre le chemin de la Hongrie, comme ils s’y étaient engagés, ils la firent conduire dans un bois, avec ordre à ceux qui l’escortaient de l’assassiner.

Ceux-ci, émus de pitié, au lieu d’accomplir l’ordre sanguinaire qui leur avait été donné, se contentèrent de la dépouiller, de la lier à un arbre et de l’abandonner à son malheureux sort. Ils vinrent ensuite rendre compte de leur mission aux deux scélérats qui les avaient stipendiés, en leur disant qu’ils avaient tué Berthe. Ceux-ci, pour anéantir les traces d’un si grand crime, firent mourir leurs sicaires ; ils avaient eu auparavant la précaution de renvoyer en Hongrie les personnes de la suite de Berthe.

Cette malheureuse princesse, dans la situation cruelle où on l’avait laissée, poussait des plaintes et des soupirs lamentables qui furent entendus par un garde des forêts du roi, nommé Lambert. Cet homme, obéissant à la voix de l’humanité, détacha Berthe, la conduisit à sa maison et la confia à sa femme, qui la revêtit de ses habits grossiers et conformes à son humble condition. La princesse cacha la sienne, et demeura cinq années chez ces bonnes gens. Elle passait son temps à filer et à s’occuper de travaux champêtres ; elle s’y livra avec tant d’ardeur et d’assiduité qu’elle amassa, dit-on, beaucoup d’argent sur ses économies.

Un jour le roi Pépin, s’étant égaré à la chasse, fut conduit par le hasard à l’habitation de Lambert. Là il vit Berthe, en devint éperdument amoureux, et, l’ayant fait monter sur son char, il la mena dans son palais, et vécut quelque temps avec elle sans savoir qui elle était. C’est de cette liaison que naquit le futur Charlemagne, qui devait un jour remplir le monde de ses exploits et de sa renommée. Berthe était femme ; elle ne garda pas longtemps son secret ; elle découvrit à Pépin sa naissance, son premier engagement, ses malheurs et l’infâme trahison dont elle avait été si long-temps la victime ; elle oublia peut-être de lui parler de la supercherie qui avait si funestement tourné contre elle : l’amour-propre est un pénitent qui ne dit pas tous ses péchés.

Elle fut réintégrée dans ses droits d’épouse et de reine ; Elisabeth, la princesse supposée, chassée honteusement, si toutefois il ne lui arriva pis. Les traîtres furent punis. Cette historiette, vraie ou imaginée à plaisir, fit naître ce proverbe, auquel on peut donner une interprétation morale différente de celle qu’on lui donne communément : c’est que le malheur n’est pas toujours à la porte d’une pauvre femme, pas plus qu’à celle d’un pauvre homme.




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