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Mots d'histoire : Année de Corbie - Histoire de France et Patrimoine


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Savoir : Mots d’Histoire

Origine et signification de dénominations singulières appliquées à des événements, des partis, ou à certaines classes d’individus


Année de Corbie
Publié / Mis à jour le mardi 13 avril 2010, par LA RÉDACTION

 

On appelle ainsi l’année 1636 où la prise de Corbie sembla mettre la France à deux doigts de sa perte. Richelieu, après une longue hésitation, s’était décidé à engager la lutte avec la maison d’Autriche, au moment où le parti suédois et protestant était près d’être accablé en Allemagne.

Cette guerre, déclarée le 26 mars 1635, s’ouvrit à la fois de quatre côtés : sur l’Escaut, le Rhin, les Alpes et les Pyrénées. La première campagne fut loin de répondre aux espérances du cardinal. Celle de 1636 fut encore plus désastreuse. Pendant que le duc de Rohan continuait ses habiles opérations dans la Valteline, que Weimar et le cardinal de Lavalette étaient occupés sur la Sarre, et que le prince de Condé (Henri II) échouait au siège de Dôle, Piccolomini, le cardinal Infant et le célèbre partisan Jean de Werth, à la tête d’une immense cavalerie, se jetèrent sur la Picardie laissée sans défense.

En peu de jours, ils enlevèrent La Capelle, le Catelet, franchirent la Somme, repoussèrent les Français sur l’Oise, et enfin firent capituler Corbie au mois d’août. Dans ces circonstances critiques, Richelieu, accablé par les souffrances physiques, par les inquiétudes et les soucis de tout genre, trahi de tous les côtés, tomba dans le plus profond découragement, et s’enferma dans son palais où il s’entoura de gardes. Il paraît que ce fut le fameux capucin connu sous le nom de père Joseph qui releva son âme abattue, et lui rendit toute son énergie.

Le peuple s’ameutait dans les rues et se montrait si exaspéré que, lorsqu’il fut question d’aller assister à une délibération à l’Hôtel-de-Ville, les amis du cardinal s’opposèrent à cette démarche. « Mais, dit Fontenay-Mareuil, le cardinal qui avoit assurément une âme très grande et très élevée, méprisant tout ce qu’ils disoient, y alla, et même encore sans cette multitude qui l’accompagnoit ordinairement, et quasi tout seul, n’ayant dans son carrosse que trois ou quatre personnes, et autant à cheval derrière lui. »

Bientôt les mesures les plus énergiques furent prises non seulement « pour arrêter les progrès des ennemis, mais pour les rechasser dans leur pays avec autant de crainte qu’ils étoient entrés avec hardiesse dans le nôtre. » Le roi s’adressa à toutes les compagnies du Parlement, Chambre des comptes, Cour des aides, etc., et aux sept corps des marchands et des artisans de Paris, pour leur demander leur aide et leur assistance.

Le Parlement ne chercha qu’à entraver les mesures du roi, qui se vit obligé de lui interdire toute délibération. Il n’en fut pas de même chez les classes inférieures ; « et particulièrement, dit Richelieu dans ses Mémoires, les sept corps des métiers ; ils allèrent dès le lendemain trouver le roi qui les reçut dans sa grande galerie, et lui firent offre de leurs personnes et de leurs biens avec une si grande gaieté et affection, que la plupart d’eux lui embrassoient et baisoient les genoux ; ensuite ils dressèrent un rôle du nombre d’hommes que chacun d’eux pouvait lever et soudoyer, et le mirent entre les mains du lieutenant civil, comme aussi le rôle et les noms des hommes d’entre eux propres à porter les armes, afin que le roi s’en servît selon qu’il en aurait besoin. La même ordonnance fut envoyée à tous collèges, communautés, fabriques, monastères rentés, à laquelle tous obéirent avec un très grand zèle ; de sorte qu’en moins de dix jours le roi eut de quoi lever et entretenir, trois mois durant, douze mille hommes de pied et trois mille chevaux. Les autres villes du royaume contribuèrent depuis, à proportion, avec une grande promptitude. »

En même temps, une ordonnance royale enjoignit à tous les hommes sans condition et en état de porter les armes, d’aller dans les vingt-quatre heures s’inscrire chez le maréchal de La Force. Tous les privilégiés et exempts de tailles durent se trouver, dans le délai de six jours, à Saint-Denis, montés et armés, sous peine d’être déchus de leurs privilèges. On enrôla les laquais et les ouvriers. Tous les ateliers furent fermés ; tous les travaux publics et particuliers, suspendus. Chaque propriétaire d’un carrosse dut fournir un cheval avec un laquais ou un cocher ; chaque maître de poste, un cheval avec ses postillons.

Le roi fit ouvrir à tous ceux qui apporteraient des blés dans Paris les greniers des communautés, et leur abandonna sa propre galerie du Louvre pour en faire un marché public. Les propriétaires et les locataires de chaque maison furent tenus de fournir un homme avec une épée et un baudrier. « Et d’autant que les armuriers et les quincaillers, abusant de la nécessité publique, vendoient les armes à un prix excessif, Sa Majesté les modéra à un prix qui fut raisonnable. »

Des bateaux armés en guerre allèrent chercher les grains qui arrivaient par l’Aisne et l’Oise. Les habitants des bourgs et villages circonvoisins, travaillèrent à fortifier Paris, Saint-Denis, et à établir plusieurs camps retranchés. Hommes, femmes, enfants, tout le monde prit les armes. Le général espagnol Galas, avec 50 000 soldats, venait d’envahir la Bourgogne. Saint-Jean de Losne, petite ville mal fortifiée, ravagée par une épidémie, et qui ne renfermait que 150 soldats et 400 bourgeois, l’arrêta huit jours. Après deux assauts sanglants, les Impériaux furent obligés de renoncer à ce siège, « où il n’y eut pas jusqu’aux femmes qui n’y fissent merveille à jeter des pierres aux ennemis et à porter du rafraîchissement aux soldats. »

Le roi eut bientôt sous ses ordres une armée de 40 000 hommes. Il se mit à leur tête avec le cardinal et le duc d’Orléans, et marcha droit à l’ennemi. Les Espagnols reculèrent ; mais, grâce à la trahison du duc d’Orléans et du comte de Soissons, qui, au milieu des périls de la patrie, complotaient l’assassinat du cardinal, ils purent se retirer sans être entamés. Ces deux seigneurs mirent ensuite le siège devant Corbie. Richelieu, prévenu qu’ils voulaient faire échouer l’entreprise, arriva subitement au camp, et fit enlever la place sous ses yeux. Pendant que les ennemis étaient ainsi chassés de la Picardie et de la Bourgogne, le général suédois Baner, qu’on appelait le second Gustave, battait les Impériaux à Witstock, et s’emparait de la Saxe. Le succès couronnait partout les efforts du cardinal et de la nation, et la France fut sauvée du plus grand péril qu’elle eût couru depuis la bataille de Saint-Quentin.


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