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2 mai 1519 : mort de Léonard de Vinci - Histoire de France et Patrimoine


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2 mai 1519 : mort de Léonard de Vinci
à Amboise
(D’après « Dimanche illustré » du 31 août 1924
et « Léonard de Vinci » (par Georges Beaume) paru en 1914)
Publié / Mis à jour le jeudi 2 mai 2019, par LA RÉDACTION

 
 
 
Léonard de Vinci brilla dans tous les arts, posséda plusieurs sciences, et se fit dans chacune, en particulier, une réputation enviable. On pourrait en effet le ranger dans la classe des architectes habiles, des bons sculpteurs, des mathématiciens savants, des mécaniciens célèbres, des grands musiciens, des anatomistes profonds, des vrais philosophes, des poètes ingénieux et des historiens estimables. Mais il est surtout connu par ses ouvrages en peinture et, dans cet art, restera l’un des premiers maîtres.

Si un être mérite ce nom de surhomme que Nietzsche décernait aux héros de l’humanité, c’est bien Léonard de Vinci, qui apparaît comme une créature supra-terrestre, au génie universel, et chez qui brillent et s’exaltent jusqu’au sublime tous les dons tous les prestiges, toutes les grâces, toutes les vertus.

Il naquit le 15 avril 1452, au château de Vinci, près de Florence. D’origine noble, son père exerçait la profession de tabellion. Admirablement beau, infiniment séduisant et par l’élégance de ses manières et par le charme de son élocution, Léonard était doué d’une vigueur telle qu’il ployait sans effort un fer de cheval. Il excellait dans tous les exercices du corps : escrime, danse, équitation. Il apprenait avec une facilité merveilleuse ; il approfondit rapidement les mathématiques, les sciences physiques, la philosophie et les lettres.

S’il cultivait toutes les branches des arts et de la connaissance, il montrait une attirance particulière vers la peinture, dont il a écrit qu’elle était fille légitime de la nature et parente de Dieu. Son père lui donna comme professeur André Verocchio, peintre et sculpteur célèbre de Florence. Il fit des progrès tels que son maître le chargea bientôt de peindre une figure d’ange dans un tableau qu’on lui avait commandé et qui représentait le baptême du Christ. L’élève s’en tira avec un tel bonheur que cette figure, tout accessoire qu’elle fût, humiliait le reste de la composition. Ulcéré de dépit, Verocchio abandonna la peinture.

Léonard de Vinci. Autoportrait (colorisé ultérieurement)
Léonard de Vinci. Autoportrait (colorisé ultérieurement)

Dès lors, dans les entreprises les plus diverses se manifestera simultanément le génie de ce demi-dieu, à la fois peintre, statuaire, musicien, architecte, ingénieur, poète, orateur, philosophe, anatomiste, physicien, mécanicien, mathématicien...

À Milan, Ludovic Sforza lui commanda une statue équestre de son père, du poids de deux cent mille livres et d’une hauteur de huit mètres, œuvre colossale à laquelle il consacra plus de trois lustres. Mais Ludovic perdit sa couronne : la statue ne fut jamais fondue.

Léonard organisait les fêtes de la cour et les contemporains parlent avec enthousiasme d’une machine de théâtre qu’il construisit à l’occasion du mariage du duc Jean Galéas avec Isabelle d’Aragon. « Il y avait figuré, rapporte Fabien Pillet, un ciel brillant d’étoiles et, sous la forme des dieux de la fable, les planètes, roulant dans leur orbite, venaient l’une après l ’autre chanter l’épithalame de la mariée. »

Toujours au service de Ludovic Sforza, il unit le canal de Martesana à celui du Tésin, triomphant d’obstacles considérés comme insurmontables. Dans le même temps, il peignait pour le réfectoire du couvent de Sainte-Marie-des-Grâces, à Milan, son admirable fresque de la Cène, qui, malgré l’état de délabrement où l’ont mise les injures du temps et les hommes, resplendit encore d’une beauté sublime. Quand Bonaparte vit cette peinture en 1796, il exempta aussitôt de logements militaires les lieux qu’elle chargeait d’un lustre si pur. Mais, après le départ de l’armée française, l’ordre fut oublié et le glorieux réfectoire servit tantôt de grange, tantôt d’écurie. C’est dans cette humble destination que le trouva Eugène de Beauharnais quand il devint vice-roi d’Italie. Il fit nettoyer la salle et construire une sorte de passerelle devant la fresque, pour qu’on pût la voir de plus près.

Les armées françaises étaient déjà venues bien des fois en Italie. En 1500, elles firent prisonnier Ludovic Sforza, qui mourut au château de Loches. Ludovic n ’aurait peut-être pas connu la cruelle amertume de la défaite, si, comme le fit plus tard César Borgia, il s’était attaché, en qualité d’ingénieur militaire, Léonard de Vinci, qui lui avait adressé, dans une lettre extrêmement curieuse diverses propositions dont voici quelques extraits :

« Je désire soumettre à Votre Excellence les plans et projets de mes inventions, qui demeurent encore secrètes, et l’en faire profiter. En attendant qu’une occasion se présente de les mettre en pratique, je vous en donne la note suivante :

« J’ai un moyen de construire des pontons légers, facilement transportables, incombustibles, avec lesquels on peut poursuivre ou éviter l’ennemi ;

« J’ai un moyen de tarir l’eau des fossés, pendant le siège d’une place, et de construire une grande quantité de ponts volants à échelons ;

« Je sais détruire toute place forte, si elle n’est pas bâtie sur un roc ;

« Je possède le secret de fabriquer des bombardes facilement transportables, avec lesquelles on peut lancer en détail la tempête, et dont la fumée jettera l’ennemi dans la confusion ;

« Au moyen de chemins creux, étroits et tracés en zigzags, je saurai faire parvenir les troupes jusqu’à un point, déterminé à l’avance, des fortifications d’une ville ;

Les machines de guerre de Léonard de Vinci
Les machines de guerre de Léonard de Vinci

« Je sais construire des chariots couverts, avec lesquels on pénètre dans les rangs de l’ennemi, pour détruire son artillerie ; et, derrière ces chariots, l’infanterie peut s’avancer sans obstacles ;

« Si le besoin l’exige, je fabriquerai des bombardes, des mortiers, des passe-volants, différents de ceux qui sont en usage ;

« Là où les bombardes ne pourraient produire leur effet, je composerai des catapultes, des balistes, ou d’autres engins dont l’effet décisif est tout à fait insoupçonné ;

« En mer, je puis employer beaucoup de moyens offensifs ou défensifs, construire, par exemple, des vaisseaux à l’épreuve des bombardes, composer des poudres et des fumées ;

« En temps de paix, je puis remplir l’office d’architecte, soit pour les édifices publics et privés, soit pour ceux qui servent à la conduite et à la distribution des eaux ;

« Je puis mener à bonne fin toute espèce de travaux de peinture, et aussi de sculpture en terre, en marbre ou en bronze.

« Si quelqu’une des choses indiquées ci-dessus était estimée d’une exécution impossible, je m’engage à en faire l’expérience dans votre parc ou dans tel lieu qu’il plaira à Votre Excellence, à laquelle je me recommande humblement. »

Léonard de Vinci a laissé les dessins des voitures couvertes qu’il évoque dans sa lettre. Hérissées de faux, elles abritent des soldats dans leurs flancs et vomissent de la mitraille : c’est tout simplement nos chars d’assaut. On voit que Léonard a eu l’intuition de la guerre moderne : tanks, mines, obus incendiaires, il a pensé à tout !

Les offres de Léonard de Vinci furent acceptées, mais d’une étrange manière. « Je connais la grande réputation de Léonard de Vinci comme peintre, déclara le prince. Sans contester la valeur de ses prétentions comme ingénieur et comme architecte, nous ne pouvons réaliser tout de suite aucun de ses projets et, par conséquent, les mettre à l’épreuve. Qu’il vienne donc ici en artiste... Puisqu’il se flatte d’être un excellent musicien, je lui demande d’apporter un de ses instruments, et je serais très heureux qu’il pût m’étonner par quelque merveille. »

Léonard obéit avec empressement aux ordres du prince. Il arriva au palais du duc de Sforza, à Milan, avec un instrument, une lyre qu’il avait fabriquée lui-même, presque tout entière en argent, et qui affectait la forme d’un crâne de cheval. Cette disposition bizarre donnait aux sons quelque chose de mieux vibrant et de plus agréable.

Étude de Léonard de Vinci sur une arbalète géante (vers 1490)
Étude de Léonard de Vinci sur une arbalète géante (vers 1490)

Dans la salle des fêtes, de nombreux musiciens, préparés depuis longtemps au concours organisé par le prince, se trouvaient déjà réunis. Léonard fut le dernier à pincer de son luth, à chanter les chansons qu’il improvisait sans la moindre fatigue. Il surpassa tous ses concurrents par l’adresse et par la vivacité de son jeu, par l’originalité et l’essor lumineux de ses poésies. Louis Sforza, sans hésitation, lui décerna la palme du vainqueur ; il le combla d’éloges, de caresses ; il lui demanda aussitôt un tableau d’autel, la Nativité de Notre-Seigneur, que le prince offrit à l’Empereur, lorsqu’il fut terminé.

À l’issue du concours, le prince ne congédia point Léonard, ainsi que les autres musiciens. Il le garda auprès de lui jusqu’au soir, afin de jouir du charme et de l’intelligence de sa conversation. Léonard causait de verve, éloquemment, sur un ton de franchise gaie, n’hésitant pas plus à propos des choses graves que des choses frivoles. Il maniait avec aisance la raillerie, contrefaisait les tics des orgueilleux sans valeur réelle, imitait la voix grotesquement solennelle des courtisans à la loyauté douteuse.

Si la conversation languissait un moment, il inventait vite une histoire et la contait avec esprit. Il ne savait pas seulement causer, il savait écouter. Et par son air d’attention sympathique, qui était un hommage aux qualités intellectuelles et morales de ses interlocuteurs, il plaisait tout de suite. Il s’amusait des autres, et il les amusait : cela lui assurait sur tous la séduction suprême. Patient observateur, pénétrant psychologue, il voyait sur le visage de ses semblables leur âme, surprenait leurs émotions et leurs pensées. Aussi, pouvait-il aisément les vaincre dans leur ignorance, les flatter pour sa domination jusque dans leurs préjugés de religion ou de caste.

Il trouva en Louis XII un nouveau protecteur. Le monarque se le fit présenter, l’accabla de compliments, le pensionna et lui accorda des revenus sur les canaux du Milanais. Léonard construisit un extraordinaire automate, représentant un lion énorme qui, le jour de l’entrée de Louis XII à Milan, s’avança au-devant du roi et se dressa sur ses pattes de derrière, tandis qu’un étendard aux armes de France sortait de sa poitrine.

Mais, quels que fussent les bons procédés du roi à son égard, l’atmosphère d’une ville conquise ne laissait pas à l’artiste toute la quiétude et le recueillement nécessaires à ses travaux.

Léonard gagna Florence, où le Sénat le chargea, concurremment avec Michel-Ange, de décorer la salle du Conseil. Les cartons de ces compositions, représentant des scènes de bataille, ont disparu dans les guerres de Lombardie. Ils émerveillaient les peintres de la Renaissance. « Tant que ces cartons existèrent, dit Benvenuto Cellini dans ses Mémoires, ils servirent de modèle au monde entier des artistes. » Le pape Léon X appela Léonard auprès de lui. Tout en chevauchant vers Rome accompagné du frère du pontife, Julien de Médicis, il distrayait ce prince par maintes inventions curieuses, et particulièrement par des pigeons automates qui s’élevaient dans l’air.

Aussi bien Léonard doit être regardé comme un précurseur de l’aviation. Méditez ces phrases prophétiques : « L’objet qui frappe l’air fait une force égale à l’air qui frappe l’objet. Tu vois que le battement des ailes contre l’air fait soutenir l’aigle pesant dans l’air le plus haut et le plus rare ; tu vois aussi l’air emplir les voiles gonflées et pousser le navire lourdement chargé. De ces preuves, tu peux connaître que l’homme, avec de grandes ailes agissant contre la résistance de l’air, pourra victorieusement le soumettre et s’élever au-dessus de lui. »

Et il dit encore, en désignant l’homme volant par l’expression le grand oiseau : « Il prendra son premier vol, le grand oiseau, sur le dos de son grand cygne (l’appareil à voler), remplissant l’univers de stupeur, remplissant tous les écrits de sa renommée, donnant gloire impérissable au lieu de sa naissance. »

Étude de Léonard de Vinci sur l'embryon humain (1510-1513)
Étude de Léonard de Vinci sur l’embryon humain (1510-1513)

Ses manuscrits nous démontrent qu’il eut la prescience d’une foule de découvertes modernes. Beaucoup de ces écrits, qui formaient 120 volumes, sont malheureusement perdus. Mais il en reste assez, conservés à l’Institut, au British Muséum, à Windsor, à Milan, pour nous édifier sur la profondeur de ce génie omniscient. Les mots sont tracés de droite à gauche, selon la coutume orientale. On se sert d ’un miroir pour rétablir le texte dans le sens normal.

A-t-il pris cette précaution pour protéger ses découvertes, ses plans de machines, contre les indiscrétions ? D’autre part, il pouvait se méfier de l’Inquisition, en raison de la hardiesse de certaines de ses théories. Enfin, Léonard était gaucher, et c’est peut-être pour cette seule raison qu’il écrivit ses cahiers de notes de droite à gauche.

Le naturaliste Humboldt le considère comme le plus grand physicien de son siècle. « À des connaissances fort rares en mathématiques, il unit à un degré surprenant la faculté de plonger ses regards dans les profondeurs de la nature. Léonard de Vinci était le contemporain de Christophe Colomb. Il mourut trois ans après lui. L’artiste couronné de gloire s’était livré à l’étude de la météorologie, aussi bien qu’à celle de l’hydraulique et de l’optique. Il exerça de l’influence pendant sa vie par ses grandes créations artistiques et par le prestige de sa parole, mais non par ses écrits.

« Si les idées de Léonard de Vinci sur la physique ne fussent pas restées ensevelies dans ses manuscrits, le champ de l’observation ouvert par le nouveau monde eût été exploré scientifiquement, dans un grand nombre de ses parties, avant la grande époque de Galilée, de Pascal et de Huygens. »

Il a eu l’intuition qu’un monde océanique a précédé nos continents ; il a conçu l’idée, avant Cuvier, que d’énormes torrents avaient façonné les vallées. Dans la longue liste de ses découvertes, relevons les lois de la gravitation, de l’équilibre des liquides, de la réflexion solaire, de l’hydraulique, la distinction du sexe des plantes, et, parmi les machines, la pompe à vapeur, le métier à rubans, le laminoir, le bateau dragueur, l’hygromètre, le parachute, le tour ovale, la chambre noire, la machine à filer, la machine à scier le marbre, la machins à tondre les draps, etc.

Nous avons laissé Léonard sur la route de Rome. Accueilli par Léon X, il aurait reçu, pendant les premiers mois, une pension mensuelle de quatre cents ducats. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il s’adonna passionnément au travail. Non pas, pourtant, à une œuvre de peinture. Car il voulut étonner le pape Léon X, le flatter dans son goût pour les sciences, dans sa ferveur d’étudiant alchimiste. Afin d’égayer son voyage, il avait composé en cire des animaux si légers « qu’en soufflant dedans, ils s’envolaient jusqu’à ce que l’air qui les soutenait vînt à leur manquer. »

Un soir, sur la route, un vigneron du Belvédère lui présenta un lézard fort curieux. Léonard s’en empara aussitôt, avec le frémissement d’une inspiration qu’exaltait son désir de charmer davantage ses compagnons et ses maîtres. En effet, avec des écailles arrachées à d’autres lézards, il fabriqua des ailes qu’il adapta au corps du petit animal donné par le vigneron ; et chaque mouvement de ce lézard perfectionné provoquait une vibration de ses ailes, à cause du vif-argent qu’elles contenaient. « Il lui ajouta, en outre, de gros yeux, des cornes et de la barbe ; et même, ayant eu la patience de l’apprivoiser, il le porta tout le long du voyage dans une boîte, d’où, pour effrayer ses amis, il le sortait de temps à autre, en riant de malice. »

La Belle Ferronnière. Peinture de Léonard de Vinci (1495-1497)
La Belle Ferronnière. Peinture de Léonard de Vinci (1495-1497)

Léon X fut amusé par l’invention bizarre de Léonard, par ses trouvailles pittoresques de chaque jour, par ses vastes projets de révolutionner le domaine de l’industrie, de la mécanique. Vasari — Giorgio Vasari (1511-1574) est un peintre et architecte dont le recueil biographique intitulé Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes est considéré comme une des publications fondatrices de l’histoire de l’art — raconte que souvent Léonard faisait nettoyer, dégraisser avec minutie les boyaux d’un mouton, et qu’il les réduisait ensuite au point de pouvoir les enfermer dans la paume de sa main. Certains soirs, il s’égayait à des jeux puérils, qui ne laissaient pas de surprendre les esprits attentifs et de les amener à réfléchir. Ainsi, après avoir introduit un bout de ces boyaux dans une pièce voisine de celle où il recevait ses amis, il y adaptait un soufflet de forge, et soufflant de toute la vigueur de ses poumons, il gonflait ces boyaux en de telles proportions que les visiteurs étaient peu à peu obligés de se réfugier dans un coin de la pièce, et même quelquefois de sortir. Il comparait, non sans ironie, la vertu à ces boyaux transparents : « Est-ce que, disait-il, la vertu, par toutes les louanges dont on l’honore, et par les apparences que chacun de nous en possède, n’occupe pas une grande place dans nos conversations ? En somme, elle se réduit à une bien mince réalité. »

Soutenu qu’il pensait être par les Médicis, il se livra aisément à toute sorte d’expériences ingénieuses et de folies, s’occupant, par exemple, de mesurer l’effet des miroirs, d’imaginer des instruments d’optique, et pratiquant d’étranges essais de vernis, d’enduits, propres à conserver la peinture. Dans ce temps-là, il peignit, avec infiniment d’amour et de soins, la Vierge et son Fils pour messer Baldassare Turini da Pescia, dataire de Léon X. Dans un autre tableau, il représente un petit enfant, que Vasari déclare avoir été une merveille de grâce. C’est peut-être à la même époque qu’il peignit le Saint Jean qui est au Louvre.

Dans Rome, auprès du pape, Léonard de Vinci n’avait pas rencontré des sympathies. Au contraire, les politiques du Vatican considéraient surtout en lui le protégé du maréchal de Chaumont et de Trivulce, le partisan. Les artistes le regardaient d’un œil jaloux, et des artistes puissants, renommés, Raphaël, le favori du pape, Michel-Ange, l’irascible travailleur, qui ne pouvait pas oublier le concours du Palais-Vieux, à Florence. Alors, plus qu’aujourd’hui, la vie était cruelle aux artistes : ils dépendaient uniquement de l’humeur de maîtres capricieux et despotiques qui ne voyaient, dans les réalisations de l’art, que des moyens de servir leur prestige personnel. Aussi, lorsqu’un artiste obtenait une commande, ou avait conquis une place prépondérante dans une ville, chez un seigneur du pouvoir ou de l’argent, il défendait avec âpreté son bien, veillait sur sa sécurité avec une méfiance constamment alarmée.

Pourtant, Julien de Médicis appuya Léonard auprès de son oncle, le pape, de prières si chaleureuses que Léon X finit par commander au peintre un ouvrage. Ce ne fut sans doute que de guerre lasse, et pour éloigner de lui les obsessions de Julien, que Léon X céda. Car, dès le premier prétexte, il fit connaître au peintre son détachement. Voici comme. Léonard, avant d’entreprendre son ouvrage, s’était mis à distiller des huiles et des plantes pour composer un vernis nouveau. Ses ennemis guettaient patiemment la moindre de ses défaillances, la plus légère manifestation de sa fièvre de découvertes, qu’ils aPpelaient des excentricités. Dès qu’ils l’aperçurent, ainsi qu’un alchimiste, occupé à herboriser dans la campagne, puis à faire bouillir ses herbes dans sa cuisine, l’un d’eux courut chez le pape dénoncer sa fantaisie :

« Maître Léonard, lui dit-il, ne travaille pas sérieusement. S’il n’est pas tenu dans les limites de son ouvrage, comme un prisonnier dans les murs de son cachot, il abusera des largesses de Votre Sainteté pour vivre selon ses caprices, et dans l’oubli le plus complet de vos intentions. — Que fait-il donc ? — — On ne sait trop. Ce n’est pas clair. Il songe, paraît-il, à inventer un vernis qui doit servir, très tard naturellement, à recouvrir sa peinture, lorsqu’elle sera terminée. »

La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne. Peinture de Léonard de Vinci (1502-1513)
La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne. Peinture de Léonard de Vinci (1502-1513)

Léon X, au lieu de s’indigner, trouva l’extravagance de Léonard si grotesque, qu’il se mit à rire. Ensuite, il s’écria : « Puisque Léonard pense à la fin de l’ouvrage avant de l’avoir commencé, c’est qu’il ne fera jamais rien de bon ! » Le pape se moquait, avec dédain, heureux de perdre de peu de confiance qu’il avait bien voulu, par condescendance envers Julien, accorder à son protégé. Léonard ne connut point tout d’abord les méchants complots de ses ennemis, ou feignit de les ignorer. il resta au service du pape.

Comme Léonard continuait, à Rome, ses études d’anatomie, un certain maître Jean, originaire d’Allemagne et qui accusait Léonard de Vinci de l’avoir évincé des faveurs de Julien de Médicis pour s’y mettre à sa place, s’en alla trouver le pape et, sur un ton de pudeur scandalisée, lui dit : « Il y a une chose intolérable, et que Votre Sainteté ignore. Le peintre Léonard n’hésite pas, sous couleur de poursuivre ses études d’anatomie, à commettre des sacrilèges. — Comment ça ? — Mon Dieu, c’est difficile à dire. Votre Sainteté lui a donné le droit d’entrer à l’hôpital tous les jours, à ses heures. Mais il ne se borne pas à examiner les malades, à observer la dissection des cadavres. Ce qui le préoccupe surtout, c’est de rencontrer, auprès des malades ou des convalescents jeunes et beaux, des occasions de satisfaire une curiosité sensuelle, perverse. — Je n’aurais pas cru. — Ni vous, ni personne. Tout le monde a honte. — Il faut que cela cesse. J’aviserai au moyen. — Il n’y en a qu’un. — Lequel ? — Celui d’interdire à Léonard le séjour de Rome. »

Léon X réfléchit un instant, troublé par la gravité d’une telle résolution : « Je vous remercie, conclut-il. Pour aujourd’hui, laissez-moi. » Léon X hésita, par politique, à chasser de Rome le peintre illustre, vers lequel pouvaient, au moins par compassion, revenir aussitôt ses puissants protecteurs, princes d’Italie, roi de France. Il donna simplement l’ordre au directeur de l’hôpital d’en défendre l’accès à Léonard. Celui-ci sentit l’injure très vive ; il comprit qu’autour de lui, l’hostilité de ses rivaux grondait, plus menaçante. Pour comble de misères, son ami Julien de Médicis quitta Rome, pour aller en Savoie se marier. Et le même jour, Louis XII, le roi de France, mourait.

Pauvre, délaissé, Léonard se trouva un long moment sans courage, sans espérance. En quel lieu d’intelligence et de bonne volonté irait-il porter son cœur plein de l’amour des choses de la terre, son esprit toujours inquiet de créations nouvelles ? En quel lieu de bonté irait-il demander asile pour sa personne glorieuse, qu’illustrait davantage encore le malheur ? Il regardait en vain autour de lui, fort désemparé, le monde nombreux et lâche des courtisans, des artistes, que la jalousie dévorait. Il ne voyait aucun secours, lorsque brusquement il apprit que Léon X confiait à son terrible rival Michel-Ange l’exécution de la façade de San Lorenzo. Ce fut pour Léonard la suprême défaite. Il décida de quitter Rome. Mais, encore une fois, où aller ?

Le miracle se produisit, pour son salut. Après les plus orageuses tempêtes, il arrive souvent que le soleil brille dans un ciel paisible et souriant. Ainsi, Léonard vit, avec un frémissement de joie, s’éclairer sa destinée, le jour où il apprit qu’un autre roi de France, jeune et hardi, dans un élan de rêve et d’ambition vers les pays du soleil, venait de franchir les Alpes. François Ier apportait, parmi l’éclat de ses victoires, au grand homme de Florence, renié par sa patrie, les hommages et les promesses d’une patrie nouvelle.

Le roi de France savait que son prédécesseur avait souhaité à maintes reprises posséder auprès de lui, pour sa gloire, et pour la richesse intellectuelle de la France, l’artiste le plus illustre de l’Italie, Léonard de Vinci. Ce fut avec la sympathie la plus généreuse qu’il le reçut, comme un hôte digne des égards les plus délicats, comme un ami dont la renommée ne pouvait que faciliter sa conquête royale au cœur des foules.

La Joconde. Peinture de Léonard de Vinci (1503-1506)
La Joconde. Peinture de Léonard de Vinci (1503-1506)

Aussitôt, il le chargea d’organiser dans la ville les fêtes qu’elle se proposait de lui offrir. C’était l’époque où l’on construisait partout, sur les côtes de la Méditerranée, dans les communes de quelque importance, ces bêtes fabuleuses, étranges, grotesques, rappelant aux citoyens d’une région un fait de leur histoire ou même une de ces légendes qui se confondent parfois avec une circonstance mémorable de la civilisation, avec une des particularités d’une province ou d’un terroir. Ces bêtes magnifiques, tout à fait comparables à cette arme de guerre que fut le cheval de Troie, on les formait avec d’énormes cerceaux de barriques, qu’enveloppait un voile de percale ou de toile, et que portait à travers la ville un groupe de six ou sept bons drilles. Car, les dimanches de carnaval, ainsi que les jours de fête, elles s’en allaient dans les rues bruyantes agiter leurs grelots ou danser, entre les rangs des farandoles.

À Pavie, Léonard eut l’idée de flatter l’orgueil du courageux et fier roi de France. Il construisit un lion automate qui, arrivé devant François Ier, se dressa tout à coup, en ouvrant sa poitrine d’où s’épanchèrent des fleurs de lys. Il éleva des arcs de triomphe sur toutes les larges voies où les soldats français devaient défiler en cortège processionnel.

Le 13 septembre 1515, par la victoire de Marignan, François Ier conquit le duché de Milan. Léonard, s’attachant désormais à lui, l’accompagna jusqu’à Bologne. Ce fut, pour le grand peintre dédaigné par ses compatriotes, une belle revanche. Il assista, non sans malice, à l’entrevue du roi et du pape, lequel humblement venait solliciter la paix. En présence des cardinaux, qui à Rome l’avaient blessé de leurs dédains, il ne se gêna point de dessiner en caricatures tous ses ennemis de la veille et de proférer tout haut, à cause de leurs travers et de leurs ignorances, des réflexions caustiques, autant plus désagréables aux courtisans de Léon X qu’elles étaient plus justifiées. François Ier l’entourait de respect, et l’appelant « mon père », l’emmenait dans toutes les cérémonies et dans toutes les fêtes.

Léonard de Vinci quitta l’Italie, en 1516, dans l’un des premiers mois, pour n’y plus revenir. François Ier lui offrit pour résidence le château de Cloux, et lui accorda une pension de sept cents écus. Son fidèle Francesco Melzi l’accompagnait, ainsi que son serviteur Battista de Villanis.

François Ier, qui attira les femmes à la cour, une cour galante et lettrée, voulut donner à son royaume la gloire de Léonard de Vinci. Ce dernier, d’ailleurs, entendait bien ne pas rester inactif en sa douce résidence. Cet hôtel du Cloux, qui était situé auprès du château royal d’Amboise, Pierre Morin, trésorier de France et maire de Tours, l’avait, en 1490, vendu à Charles VIII. Plusieurs corps de bâtiments le composaient, et des jardins, des bois, l’entouraient de leurs clartés et de leurs parfums. À peine Léonard y fut-il installé, que, dans le printemps de 1517, le baptême du Dauphin se célébra au château d’Amboise, puis le mariage de Laurent de Médicis avec la fille du duc de Bourbon.

En ces deux occasions, il y eut des fêtes. Et naturellement, Léonard en fut l’organisateur. L’âge n’avait pas éteint les feux magnifiques de son génie. Il put, par ses décorations et ses architectures, charmer les courtisans et le roi. Bientôt, le roi lui confia, pour la cour de plus en plus opulente et nombreuse qui venait sur les bords de la Loire, la mission d’élever un nouveau palais à Amboise. On a retrouvé dans les manuscrits de Léonard un plan accompagné de notes. Sur ce plan, le palais regarde une vaste cour entourée d’un portique ; à droite, est projeté un bassin destiné à des joutes. Les salles du rez-de-chaussée couvrent un large espace, où toute la cour doit pouvoir à son gré se mouvoir et respirer à l’aise. Comme son esprit pratique se préoccupe des conditions, les plus modestes en apparence, du bien-être, il indique la nécessité de nombreux cabinets, pourvus de portes se fermant par contrepoids ; et dans l’épaisseur des murailles il veut insinuer des tuyaux qui permettront aux odeurs mauvaises de s’exhaler bien au-dessus des toits.

Le Clos Lucé (Indre-et-Loire), manoir du XVe siècle où vécut Léonard de Vinci
Le Clos Lucé (Indre-et-Loire), manoir du XVe siècle où vécut Léonard de Vinci

La grande Loire sépare la Beauce de la Sologne : deux terres très différentes de physionomie, de constitution et, si l’on peut dire, de mentalité. La Beauce est un vaste plateau de pierre, contre lequel vient battre le fleuve lourd, et que, depuis son coude d’Orléans, il longe jusqu’aux parages de la mer. La Sologne est une vaste plaine, imprégnée d’eau comme une éponge, hérissée aujourd’hui de bois et de forêts, parsemée de pâturages qui, par l’élève des troupeaux de moutons, assurent la richesse du pays. Au XVIe siècle, la Sologne était couverte de marais insalubres, d’étangs, de landes sablonneuses, mal contenues par des champs de genêts et de bruyères contré les caprices des eaux errantes et les débordements de la Sauldre, du Beuvron et du Cosson.

Léonard, pour assainir ce pays triste et le mettre en communication avec les pays prospères du soleil, présenta au roi de France un projet qui reçut, vers le milieu du XIXe siècle, son commencement d’exécution. Il aurait d’abord desséché les marais en plantant des pins, et marné les terres ; ensuite, il aurait construit un canal se dirigeant de Tours ou de Blois, par Romorantin, jusqu’à la Saône, dans le voisinage de Mâcon.

La réputation de Léonard de Vinci était universelle. De partout, les princes, les seigneurs, les évêques venaient lui apporter leurs hommages, et un peu par curiosité, voir cet homme extraordinaire dont la patrie n’avait jamais su comprendre tout le génie. Le 18 octobre 1516, le cardinal Louis d’Aragon se plut à se rendre du château d’Amboise à l’hôtel du Cloux. Son secrétaire nous a laissé une relation, trop sèche, de cette visite : « Messer Leonardo Vinci, alors âgé de soixante-dix ans, est l’illustre peintre de l’Italie. Il nous montra trois tableaux : l’un, travaillé d’après nature, est le portrait d’une dame florentine, fait sur la commande de feu Julien de Médicis le Magnifique ; l’autre, de saint Jean-Baptiste jeune ; le troisième, de la Madone et de son fils, qui tous les deux s’abritent dans le giron de sainte Anne. Bien que le peintre soit entravé par une paralysie de la main droite, il a produit le trois œuvres parfaites. À présent, la possibilité de peindre l’abandonne ; il continue néanmoins de faire des dessins et surtout d’enseigner ses élèves. Il nous a montré les manuscrits de ses études d’anatomie, assurant qu’il avait étudié plus de trente corps d’hommes et de femmes de tout âge. »

Donc, Léonard, à peine âgé de soixante-quatre ans, en a paru soixante-dix à ses visiteurs. C’est qu’il était vieux, fatigué, ennuyé. La vie, dépourvue d’ambition et de travail, ne pouvait plus intéresser ce grand travailleur. Le désespoir morne de n’avoir pas accompli le quart de ses intentions et de constater son impuissance grandissante, le rongeait chaque jour. La clarté du ciel, des paysages, le laissait sans émotion. Il s’enferma, resta malade pendant plusieurs mois. La mort venait lentement. « Considérant la certitude de sa fin et l’incertitude de l’heure présente », il manda auprès de lui Me Boureau, notaire du bailliage d’Amboise, pour lui dicter ses volontés dernières, le 23 avril 1518, c’est-à-dire plus d’un an avant sa mort.

Léonard de Vinci. Gravure (colorisée ultérieurement) de Nicolas de Larmessin (1695)
Léonard de Vinci. Gravure (colorisée ultérieurement) de Nicolas de Larmessin (1695)

Il y recommande son âme « à N.-S. Dieu Tout-Puissant, à la glorieuse Vierge Marie, à mon seigneur Saint Michel, et à tous les autres anges bienheureux, saints et saintes du Paradis ; item, il veut être enseveli dans l’église Saint-Florentin d’Amboise, et que son corps y soit porté par les chapelains d’icelle ; item que son corps soit accompagné dudit lieu jusque dans ladite église de Saint-Florentin, par le chapitre de ladite église et aussi par le recteur et prieur. Item que soient célébrées dans ladite église trois grandes messes avec diacre et sous-diacre, et que le jour où se diront ces messes, se disent encore trente messes basses à Saint-Grégoire. Item que, dans l’église Saint-Denis, même service que ci-dessus soit célébré ; item dans l’église des frères et religieux mineurs même service. »

Sa santé déclina de jour en jour, et il mourut le 2 mai 1510 dans ce petit château du Cloux, aujourd’hui Clos Lucé. Son nom était adoré en Touraine. L’imagination de ses contemporains voulut orner sa fin d’une lumière de légende. Un tableau de Gigoux montre en effet François Ier le prenant dans ses bras pour recevoir son dernier soupir. Toute une tradition s’est établie autour de cette scène, qu’illustre également une tapisserie des Gobelins et que rapportent plusieurs historiens. François Ier, déchiffrant sur le visage de ses courtisans quelque étonnement de le voir traiter avec tant de considération un homme qui n était point d’une haute naissance, se serait écrié : « Je puis faire des barons et des comtes ; je puis, à ma volonté, créer de très grands seigneurs, mais à Dieu seul appartient le pouvoir de mettre sur terre des hommes aussi véritablement nobles que celui que nous allons perdre. » Magnifique parole, qu’aurait parfaitement pu prononcer ce monarque, protecteur des artistes, mais qu’il faut laisser à la légende.

François Ier n ’a pas assisté à la mort de Léonard : le 2 mai 1519, il se trouvait avec la cour à Saint-Germain-en-Laye, où la reine venait d’accoucher, et plusieurs ordonnances, signées le 1er mai, sont datées de cette ville. Après avoir été exposé pendant trois jours sur son lit de mort, suivant le désir qu’il en avait exprimé. Léonard de Vinci fut inhumé à Saint-Florentin d’Amboise. Singulier privilège : la France, qui garde la dépouille de ce maître miraculeux, est dépositaire de la majeure partie des rares ouvrages picturaux qui nous restent de lui.

Les plus fameux Léonard de Vinci sont au Louvre : la Joconde, la Vierge aux Rochers, le Saint Jean-Baptiste, la Sainte Anne, la Belle Ferronnière, tous ces chefs-d’œuvre baignés d’une si profonde spiritualité... L’artiste, qui cependant dessinait avec une rapidité inouïe, prenait de longs délais pour amener jusqu’à la perfection qu’il souhaitait ses grandes compositions picturales. Il avait employé quatre années pour parachever le portrait de cette Lisa del Giocondo, que François Ier lui paya douze mille livres et qui fit tant parler d’elle quand elle disparut du Louvre. Il établit de nombreuses études préparatoires, et, pour que les séances de pose ne fissent point s’envoler des lèvres de son modèle cet adorable sourire qui fascinait Michelet au point qu’il disait : « Je vais à la Joconde comme l’oiseau va au serpent », il entourait Mona Lisa de chanteurs, de ménestrels et de baladins.

Léonard de Vinci a vécu à une époque privilégiée, où, selon le mot de Taine, jamais la plante humaine ne fut plus riche, à une époque où le génie était un accident si naturel, débordait si plantureusement, qu’il était rare qu’un artiste se contentât d’exercer un seul art, et parmi ces géants, ces héros, ces demi-dieux, il demeure peut-être le plus haut et le plus complet.

 
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