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Histoire du costume, costumes anciens : costume militaire sous Henri II et François II - Histoire de France et Patrimoine

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Mode, Costumes
Variations des costumes depuis les Gaulois jusqu’au XIXe siècle. Histoire du costume, vêtement, coiffures, chaussures. Mode vestimentaire
XVIe siècle (Costume militaire au),
sous les règnes de Henri II et François II
(D’après un article paru en 1853)
Publié / Mis à jour le samedi 16 janvier 2010, par LA RÉDACTION
 

La France fut le premier pays du monde pour la fabrication des armures, tant que l’on n’en connut pas d’autres que les tissus de mailles. Il n’y avait pas d’ouvriers qui pussent égaler ceux de Paris, de Beauvais et de Chambly dans l’art de tréfiler le fer et de le tordre en cette infinité d’anneaux dont l’assemblage formait une étoffe impénétrable.

La supériorité passa aux Allemands lorsqu’on fit les armures en fer plat. Enfin les Italiens imaginèrent de ciseler les pièces du harnais et furent d’abord inimitables dans cette partie de leur invention. La Renaissance amena ce

Henri II en capitaine de chevau-légers. D'après un dessin publié dans les Antiquités inédites de Willemm. Dessin de Chevignard
Henri II en capitaine de chevau-légers. D’après un
dessin publié dans les Antiquités inédites
de Willemm. Dessin de Chevignard

progrès, dont l’idée fut sans doute suggérée par la lecture des poètes de l’antiquité, car rien ne ressemble plus aux armures historiées du seizième siècle que la description du bouclier d’Achille dans l’Iliade, ou celle des armes que Virgile suppose avoir été forgées pour son héros.

C’est aux artistes de Florence et de Milan qu’on doit les dessins des beaux ouvrages en ce genre qui font l’ornement de nos musées. Ils commencèrent à s’introduire en France sous François Ier ; le temps de leur plus grande vogue fut le règne de Henri II. Ce roi, si passionné pour les belles choses, en possédait une merveilleuse collection. Toutes sortes d’armures lourdes et légères, les unes couvertes de personnages, les autres étincelantes de damasquinures, avaient été travaillées pour lui, soit à Milan, soit à Paris, par les mains des deux frères César et Baptiste Lamber, Milanais, qu’il avait fait venir à son service.

Comme il était le plus beau des princes et d’une majesté qui resta proverbiale jusqu’à Louis XIV, il savait porter ces chefs-d’œuvre de façon à en relever encore la magnificence. Aussi son peuple, quoique ayant peu à se louer de lui, ne put-il jamais se rassasier de le voir dans les parades et dans les tournois, qui furent le plus brillant côté de son règne comme aussi le plus funeste pour lui, puisqu’il trouva la mort dans l’une de ces fêtes.

Henri II avec l'armure de tournoi sous laquelle il fut tué, et hallebardier suisse. D'après une gravure du recueil de Perissin et Tortorel. Dessin de Chevignard
Henri II avec l’armure de tournoi sous laquelle il fut tué, et hallebardier suisse.
D’après une gravure du recueil de Perissin et Tortorel. Dessin de Chevignard

Il n’y a pas de plus long travail que celui de la ciselure, surtout exécutée sur le fer. Quand on pense à ce qu’il a fallu de temps et d’habileté pour relever les milliers de figures et d’arabesques qui couvrent une panoplie, et que la main-d’œuvre n’était encore qu’une partie de la dépense, puisqu’il fallait d’abord rétribuer l’artiste de choix par qui on faisait faire la composition, on comprend que de telles armures valaient des fortunes et que les princes ou les généraux d’armées furent les seuls qui purent y atteindre.

Pour le commun des officiers et pour les soldats, il s’introduisit un autre genre de luxe, moins dispendieux, qui consistait en une gravure relevée d’or. On en décorait les morions, corselets et rondaches. Les bandes employées dans le Piémont furent les premières qui se mirent à cette mode, à cause du voisinage de Milan. Lorsque M. de Bonnivet, leur colonel, les amena en France pour réprimer l’insurrection de Guyenne en 1548, elles firent sensation dans l’armée, et, malgré les sorties du connétable de Montmorency contre ce faste qui lui déplaisait, le rêve de tous les soldats qui virent briller au soleil ces armes gravées et dorées fut de s’en procurer de pareilles. Toutefois la guerre avec l’Espagne s’opposa longtemps à ce qu’on pût les faire venir autrement que par contrebande ; et ce ne fut, à bien dire, qu’en 1560 qu’elles devinrent d’un usage général.

Pour le surplus de l’équipement, les troupes restèrent ce que nous les ont montrées les bas-reliefs de Cérisolles, sauf les façons nouvelles de justaucorps, de chausses et de chapeaux, qu’elles empruntèrent aux modes régnantes. On

Archers de la garde du corps (1559), arquebusier de bande et Pistolier (1560). D'après Perissin et Tortorel. Dessin de Chevignard
Archers de la garde du corps (1559), arquebusier
de bande et Pistolier (1560). D’après
Perissin et Tortorel. Dessin de Chevignard

voit par l’une de nos gravures l’uniforme particulier des compagnies de la garde du roi, qui consistait en une saie à l’antique, appelée alors hoqueton. Le nom d’archers était resté aux soldats de ces compagnies quoiqu’ils n’eussent plus d’arcs, mais seulement des hallebardes. Ceux qui portaient le chiffre du roi brodé sur leur hoqueton étaient les archers écossais, conservés depuis Charles VII.

En outre, la cavalerie légère s’augmenta, du temps de Henri II , de deux nouveaux corps, les Argoulets et les Reîtres, dont nous avons à faire connaître la tenue. Les Argoulets étaient des arquebusiers équipés et montés à la façon des Albanais ou Estradiots. Les uns et les autres avaient des manches et gants de mailles, une cotte d’armes sans manches qui leur couvrait le buste, l’épée large au côté et la masse à l’arçon gauche de la selle ; les uns et les autres se ralliaient autour d’une longue banderole portée au haut d’une lance en guise de cornette ; mais tandis que les Estradiots étaient armés de la zagaye, long javelot ferré par les deux bouts, les Argoulets maniaient une courte arquebuse de deux pieds et demi, et pour coucher plus facilement en joue, ils portaient sur la tête un cabasset au lien de la salade à visière dont les autres étaient coiffés.

Les Reîtres étaient des volontaires allemands dont les premiers furent amenés au service de la France par le comte palatin du Rhin, en 1557. Ils n’avaient pas d’acier sur le corps, mais seulement des pourpoints de buffle pour amortir les balles, et contre le mauvais temps, de grosses lourdes casaques qui reçurent elles-mêmes le nom de reîtres. Ils apprirent aux nôtres l’usage d’une petite arme à feu de nouvelle invention, dont la dénomination semblait être à Henri Estienne une des plus grandes bizarreries de notre langue, car voici ce qu’il en dit dans son traité de la Précellence du langage françois :

« L’origine en est merveilleuse et telle que je raconterai. A Pistoye, petite ville qui est à une bonne journée de Florence, se soulaient faire de petits poignards, lesquels, étant par nouveauté apportés en France, furent appelés du nom du lieu, premièrement pistoyers, depuis pistoliers et à la fin pistolets. Quelque temps après étant venue l’invention des petites arquebuses, on leur transporta le nom de ces petits poignards ; et ce pauvre mot ayant été ainsi promené longtemps, en la fin encore a été mené jusqu’en Espagne et en Italie pour signifier leurs petits écus ; et crois qu’encore n’a-t-il pas fait, mais que quelque matin les petits hommes s’appelleront pistolets et les petites femmes pistolettes. »

L’approbation donnée au pistolet par Lanoue et les autres grands capitaines de la même école, fit que l’on mit des escouades de pistoliers dans la plupart des cornettes de mousqueterie à cheval.

 
 
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