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Histoire du costume, costumes anciens : treizième siècle (XIIIe - Histoire de France et Patrimoine


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Mode, Costumes

Variations des costumes depuis les Gaulois jusqu’au XIXe siècle. Histoire du costume, vêtement, coiffures, chaussures. Mode vestimentaire


XIIIe siècle (Costumes du)
(D’après un article paru en 1844)
Publié / Mis à jour le jeudi 7 octobre 2010, par LA RÉDACTION

 

Costume de Philippe-Auguste
La figure de Philippe-Auguste est empruntée au magnifique exemplaire original de l’Histoire des rois de France de Datillet, l’un des plus splendides et des plus précieux manuscrits modernes. Dutillet offrit à Charles IX cette belle transcription copiée sur vélin et enrichie de portraits miniaturés, dont quelques-uns sont des chefs-d’oeuvre. Les peintures étaient toutes exécutées, sinon d’après des monuments authentiques, au moins d’après des monuments originaux.

Philippe-Auguste. Tiré de l'Histoire de France, par Dutillet
Philippe-Auguste.
Tiré de l’Histoire
de France, par Dutillet

Celle de Philippe-Auguste est la copie aussi exacte que possible d’un monument authentique. Il suffit, en effet, de jeter un coup d’oeil sur le sceau de ce prince, gravé dans Montfaucon, et plus fidèlement encore dans le Trésor de numismatique et de glyptique, pour rester convaincu qu’il y a identité complète entre cette représentation et la nôtre : même costume, même trône, même sceptre, même couronne. La charte à laquelle tenait ce sceau fut donnée en la dix-huitième année du règne de Philippe-Auguste (1198). Le roi est représenté assis sur son trône, tenant une fleur de lys de la main droite, et de la gauche son sceptre terminé par une losange qui renferme une fleur de lys.

Philippe Auguste n’a point de barbe, bien que le sceau d’une charte donnée l’an 1113 par Louis-le-Gros, son grand-père, lorsqu’il avait le même âge, nous montre celui-ci barbu ; ce qui amène Montfaucon à penser que c’est Philippe-Auguste qui a introduit parmi nos rois la coutume de ne point porter de barbe. Louis VIII, son fils, dans une charte du mois de février de l’an 1224, n’a point de barbe non plus. Ce qui est certain, c’est que ni saint Louis, ni ses successeurs, jusqu’à François Ier, n’ont porté la barbe. Selon le P. Mabillon, Philippe-Auguste est le premier qui se soit servi de contre-scel. Le sien, sur la charte de laquelle notre figure est tirée, était une fleur de lys.

Un des événements les plus remarquables du règne de Philippe-Auguste, et dont nous représentons une scène à la suite du portrait de ce prince, fut la bataille livrée dans les plaines de Bouvines, près de Cambrai, le dimanche 27 juillet 1214. Une armée française se reposait des fatigues d’une longue marche, et le roi lui-même, la tête nue, était assis à l’ ombre d’un frêne, tout auprès d’une petite chapelle, lorsqu’on lui annonça que la bataille venait de s’engager, à l’arrière-garde, et que les siens commençaient à plier.

Bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214
Bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214

Il prit aussitôt son armure, alla faire dans la chapelle une courte et fervente prière, et puis s’avança à la tête de sa chevalerie, au bruit des trompettes, mêlé au chant des psaumes entonnés par le clergé. On connaît l’issue et les résultats politiques de la bataille de Bouvines.

L’équilibre de la confédération féodale fut brisé, et toutes les seigneuries plièrent sous l’ascendant de la royauté. L’empereur Othon IV prit la fuite, et son étendard tomba aux mains des Français. Le comte de Flandre, Ferrand, qui, dans sa confiance présomptueuse, avait apporté avec lui des liens pour enchaîner les barons de France, fut conduit prisonnier dans la tour du Louvre ; le comte de Boulogne fut enfermé dans le château de Péronne, tandis que Philippe-Auguste retournait triomphant à Paris, au milieu des acclamations et des fêtes.

Costumes du Tiers-Etat, des bourgeois, des religieux
Au treizième siècle, malgré la grossièreté du temps, on consacrait aux choses d’esprit tous les soins d’une industrie élégante ; de là ces manuscrits sur vélin en longs caractères, et tout parsemés de vignettes et d’ornements qui supposent, sinon beaucoup de goût, au moins une grande patience, et qui retracent les scènes principales des manuscrits eux-mêmes. On y retrouve la vie intérieure du temps, quelquefois mieux et plus fidèlement que dans les histoires de chevalerie. Les poésies contemporaines contiennent aussi de curieux détails sur le luxe de cette époque, ainsi qu’on le voit dans les vers suivants, tirés du Lai de Gugemer, par Marie de France, poète anglo-normand du treizième siècle :

Enmi la nef trovat un lit,
Taillez à or tut à triffure
De cifres è de blanc ivoure ;
D’un drap de seie à or teissu
Est la colte ki dessus fu.

(Dans le bâtiment se trouvait un lit
enrichi de dorures, de pierres précieuses,
de chiffres en ivoire,
et la couverture était
d’un drap de soie tissu d’or.)

Des enseignements pleins d’intérêt à cet égard nous ont été également conservés et transmis par les vitraux coloriés des églises. Ceux de la cathédrale de Chartres ne se recommandent pas seulement à la curiosité de l’antiquaire par de précieuses suites de tableaux religieux ou de personnages historiques ; on y rencontre en outre une foule de scènes familières, de petits tableaux de moeurs et d’industrie, qui peuvent fournir d’utiles indications sur les usages domestiques et l’état des arts au Moyen Age.

Bourgeois et bourgeoise. Tirés du manuscrit des Miracles de saint Louis.
Bourgeois et bourgeoise.
Tirés du manuscrit
des Miracles de saint Louis.

Les sceaux du temps donnent aussi une idée du costume ; celui du Tiers-Etat est exactement reproduit par le sceau de la commune de Nîmes, en l’an 1226, représentant quatre habitants de cette ville. Deux sont en robe longue ; le manteau de l’un descend jusqu’à terre, tandis que celui de l’autre est court, ouvert par côté comme une chasuble, au haut de laquelle est une chausse : les robes des deux suivants se terminent au-dessous du genou ; le dernier enfin, au lieu de chausse, porte un petit manteau agrafé comme une chlamyde. Tous ont les cheveux très courts, mais deux seulement ont une longue barbe.

Un des costumes bourgeois que nous publions est celui de Renaud de Saint-Vincent, bourgeois de Senlis, dont la tombe existait encore dans l’abbaye de Chalis à la fin du XVIIIe siècle. Ce costume se compose d’une longue tunique à manches fendues, pour donner passage aux bras, et par-dessus un manteau. Son chaperon ou chapel est remarquable par sa forme.

Le bonnet ou barrette était, ainsi que l’aumusse, commune aux prêtres et aux laïques. Les statuts manuscrits de la ville de Marseille contiennent même des règlements sur le prix de ces ornements. Le bonnet ressemblait à une espèce de toque, mais plus large, plus évasée par le haut que par le bas ; celui des juifs se distinguait par une corne dont il était surchargé.

Costumes des femmes et des enfants
Au treizième siècle, les femmes portaient, à l’imitation des hommes, des cheveux courts partagés en deux masses tombant de chaque côté du visage et légèrement bouclés ou bien encore réunis sur les oreilles eu deux touffes nattées ou renfermées dans un réseau. Les riches bourgeoises avaient pour vêtement la robe justaucorps, parfois ornée d’une riche ceinture, le surcot ou le mantel fourré. La coiffure était le chaperon, le béguin et le voile.

Blanche de Castille et Marguerite de Provence. D'après Montfaucon.
Blanche de Castille et Marguerite
de Provence. D’après Montfaucon.

Le surcot, vêtement féminin dont l’usage devint presque universel, était, à son origine, un long surtout, une espèce de fourreau que l’on passait par-dessus la cotte ou la robe, d’où son nom surcotte, surcot. Bientôt on en retrancha les manches, soit à l’imitation des cottes d’armes des chevaliers, soit pour laisser apparaître par quelque endroit la robe de dessous. Il fut en outre retroussé sur les hanches pour donner plus d’aisance à la marche et laisser voir la robe d’étoffe plus riche qu’il recouvrait. Plus tard, on le découpa autour des ouvertures des bras, de manière à laisser voir la taille à travers ; on le borda, on le cuirassa de fourrures, et on le décora chez la noblesse d’un jupon armoiré.

Pendant tout le Moyen Age, on emmaillotta les enfants de manière à priver totalement ces petites créatures de l’usage de leurs membres, en les étreignant sous un réseau de bandages entrecroisés.

Costumes des hommes et des guerriers
La chevelure des hommes, assez courte, se partageait sur le front, et tombait des deux côtés du visage, en deux masses épaisses qui s’arrondissaient en S ; quelquefois on laissait un bouquet de cheveux touffus et roulés au haut du front. Les hommes portaient aussi un ample surtout ou surcot, car ce vêtement était commun aux deux sexes : il était garni d’un capuchon, appendice dont l’usage fut universel au treizième siècle, et qui ne dispensait pas toujours de porter une coiffure particulière. Les manches du surcot, qu’on élargissait, qu’on fendait ou qu’on supprimait suivant le caprice de la mode, laissaient voir la robe de dessous, ou la gonne, comme on l’appelait. La chaussure, ordinairement de couleur noire et serrée au-dessus du cou-de-pied, commençait à s’effiler en pointe, à se dessiner en poulaine.

Henri de Metz recevant l'oriflamme. D'après Montfaucon.
Henri de Metz
recevant l’oriflamme.
D’après Montfaucon.

Les guerriers, portant la simple coiffe de fer ou cabasset, étaient encore vêtus du haubert complet ; mais ils portaient déjà des grevières de plates, première pièce par laquelle on préluda à l’usage de l’armure en fer battu. Les chevaliers, vêtus du haubert et de la cotte à mancherons déchiquetés, présentaient pour particularité curieuse le petit capot, qui avait pour but de mettre la tête à l’abri des froissements du camail. Les chausses de mailles, ouvertes à la partie postérieure des jambes et jusque sous les pieds, se laçaient ou s’attachaient en cet endroit, pour permettre de les chausser et les déchausser avec plus de facilité.

Henri de Metz, maréchal de France du temps de saint Louis, était représenté dans les vitraux de Notre-Dame de Chartres, recevant l’oriflamme de la main de saint Denis. Cette oriflamme est une bannière rouge au haut d’une fine pique. La bannière est divisée au milieu en plusieurs longues pointes qui flottent dans l’air. Le maréchal est maillé depuis la tête jusqu’à la plante des pieds. Il a son chaperon de mailles rabattu sur Ies épaules, pour le mettre sur sa tête dans les combats. Ses bras et ses mains sont aussi maillés, en sorte pourtant que les doigts y sont distingués l’un de l’autre comme dans un gant. Au-dessus des mailles, le maréchal porte une tunique sans manches, qui représente son blason d’azur à la croix ancrée d’argent, traversée d’un bâton de gueules.

Willemin, dans son ouvrage des monuments français inédits, a reproduit quelques costumes de cette époque, dessinés au simple trait, et empruntés à un recueil extrêmement singulier et digne de l’intérêt particulier des artistes. C’est l’album, le calepin d’un artiste du treizième siècle, Wilars de Honnecort, qui a déposé sur ses pages toutes les fantaisies de son imagination, toutes les acquisitions de son savoir. On y trouve des sujets pieux, des scènes domestiques, des modèles d’architecture, des problèmes de géométrie.
La figure de saint Louis revêtu des habits royaux a été reproduite par Montfaucon, d’après un vitrail d’une chapelle de la Vierge, derrière le choeur de l’église de Saint-Louis de Poissy. Ce vitrail, qui paraît avoir été fait longtemps après la mort de saint Louis, représentait le sacre de ce prince, et portait l’inscription suivante : « l’an de grâce mil deux cens vingt-six, fut oingt et sacré monseigneur sainct Loys, dans l’eglise de Nostre Dame de Reims par très-reverend père en Dieu messire Jaques de Basoches, evesque de Soissons, le premier dimanche des Advents, en presence du roy d’AngIeterre et des princes frères du roy nostre sire, dont moult fut grande joye. »

Saint Louis en costume royal. Tiré d'un vitrail de l'église de Saint-Louis de Poissy.
Saint Louis en costume royal.
Tiré d’un vitrail
de l’église de
Saint-Louis de Poissy.

L’auteur de l’inscription s’est mépris en disant le roi d’Angleterre fut présent au sacre ; il n’était point en France en ce temps-là, et aucun historien n’a dit qu’il fût venu à cette cérémonie. Le jeune roi, assis, porte une couronne à fleurons ; il tient de chaque main un sceptre d’or ; son manteau de couleur d’azur est chargé de fleurs de lys également d’or.

Ce n’est guère qu’au treizième siècle que l’on commence à voir des effigies royales avec le manteau attaché par devant, à l’aide d’une agrafe ou d’une longue torsade, de façon à couvrir l’une et l’autre épaule. Toutefois par respect pour l’usage ancien, le manteau du sacre continua toujours de s’agrafer sur l’épaule droite : c’étaient les femmes qui portaient le manteau sur les deux épaules. Simple, mais avec goût, Louis IX était vêtu habituellement à peu près comme un bourgeois. « Aucune fois il venoit au jardin, dit Joinville, une cotte de chamelot vestue, un seurcot de tyreteine sans manche, un mantel de sandal noir autour du col, moult bien pigné, et sans coiffe, et un chapel de paon blanc sur sa tête. Aucune fois il étoit vestu d’une cotte de sandal inde, d’un seurcot et d’un mantel de samit vermeil, et d’un bonnet de coton sur sa tête, qui moult lui messied. »

Un troubadour et un page, du temps de saint Louis. Tirés du manuscrit des Miracles de saint Louis.
Un troubadour et un page,
du temps de saint Louis.
Tirés du manuscrit des
Miracles de saint Louis.

C’était l’usage qu’aux fêtes de Noël les seigneurs donnassent des habits pour étrennes à tous les gentilshommes attachés à leur service. D’après cette coutume, on désignait communément les fêtes de Noël par le nom de jour des robes neuves. Le roi fit préparer un nombre plus considérable de ces vêtements, et sur l’épaule de chacun il fit secrètement coudre la croix.

Il invita ses courtisans à assister à la messe avec lui avant le jour ; chacun reçut à la porte le manteau que lui faisait donner le roi, et s’en revêtit sans apercevoir, dit-on, le symbole dont il était orné. Quand les premiers rayons du jour pénétrèrent dans la chapelle, les courtisans virent pour la première fois sur l’épaule de leurs voisins un signe qu’ils ne savaient point encore porter aussi sur la leur. « Ils s’étonnent en se moquant, dit Matthieu Pâris, et ils apprennent enfin que le seigneur roi les avait ainsi pieusement attrapés... Comme il aurait été indécent, honteux et même indigne de déposer ces croix, ils mêlèrent leurs rires à l’effusion de beaucoup de larmes disant que le seigneur roi des Français allait à la chasse aux pèlerins ; qu’il avait trouvé une nouvelle manière d’enlacer les hommes. »

Le roi de France annonça qu’il se mettrait en route de Paris le vendredi après la Pentecôte (19 juin 1248). Ce jour venu, Louis alla prendre à Saint-Denis le bourdon et la bougette, signes du pèlerin. « De celui jour, dit Guillaume de Nangis, il ne voulut plus revêtir robe d’écarlate, ni de brunette, ni de vair ; plutôt revêtoit robe de camelin de noire couleur, ou de pers (bleu foncé), et il n’eut plus éperons d’or, ni étriers ni selle dorée ; mais simples choses blanches voulut avoir et user dès lors pour sa chevauchure. »

Pendant le Moyen Age, les tissus précieux et surtout les soieries dont se paraient les princes, la haute noblesse et le clergé, étaient fabriqués en Asie, et ce fut principalement au commerce de ces vêtements de luxe que Venise dut ses richesses. Sous le règne de saint Louis, on vit moins de manteaux mais on continua de se servir de la robe longue, tantôt à manches larges ou étroites, tantôt sans manches ; quelquefois celles de l’habit de dessus étaient en partie pendantes sous le coude, et laissaient l’avant-bras avec la chemise seule. La robe se terminait cinq à six doigts au-dessus du pied. Celle des femmes, qui descendait jusqu’à terre, était assez juste par le haut et le bas. Cette ampleur dans la robe des hommes était parfois disposée de manière qu’ils paraissaient porter une jupe. D’autres avaient un habit ouvert par devant comme une soutanelle.

Seigneurs et princesse du temps de saint Louis. D'après Maillot et Martin.
Seigneurs et princesse du temps
de saint Louis.
D’après Maillot et Martin.

Les dames varièrent beaucoup leur costumes. Les unes se coiffaient d’un voile ; les autres d’un chaperon sur la guimpe ; celles-ci, de l’énorme frisure appelée, vers l’an 1766, à la grecque ; celles-là d’un chapel d’où tombait par derrière un petit voile. Les cheveux étaient tantôt courts et négligés, tantôt en queue et nattée. On trouve sur certains monuments quelques singularités de costume : par exemple, la statue d’Isabeau de Navarre, fille de saint Louis, porte une robe ouverte et boutonnée depuis le genou jusqu’à terre. Blanche, autre fille de saint Louis, est vêtue d’une simarre sans manches, ouverte par devant et par côté. Son petit bonnet n’a pour tout ornement que quelques perles au-dessus de l’oreille ; outre un double collier de pierreries, son cou est orné de deux chaînes d’or qui tombent jusqu’au bas de sa poitrine. La robe de Jeanne, comtesse de Toulouse en 1249, est traînante, très décolletée et doublée d’hermine : les manches amples et longues descendent jusqu’à terre.

Alix, qui par son mariage, en 1212, avec Pierre de Dreux, descendu de Louis-le-Gros et cousin de Philippe Auguste, porta la Bretagne dans cette branche de la maison de France, était représentée, sur les vitraux de Notre-Dame de Chartres, à genoux mains jointes. Cette princesse porte deux tuniques ; celle de dessus est empreinte du blason de son époux, un échiqueté d’or et d’azur, au canton d’hermine. Ses épaules sont couvertes d’un ample manteau. Un voile, qui lui passe sous le menton, retient sa coiffure. Près d’elle est son second fils, Arthus, revêtu d’une tunique absolument semblable à celle de sa mère.

Alix et Arthus de Bretagne ; costumes d'homme et de femme à échiquier. D'après les vitraux de Notre-Dame de Chartres.
Alix et Arthus de Bretagne ; costumes
d’homme et de femme à échiquier.
D’après les vitraux de
Notre-Dame de Chartres.

Dans le roman du Chastelain de Couci et de la Dame de Fayet, on lit une description de la toilette de la noble dame :

La dame s’est tost acesmée
Car belle dame est tost parée...

« La dame s’est tout de suite habillée, car belle dame est bientôt parée. Un cercle d’or, qui lui seyait bien, retenait ses blonds cheveux. Elle était coquettement vêtue d’une robe courte et légère, qui lui donnait de la grâce et de l’aisance. »

Ce fut vers l’an 1230 que les armoiries commencèrent à devenir héréditaires ; on en décorait les boucliers, les cottes d’armes, les caparaçons qui, descendant jusqu’à terre, ne laissaient que la tête du coursier à découvert, et souvent même la couvraient entièrement. On commença également, sous le règne de saint Louis, à ceindre par-dessus la cuirasse l’écharpe blanche, qui depuis caractérisa les chevaliers français. Henri III et Charles IX n’en prirent d’une autre couleur, que parce que celle de Henri de Navarre était blanche ; celle de Charles IX et ses livrés étaient rouges.

A cette époque aussi, la chasse aux oiseaux de proie paraît avoir atteint son plus haut degré de splendeur. Les fauconniers portaient tous le surcot avec ou sans manches, avec ou sans capuchon. Les insignes de leurs fonctions étaient principalement le large gant à la main gauche pour porter l’oiseau et la petite gibecière à la ceinture pour contenir l’arroi (l’attirail) du chasseur et la pâture du faucon.

ergents d'armes. D'après Mifliez
Sergents d’armes. D’après Mifliez.

Les rois de France ne commencèrent à avoir une garde particulière que dans le treizième siècle, et son origine se trouve dans les sergents d’armes institués sous Philippe-Auguste, à l’occasion du danger qu’il avait couru à la bataille de Bouvines. Les sergents d’armes furent d’abord tous gentilshommes. Leurs armes étaient non seulement la masse d’armes (massue d’airain ou d’acier), mais encore l’arc et les flèches. Il est dit dans un statut de l’an 1285 : « Ils porteront toujours leurs carquois pleins de carreaux. » C’était une espèce de flèche ainsi appelée, parce que le fer en était carré. Quand ils étaient de garde auprès de la personne du roi, ils étaient armés de pied en cap. Un des sergents que nous représentons est armé ainsi ; il n’a qu’un cabasset ou casque léger. On appelait aussi cette espèce de casque pot-en-tête, bourguignotte et bassinet. Le voile rejeté par derrière et qui le couvre en partie, s’appelait cornette au temps de Charles VII. L’autre sergent n’est pas revêtu de son armure, et est représenté en costume de cérémonie ; il a une casaque à grandes manches dentelées, avec un collier ou chaîne qui lui descend sur la poitrine, et de longues chausses terminées à l’extrémité du pied par ces pointes nommées poulaines, qui prirent naissance sous Phillippe-le-Bel.

Pendant le règne de ce prince, la garde bourgeoise de Paris portait la jaque de mailles et le cabasset. Les chevaliers avaient ordinairement deux épées, dont une attachée à la selle du cheval ; en servant le roi à table, ils étaient chaussés de bottines rouges, avec des éperons d’or, au lieu que les bottines des écuyers étaient blanches et leurs éperons d’argent.

Un manuscrit de l’an 1280, conservé à la bibliothèque de Toulouse, montre les figures d’Esauret et de Pons, comtes de Toulouse. Le costume d’Esauret se compose d’un corselet en fer, de manches longues pendantes et doublées d’hermine, de longues chausses jaunes et d’un chaperon ou bonnet quadrillé fort curieux ; celui de Pons, d’un corselet vert, de longues chausses rouges, d’un ample manteau jaune, doublé d’hermine et drapé avec élégance, et d’un chaperon d’une forme bizarre, mais assez commun dans les manuscrits de cette époque.

Le luxe, à la fin du treizième siècle, était toujours la passion dominante des Français ; l’or et les pierreries étincelaient avec profusion sur leurs habits jusque sur les harnais de leurs chevaux. Dans les fêtes, les enfants de Louis IX avaient la tête parée d’un cercle d’or. Au mariage de Philippe III, les hommes étaient vêtus d’écarlate, les dames de drap d’or à grands dessins, « d’un samit pourtrait à oiseaux, qui était tout à or battu », comme disent les chroniqueurs. On se paraît de ceintures de fermail et de chapels d’or. Le luxe des bourgeoises égalait celui des princesses. Philippe-le-Bel, par un des articles d’une loi somptuaire de 1294, défendit aux bourgeoises, aux écuyers, aux simples clercs, et à tout roturier d’avoir des chars, de se faire accompagner la nuit avec des torches de cire, et de porter ni menu-vair, ni hermine, ni or, ni pierreries, ni couronne d’or ou d’argent.

 
 

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