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Histoire du costume, costumes anciens : mérovingiens, mérovingien, Francs - Histoire de France et Patrimoine


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Mode, Costumes

Variations des costumes depuis les Gaulois jusqu’au XIXe siècle. Histoire du costume, vêtement, coiffures, chaussures. Mode vestimentaire


Ve au VIIIe siècle (Costumes du). Francs
sous la dynastie mérovingienne
(D’après un article paru en 1842)
Publié / Mis à jour le lundi 18 janvier 2010, par LA RÉDACTION

 

Au commencement du cinquième siècle, après l’arrivée des Barbares, tout changea de face dans la Gaule. Ce ne fut plus cette contrée florissante qui égalait presque l’Italie par sa civilisation, son luxe et sa culture intellectuelle, mais un champ de désolation et de carnage. Une foule confuse venue de tous les points du Nord, les Sicambres, les Suèves, les Sarmates et tant d’autres se mêlèrent aux Gaulois qui avaient échappé aux massacres, et il en résulta la plus bizarre variété dans les armes et dans la manière de se vêtir. Mais de ces nouveaux maîtres du sol que nous habitons les Francs étant ceux qui finirent par fonder leur domination exclusive, nos recherches auront particulièrement pour objet les armes et les costumes qui leur étaient propres.

Costumes francs, quatrième siècle. Groupe composé par Wattier, d'après divers monuments.
Costumes francs quatrième siècle.
Groupe composé par Wattier,
d’après divers monuments.

Ces barbares, au rapport de Tacite et de Sidoine Apollinaire, avaient, comme les Germains, la taille élevée, les cheveux blonds, les yeux bleus et étincelants, la voix forte, l’air farouche, le corps d’une grande blancheur. C’était une race audacieuse, prompte, indomptable, aimant le danger. Pasteurs et guerriers, ils conduisaient devant eux avec leurs lances de grands troupeaux ; le laitage était leur nourriture accoutumée. L’été, ils habitaient des huttes ; l’hiver, des souterrains.

Costumes d’hommes
Les Francs, à l’imitation des Germains, n’avaient pour habits qu’une chemise de lin, un petit manteau carré, et une saie en peau pour les temps froids. Les chefs et les riches, pour se distinguer, prirent des habits étroits et de grands manteaux. Quand ils s’établirent dans la Gaule, les Francs portaient, les uns la veste et le caleçon à pli de corps, les autres la culotte très juste, de laine ou de lin, venant de la ceinture au jarret, et la veste à pli de corps, n’ayant que des bouts de manches et se fermant à l’aide de boutons ou d’agrafes.

On mettait par-dessus ce vêtement un grand manteau fait de deux pièces carrées descendant à terre par derrière, un peu moins bas par devant, et seulement aux genoux par les côtés ; quelquefois ils étaient bordés ou doublés de fourrure. Les Francs du Nord faisaient leurs habits en peau. Pendant les grandes chaleurs, ils sortaient avec le caleçon seulement, ou bien nus, mais toujours armés. Ils se couvraient la tête d’un chaperon ou mortier, ou même du bardoculle. Leurs bottines, garnies de poils hérissés, étaient pointues, ainsi que leurs souliers ; ils les fixaient avec des bandes d’étoffes de même couleur que leurs vêtements, et qu’ils croisaient autour de la jambe.

Quand les Francs eurent à leur tour soumis la Gaule, ils adoptèrent, comme les Gaulois, le costume latin. Chez eux, le luxe était peu connu du peuple ; ce fut au contraire pour les grands une passion violente et une source de crime. Ils mettaient tout leur mérite dans la possession d’un riche trésor, composé d’habits magnifiques, d’ornements, d’armes et de bijoux très précieux. Si, dans la vie privée, les habits étaient parfois simples, dans les cérémonies, l’or, les perles, les rubis et les saphirs, employés avec profusion, depuis le chaperon jusqu’à la chaussure, brillaient sur des étoffes de soie des plus vives couleurs, parmi lesquelles le bleu, le blanc et le pourpre étaient les plus recherchées. Pour les fourrures, on préférait celles en loutre, en hermine et en martre zibeline.

Un Chef de Francs, d'après Montfaucon.
Un Chef de Francs, d’après Montfaucon.

D’après le moine de Saint-Gall , les ornements des anciens Francs, quand ils se paraient au huitième siècle, étaient des brodequins dorés extérieurement, retenus par des bandelettes longues de trois coudées ; par-dessous, des chausses de lin d’une seule couleur, mais d’un travail précieux ; ensuite, une tunique de toile très fine. Un baudrier soutenait l’épée enfermée dans une enveloppe qu’on enduisait d’une cire brillante et durcie.

Par-dessus les autres vêtements, ils portaient un manteau blanc ou bleu de saphir, double, à quatre pointes, et coupé de manière qu’étant attaché aux épaules, il retombait derrière et devant jusqu’aux pieds, et des deux côtés ne descendait qu’aux genoux. Dans la main droite, ils tenaient un long bâton de pommier, marqué de noeuds symétriques, et surmonté d’une boule d’or et d’argent, ornée de riches ciselures.

Les différentes classes de la société étaient alors distinguées, non seulement par la richesse, mais aussi par l’ampleur, l’étoffe et les bordures de la chlamyde, dont la forme était déjà sensiblement altérée vers la fin du septième siècle. La soie était exclusivement réservée aux princes et aux personnages de la plus haute distinction ; le camelot et la bure étaient à l’usage de la bourgeoisie et du peuple.

Cinquième siècle. Femme riche, d'après Montfaucon.
Cinquième siècle. Femme
riche, d’après Montfaucon.

Costumes de femmes
Les femmes des Francs, en général assez belles, avaient une taille élégante et souple. Une simple chemise de lin très longue, fixée par deux ceintures, l’une sous le sein, l’autre sur les hanches, laissant presque toujours à nu les bras et la poitrine, et parfois ornée de bandes de pourpre, formait toute leur parure.

Plus tard, les femmes riches portèrent une longue robe, de tissu précieux, parfaitement juste au corps depuis le cou jusqu’aux hanches ; de là, elle s’élargissait progressivement jusqu’en bas, où elle formait une foule de plis que l’on faisait un peu draper par devant ; souvent elle laissaient le col à découvert. Les manches étaient longues et étroites, et parfois garnies de bandes de couleur. On ornait cette tunique de deux riches ceintures ; celle des hanches se nouait très bas et laissait pendre les extrémités presque jusqu’à terre. La chaussure et le manteau étaient semblables à celui des hommes.

Les jeunes filles allaient nu tête ; les femmes se couvraient la tête d’un chaperon, ou d’une coiffe de lin plissée et tombant en draperie sur le col, ou bien d’un voile descendant plus bas que les genoux. Leurs oreilles et leur cou étaient ainsi cachés à la façon des religieuses. Leurs longs cheveux, qu’elles teignaient aussi, étaient partagés sur la tête, croisés en tresses ou cordés avec des rubans, et tombaient par devant, de chaque côté du visage.

Dans les premiers temps, les femmes franques paraissaient souvent dans la mêlée, vêtues de robes noires, les cheveux couronnés de genet fleuri, maniant la lance avec adresse, et animant les guerriers par leurs regards et leurs discours.

Costumes guerriers
Les Francs, en Germanie, n’avaient point de soldats ; c’était la nation qui marchait à la guerre. Les femmes conduisaient leurs enfants, suivaient leurs maris, pansaient leurs blessures, et combattaient au besoin.

Soldat normand, d'après un manuscrit de Strutt.
Soldat normand, d’après
un manuscrit de Strutt.

Tous les hommes en état de porter les armes devaient prendre part au combat, où les uns allaient nus, les autres à demi couverts de la dépouille des bêtes féroces, et le plus petit nombre avec des vêtements courts et serrés qui prenaient exactement la forme du corps. Le jeune guerrier portait au bras un anneau de fer, et ne le quittait qu’après une belle action qu’on appelait la rançon du brave.

Vers le septième siècle, on portait beaucoup de cottes de mailles souvent par-dessus une saie de drap, et des bardocuculles en drap ou en cuir. Les chefs seuls avaient des casques et des cuirasses, où étaient parfois attachées des appendices en écailles de fer ou de cuivre. Seuls aussi, ils montaient des chevaux harnachés comme une de nos gravures le représente (voir plus haut, le Chef des Francs). Les casques étaient ornés de perles, de pierreries, de crinières ou de queues de chevaux teintes en rouge.

Soldat sous Charles Martel, d'après Montfaucon.
Soldat sous Charles Martel,
d’après Montfaucon.

La figure représentant un soldat normand ou saxon combattant, est du septième siècle, d’après Strutt, et tirée d’un manuscrit qui est en Angleterre ; elle permet de juger des changements que les armes des Francs ont pu subir pendant l’espace de deux ou trois cents ans.

Au huitième siècle, la France n’était guère encore qu’un vaste camp, où chaque guerrier avait, pour ainsi dire, ses armes particulières. Charles Martel améliora beaucoup sa redoutable infanterie : presque tous les soldats avaient des hauberts ; afin qu’ils résistassent mieux aux cavaliers arabes, il leur donna de longues lances, et leur fit faire des casques formés de quatre feuilles de fer triangulaires et assemblées par des clous (gravure ci-contre). Sous Pépin, tous les leudes des comtes et des ducs étant à cheval, la cavalerie devint plus nombreuse.

ARMES DES FRANCS A, la Francisque. B, l'Angon. C, la Cotue. D, la Framée. E, la Spatha.
ARMES DES FRANCS
A, la Francisque. B, l’Angon.
C, la Cotue. D, la Framée.
E, la Spatha.

Armes des Francs
Les armes des Francs étaient : la spatha, épée longue et très lourde, suspendue à gauche par un baudrier ou au ceinturon, et dont le fourreau était garni d’étoffe blanche et luisante, arrêtée par des courroies ; la framée, lance à fer court et tranchant, mais assez fort et assez acéré pour qu’on pût s’en servir, à l’occasion, de près ou de loin ; la francisque, qui se lançait de près, hache à manche court et à deux tranchants ; la fronde ; le maillet ; l’angon, petite lance ou javelot qui se dardait de loin, et dont le fer à deux crochets ressemblait à une fleur de lis ; enfin la cotue, espèce de masse d’armes, lourde et pesante qu’ils jetaient au milieu des bataillons ennemis, et qui écrasait tout par son poids énorme.

Leurs boucliers de bois ou d’osier, et couverts d’une forte peau, étaient peints de brillantes couleurs et quelquefois garnis de fer. La perte du bouclier était suivie du plus grand déshonneur. Les chefs avaient presque seuls des casques surmontés de queues de cheval teintes ou de quelques figures hideuses. Ils avaient pour enseignes des animaux féroces ; Clovis y substitua la chape de saint Martin de Tours.

Chevelure
Au temps de Tacite, l’usage des longs cheveux n’appartenait, entre tous les peuples germains, qu’aux Suèves. Ceux-ci relevaient leurs cheveux par devant, par derrière, par les côtés, et les ramenant sur le sommet de la tête, en formaient un ou plusieurs noeuds. Les Francs adoptèrent d’abord cette mode ; mais à leur entrée dans les Gaules, ils l’avaient abandonnée. Le goût national voulait que le derrière de la tête fût entièrement rasé ; que les cheveux de devant tombassent sur le front, et que ceux des côtés descendissent le long des joues jusque sur les épaules. Pour se rendre plus formidables dans les combats, les Francs peignaient, comme les anciens Gaulois, leurs cheveux avec une composition d’un rouge très ardent. Leurs lèvres s’ombrageaient de longues moustaches ; les grands seuls portaient la barbe.

 
 

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