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Histoire du costume, costumes anciens. Attrait d'une belle gorge. Séduction et beauté féminine, décolletés, décolletage - Histoire de France et Patrimoine

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Mode, Costumes
Variations des costumes depuis les Gaulois jusqu’au XIXe siècle. Histoire du costume, vêtement, coiffures, chaussures. Mode vestimentaire
Gorge saillante : indispensable attribut
matérialisant la beauté féminine ?
(D’après « Mode et beauté », paru en 1902)
Publié / Mis à jour le vendredi 7 février 2014, par LA RÉDACTION
 
 
 
Où l’on rappelle qu’une belle gorge « est un attrait enviable et qui attire tout de suite les regards du sexe irrespectueux », et qu’un tel attribut sut inspirer les esprits malicieux toutes époques confondues...

Louis XV avait envoyé le marquis de la Fare au devant de sa belle-fille, la princesse de Saxe, Marie-Josèphe — qui épousa en 1747 Louis, dauphin de France. L’ambassadeur extraordinaire vint rendre compte de sa mission. Le roi lui demanda :

« Et ma belle-fille, comment est-elle ? — Sire, j’ai trouvé Son Altesse fort bien ; elle a de grandes manières, un air fort distingué, de très belles mains, etc. — Ta, ta, ta, interrompit le roi, est-ce là ce que je vous demande ? A-t-elle de la gorge ? — Ah ! sire, répondit La Fare en balbutiant, je n’aurais jamais osé porter mes regards jusque-là. — Oh bien ! Monsieur le marquis, répliqua Louis XV, vous êtes un nigaud, la gorge est toujours la première chose qu’il faut regarder chez une femme. »

Certes, Louis XV était un connaisseur, mais il nous sera permis de dire qu’il exagérait, enchaîne la journaliste. Nous ne méconnaissons pas qu’une belle gorge soit un attrait enviable et qui attire tout de suite les regards du sexe irrespectueux. Mais prétendre comme Louis XV et comme ce pauvre Armand Silvestre que c’est là que doivent se porter d’abord les yeux de l’homme, cela équivaudrait à dire qu’une femme ne saurait plaire sans avoir une gorge saillante et cela serait vraiment trop matérialiser la beauté, poursuit-elle.

Marie-Josèphe de Saxe. Peinture de Jean-Marc Nattier (1751)
Marie-Josèphe de Saxe. Peinture de Jean-Marc Nattier (1751)

Pourtant la gorge a de tout temps exercé une grande séduction. Les historiens romains nous rapportent que l’impératrice Messaline, quand elle allait assouvir ses goûts d’insatiable luxure dans les bouges de Suburre, mettait une chemisette de fin lin disposée de façon à faire épanouir dans toute son ampleur la gorge qu’elle avait liés belle.

Actuellement aucun de nos romanciers ne manque dans les portraits de leurs héroïnes de nous qualifier leur gorge : gorge naissante, gorge de lys, gorge d’albâtre pour les jeunes beautés, gorge ravissante, séduisante, voluptueuse pour les beautés accomplies, gorge volumineuse, puissante, énorme pour les beautés sur le retour.

Le décolletage des soirées est comme une exposition dans laquelle à côté de beaucoup d’œuvres de maître, il y a des médiocrités et même des croûtes, confie notre chroniqueuse. L’esprit malicieux des hommes s’est souvent exercé contre ces expositions souvent peu opportunes.

Vous connaissez le trait de Voltaire. Une vieille marquise s’était présentée chez lui très décolletée. Le voyant jeter les yeux sur sa poitrine, elle lui dit en minaudant : « Eh quoi ! Monsieur de Voltaire, à votre âge, vous regardez ces petits coquins ? — Ah ! Madame, répliqua le malin vieillard, ces petits coquins sont bien les plus grands pendards que je connaisse ! »

Alexandre Dumas fut plus cruel encore. Un soir, errant dans les coulisses du Gymnase, il causait avec une actrice très spirituelle, très vive, très prompte à la riposte, mais surtout très maigre. Tout à coup, il lira de sa poche une carte de visite et la laisse tomber dans le corset de l’actrice. « Que faites-vous, Monsieur Dumas ? dit l’artiste en minaudant. — Mademoiselle, répondit l’écrivain, quand je vais chez quelqu’un et que je ne trouve personne, je laisse mon adresse. »

La célèbre Mme Comuel, dont l’esprit était fameux au temps de Mme de Sévigné, racontait elle-même avec bonne humeur une aventure à elle arrivée. Des voleurs avaient attaqué un soir son carrosse dans un des faubourgs de Paris ; l’un d’eux pénétrant dans la voiture commença par lui mettre la main sur la gorge, mais elle lui repoussa le bras sans s’effrayer, en lui disant : « Je le regrette, mon ami, mais vous n’avez que faire là, je n’ai ni perles, ni tétons. »

Ce n’était pas le cas de la duchesse de Lauzun qui figurant, un soir, dans un bal travesti, déguisée en boulangère, inspira au chevalier de Boufflers un madrigal dont voici les quatre derniers vers :

Charmante boulangère,
Que j’aime la tournure
Des petits pains au lait,
Que la simple nature
A mis dans ton corset.

 
 
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