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Péquin. L'étymologie des mots de la langue française. Origine, racines - Histoire de France et Patrimoine


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Savoir : Mots, Locutions

L’étymologie de mots et l’origine de locutions de la langue française. Racines, évolution de locutions et mots usuels ou méconnus


Péquin
Publié / Mis à jour le vendredi 1er juin 2018, par LA RÉDACTION

 
 
 
Terme d’argot dont usaient, sous Napoléon Ier, les militaires pour désigner les bourgeois, il s’est conservé depuis et sert, par extension, à qualifier un homme quelconque

Dans son Histoire de la formation de la langue française, J.-J. Ampère avait proposé paganus, païen, pour étymologie de ce mot, ce qui n’avait rien d’invraisemblable, puisque l’on trouve dans Quicherat : « Paganus : Paysan, villageois ».

Mais cette origine ne satisfaisait pas le grammairien François Génin ; et, après avoir reconnu que péquin est un mot adopté (mais non inventé) par les soldats de l’Empire pour désigner les bourgeois, il en proposa une autre qui se rattachait aux règles de l’ancienne prononciation, par lesquelles em sonnait an, et l’r s’effaçait, suivie d’une consonne : « Péquin est pour perquem, prononcez péquan. De péquan, la prononciation vulgaire a fait péquin, comme d’Arlecamp, Arlequin. »

Quant à péquan, il en trouva l’origine dans cette citation de Henri Estienne (Deux dialogues du nouveau langage français italianisé) : « Il y a longtemps aussi qu’on a dit, en latinisant, liperquam : faire du liperquam, ou faire le liperquam, au lieu de dire luy per quem. »

« Faire du liperquam, ajoute Génin, c’est trancher de l’homme d’importance, faire l’homme par qui..., per quem omnia fiunt, c’est être un fat, un faquin, un impertinent. Ly ou luy, pour celui, est tombé ; il n’est resté que les deux mots per quem, un perquem ou un péquan. »

Cependant, quelle que soit l’autorité de Génin en ces matières, on ne peut partager son opinion sur l’étymologie de péquin, et cela, parce qu’elle ne peut résister aux objections suivantes :

1° Comment se fait-il que péquin, s’il a réellement l’origine proposée, soit demeuré à l’état latent, pour ainsi dire, pendant près de trois siècles, et qu’il ait surgi tout à coup au temps de Napoléon ? Ce fait est par trop singulier pour être admis.

2° Est-il probable que ce soit en se promenant sur les champs de bataille de l’Europe que nos soldats aient songé à remettre en circulation un vocable depuis si longtemps oublié même par leurs ancêtres ?

3° Les guerriers rapportent de leurs campagnes des mots étrangers, mais ils ne vont point en pays étranger rajeunir des termes vieillis depuis longtemps dans leur propre pays.

En remontant si haut pour découvrir l’origine de péquin, il semble que le savant auteur des Variations a été chercher midi un peu trop loin : l’ancienne prononciation ne peut pas tout expliquer dans notre langue, et François Génin, qui s’était spécialement occupé de cette élude, a été incontestablement la dupe d’un mirage. Car péquin, est semble-t-il une expression toute moderne.

En lisant l’Encyclopediana, nous trouvons l’anecdote suivante : « Le général D..... parlait avec chaleur dans un cercle où se trouvait M. de Talleyrand, de diverses personnes qu’il qualifiait de pékins. — S’il vous plaît, général, dit le prince, qu’appelez-vous pékins ? — Nous autres, répondit le général, nous appelons pékin tout ce qui n’est pas militaire. — Ah ! fort bien, répond monsieur de Talleyrand ; tout comme nous, nous appelons militaire tout ce qui n’est pas civil. »

Ainsi, péquin était alors inconnu à Talleyrand qui, pourtant, devait savoir bien des choses ; c’était un terme tout nouvellement importé en France, un terme qui, peut-être, n’était encore entendu que par un général et ses soldats.

Maintenant, où ces militaires pouvaient-ils avoir trouvé péquin, ou du moins un mot approchant quant à la prononciation ? Était-ce en Italie ? en Égypte ? en Allemagne ? Non. En Espagne ? Oui, apparemment, et pour les raisons suivantes :

D’abord le général D (cinq points discrets) n’est-il pas le général Dupont, qui fut envoyé dans la Péninsule au commencement de la guerre de 1808-1814, et qui, battu par Castanos, signa la désastreuse capitulation de Baylen ? Ensuite, la langue espagnole a un mot qui, par sa signification et sa prononciation, peut parfaitement être considéré comme la source où l’on a pris péquin ; c’est pequeno (avec une tilde), expliqué ainsi qu’il suit dans le dictionnaire espagnol-français de Dominguez :

« Pequenos, s. m. pr. pé-kégnoss. Petits ; se dit des hommes qui manquent de naissance, de fortune, de crédit, de pouvoir, par opposition à ceux qui jouissent de ces avantages. La muerte no perdona a grandes ni pequenos ; la mort n’épargne ni grands ni petits. »

Le doute ne semble plus possible. Quoi de plus naturel, en effet, que de voir nos soldats, surtout leurs chefs, adopter un terme qui, au-delà des Pyrénées, correspond à notre vilain, pour désigner les bourgeois ? Aux yeux de ces nobles ravageurs du monde, tous ceux qui ne traînaient pas le sabre n’étaient-ils pas des êtres inférieurs, des petits, des pequenos (des péquins), enfin ?

Un mot relatif à l’orthographe de ce mot : que le terme en question dérive de paganus, comme le présume Ampère, que ce mot vienne de perquem comme l’affirme Génin, ou qu’il ait pris naissance comme tout porte à le croire dans la fière langue des hidalgos, il n’en est pas moins certain que, n’ayant rien de commun avec la capitale du Céleste Empire, il ne peut s’écrire par un k.




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