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Quand les cabines téléphoniques révolutionnaient les télécoms

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Quand les cabines téléphoniques
révolutionnaient les télécoms
(Source : La Tribune)
Publié / Mis à jour le jeudi 28 septembre 2017, par LA RÉDACTION
 
 
 
Apparues pour la première fois à Reims en 1883, les cabines téléphoniques ont poussé comme des champignons dans tout l’Hexagone jusqu’à la fin des années 1990. Avant de disparaître progressivement, avec la démocratisation de la téléphonie mobile.

Les jours des cabines téléphoniques en France sont désormais comptés. Orange, l’ex-France Télécom, qui gère aujourd’hui ce parc, s’est engagé à les démonter d’ici à la fin de l’année. Les 46 000 vénérables cabines encore en service dans l’Hexagone vont disparaître de l’espace public, chassées progressivement par la démocratisation de la téléphonie mobile, qui a connu un essor fulgurant ces 20 dernières années.

Si aujourd’hui les cabines téléphoniques sont utilisées de manière marginale, elles ont pourtant, en leur temps, constitué une véritable révolution. Quelques années après l’invention du téléphone, à partir de 1883, « l’Etat crée la première ligne importante, reliant le réseau de la ville de la Reims au palais de la Bourse de Paris, qu’il équipe de cabines téléphoniques », raconte Orange sur son site dédié aux objets et pièces liés à l’histoire des télécoms. « Dès 1885, des cabines téléphoniques sont ouvertes sur les réseaux de l’État, et à partir de 1889 sur l’ensemble des réseaux français, lit-on. L’État construit et exploite directement 16 réseaux et liaisons interurbaines, contre 11 pour la Société générale des téléphones. » Cette dernière entreprise, privée, était la seule, à l’époque, à offrir un service de communication téléphonique aux particuliers.

Télécarte La cabine bagages, tirée à près de 5 000 000 d'exemplaires de mars à mai 2004
Télécarte La cabine bagages, tirée à près
de 5 000 000 d’exemplaires de mars à mai 2004

Les premières cabines construites en chêne
Les cabines alors en service à la Bourse de Paris n’ont pas grand-chose à voir avec celles d’aujourd’hui. « [Elles] sont construites en chêne, capitonnées de moleskine, et pourvues d’accoudoirs réglables tapissés de velours, poursuit Orange. Tout semble conçu pour le confort et l’intimité de la conversation. [...] Les abonnés payaient leur communication par carte d’abonnement, par timbre-téléphone, ou encore par bulletin de conversation. »

À Reims, il n’y avait au début que neuf cabines publiques, explique La Gazette, le journal trimestriel de Philapostel, l’association des philatélistes et collectionneurs du personnel de La Poste et d’Orange. « Elles étaient installées dans des bureaux de poste, des pavillons de l’octroi ou des stations d’omnibus », ajoute le journal. À ce moment-là, poursuit La Gazette, « les cinq minutes de communication coûtent à Paris 50 centimes de francs — soit 6 euros d’aujourd’hui ».

Remplacer le télégraphe
Dès 1890, en province, « l’État incite les communes à troquer leurs systèmes télégraphiques contre des cabines dans les bureaux de poste », enchaîne le journal, rappelant que les habitants des zones rurales ne disposaient pas de téléphone chez eux. À l’époque, cette technologie ne concerne qu’une poignée de privilégiés et de foyers aisés. Reste qu’il faudra véritablement attendre le début des années 1970 pour voir les cabines téléphoniques pousser partout sur le territoire. Jusqu’à atteindre un âge d’or, en 1997, où l’on en dénombre plus de 250 000.

Au fil des décennies, plusieurs innovations vont marquer l’histoire de ces habitacles transparents. Pour lutter contre le vandalisme — et empêcher les voyous de casser les machines pour en voler les pièces de monnaie —, des systèmes de cartes magnétiques, puis à puce, vont par exemple voir le jour à partir des années 1980. À la même période, les cabines vont aussi disposer de leurs propres numéros de téléphone, permettant aux usagers de se faire appeler. Le service des cabines téléphoniques aura, quoi qu’il en soit, marqué son époque.

Pierre Manière
La Tribune

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