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Lieux d'histoire : ville de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales)

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Lieux d’Histoire
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Port-Vendres (Pyrénées-Orientales)
(D’après un article paru en 1848)
Publié / Mis à jour le samedi 16 janvier 2010, par LA RÉDACTION
 

A l’endroit où les Pyrénées plongent leur base dans le golfe du Lion, le rivage ne présente que des roches et des cimes escarpées aux contours bizarres, et découpant sur les flots des baies, des criques et des anses sans nombre, entre lesquelles s’avancent des promontoires. Sur l’un de ces promontoires, des colons grecs du septième siècle avant le Christ élevèrent à Vénus un temple placé, comme tous ceux qu’elle avait en Grèce, au bord des flots ; la Vénus qui venait d’émigrer aux grèves de la Gaule y devint la Vénus pyrénéenne ; c’était un hommage rendu aux belles races qui peuplaient le versant nord de ces grandes montagnes.

Vue de Port-Vendres. Dessin de Morel-Fatio
Vue de Port-Vendres. Dessin de Morel-Fatio

Le premier objet qu’apercevait le navigateur sillonnant les ondes bleues du golfe étaient les blanches colonnes de l’édifice qui lui était consacré. Le cap voisin prit le nom de promontoire Aphrodision (cap Béarn), et au-dessous, un bassin qui s’ouvrait pour garantir les bâtiments de tous les vents reçut celui de Portus Veneris (port de Vénus), devenu Port-Vendres. Petit, bien qu’assez étendu pour les galères antiques et les bâtiments marchands de nos jours, situé dans un pays dont les produits trouvaient un débouché dans les ports voisins, Port-Vendres ne prit jamais un grand développement.

Il n’avait d’autre importance que comme point fortifié sur une frontière souvent attaquée jadis : il fut pris et repris plusieurs fois durant les guerres du Roussillon. En 1690, les Espagnols y tentèrent vainement un débarquement ; en 1794, il tomba en leur pouvoir, ainsi que Collioure ; mais les Français les en expulsèrent l’année suivante. Et cependant la sûreté de ce bassin, ouvert seulement au nord-est, la commodité de la rade, devaient attirer l’attention sur eux du moment où l’on reconnaîtrait la nécessité d’offrir un refuge aux navires menacés par les tempêtes du golfe du Lion, et qui ne pourraient gagner ni Cette ni Marseille, beaucoup trop éloignés d’ailleurs. C’était, du reste, une bonne position pour une escadre destinée à agir sur les côtes voisines.

Vers la fin du dix-huitième siècle, le maréchal de Mailly, gouverneur de la province, frappé des avantages que Port-Vendres pouvait offrir, obtint de Louis XVI l’autorisation de faire exécuter de grands travaux dont la direction fut confiée à de Wailly, mort à Paris, membre de l’Institut, le 12 brumaire an VIII. Cet architecte non seulement voulut améliorer le port, mais il compléta la ville : il traça et perça quelques petites rues, construisit de nouvelles habitations sur un plan uniforme, rectifia des alignements, construisit des quais et des débarcadères commodes. Puis, dans le grand axe du bassin et d’une petite vallée qui en est le prolongement, il éleva un ensemble de constructions dont l’aspect monumental attire tout d’abord les regards de ceux qui pénètrent dans le port.

En avant est une belle place de 60 mètres de côté, relevée de 16 pieds au-dessus du quai, et à laquelle on monte par un escalier à double rampe de trente-deux marches ; le mur qui en soutient le terre-plein du côté du port est décoré de deux fontaines ornées de trophées ; au-dessus de ces fontaines, sur la balustrade qui couronne le revêtement, se trouvent deux batteries commandant le port. Au centre de la place s’élève un superbe obélisque de marbre de Roussillon, de 100 pieds de haut, érigé en l’honneur de Louis XVI. Les bronzes du socle symbolisent les quatre grands faits de son règne : le servage aboli, l’indépendance de l’Amérique, le commerce protégé et la marine relevée. Le reste du monument est décoré d’ornements de bronze, rappelant le rétablissement du port ; l’obélisque est terminé par le globe de la terre. Les deux façades latérales offrent une balustrade semblable qui domine une large rue séparant les maisons de la place elle-même. Le quatrième coté de la place, opposé à celui du port, se développe vis-à-vis d’un beau fer à cheval fortifié de pilastres joints par des grilles de fer qui enferment une cour, à la gauche et à la droite de laquelle s’élèvent deux bâtiments servant de caserne et de magasins ; plus loin on aperçoit le portail de la chapelle du port, au delà de laquelle s’ouvre une grande route, tracée dans un défilé, et qui conduit à Collioure.

Quant au nouveau port, environné de quais commodes garnis de larges débarcadères, il offrait une surface de 266 000 mètres carrés, et pouvait contenir facilement 500 bâtiments marchands ; sa profondeur était presque partout de 6, 7 et 8 mètres, ce qui lui permettait de recevoir des frégates. La redoute Mailly en défend l’approche ; deux autres, celle dite de Béarn, et la redoute du Fanal, placée au pied d’une tour ronde dont le sommet porte le phare ; une quatrième, plus vaste que les précédentes, complète l’ensemble de la défense.

Vue de Port-Vendres à la fin du XVIIIe siècle. Dessin de Margoüet
Vue de Port-Vendres à la fin
du XVIIIe siècle. Dessin de Margoüet

Les travaux de Port-Vendres furent terminés en 1780 ; il avait fallu douze ans pour les achever. C’était un beau travail entrepris dans un noble but. Mais, il faut l’avouer, ces projets, ces coupes, ces élévations architecturales sorties du cabinet pour venir se traduire en pierre dans ce style quasi monumental n’eurent pas l’influence que l’on en attendait. Port-Vendres resta à peu près aussi solitaire qu’auparavant.

Comment en eût-il été autrement ? Les produits de la contrée environnante n’avaient pas augmenté, l’ouverture de nouveaux débouchés au commerce n’était pas devenue nécessaire, aucun événement n’avait fait apprécier l’importance militaire du nouveau port.

Quelques années après 1830, il en était encore ainsi ; mais le développement et l’activité que donna aux communications entre la France et l’Algérie l’occupation toujours croissante de ce dernier pays, obligea le gouvernement à chercher d’autres points que Marseille et Toulon, pour en faire la station d’une partie des paquebots.

De tous les ports de notre côte méditerranéenne, Port-Vendres est le plus proche d’Alger : la distance est de 658 kilomètres. De Wailly l’avait rendu praticable pour les frégates ; aujourd’hui, par suite du travail d’envasement qui se fait sur la côte, les grands bateaux à vapeur seuls peuvent y entrer ; les vaisseaux et les frégates doivent rester sur la rade où la tenue est excellente. On se propose de fermer la petite passe et de creuser toute l’étendue de l’avant-port à la profondeur de 9 mètres, et même de 9 mètres et demi ; alors Ies vaisseaux et les frégates pourront entrer dans le port, même par les vents les moins favorables. De plus, il sera notablement agrandi par un nouveau bassin situé au sud.

Malgré sa nouvelle source de prospérité, le commerce et la population de Port-Vendres sont encore peu considérables. En 1846, il y est entré 148 navires, dont 56 venaient des États sardes, 46 d’Espagne et 29 de l’Algérie. Les principaux articles en entrepôt étaient, à cette époque, les laines en masses (250 000 kilogrammes), les vins ordinaires en futaille, les eaux-de-vie, l’huile d’olive et les grains. On y comptait alors un millier d’habitants.

 
 
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