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Chantage. Origine, étymologie mots de la langue française

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Savoir : Mots, Locutions
L’étymologie de mots et l’origine de locutions de la langue française. Racines, évolution de locutions et mots usuels ou méconnus
Chantage
Publié / Mis à jour le samedi 11 avril 2015, par LA RÉDACTION
 
 
 
Action d’extorquer de l’argent ou tout autre avantage par la menace de révélations compromettantes ou diffamatoires

Chantage est un des mots les plus usités de nos jours : C’est du chantage / C’est un vrai chantage ! Il n’y a personne qui ne comprenne cette façon de parler et ne l’emploie couramment. Elle est connue des salons comme des tribunaux, qui ont si fréquemment occasion de faire justice du chantage.

Les mœurs de notre temps ont rendu nécessaire, ont consacré cette expression qui n’a point d’équivalent chez nous. L’Académie pourtant refusa de l’accueillir au sein des premières éditions de son célèbre Dictionnaire — lequel paru pour la première fois en 1694 —, et il faut attendre la septième édition, datant de 1878, pour voir apparaître le mot chantage, accompagné de la définition suivante : « Action d’extorquer de l’argent à quelqu’un en le menaçant de le diffamer. Ce misérable vit de chantage. Il est très familier. »

Chantage n’est pas dans les anciens dictionnaires, cela est vrai, mais chanter se trouve dans Furetière avec l’acception métaphorique de chantage : « On dit figurément d’un homme à qui l’on veut faire faire quelque chose par force, qu’on le fera bien chanter, qu’on l’obligera à payer, à faire ce qu’il doit. »

Cette locution est née manifestement de la coutume où étaient nos pères de chanter à table au dessert. Chacun devait payer son tribut d’une chanson ; que si quelqu’un des convives voulait s’y soustraire, les instances de l’assemblée ou de l’amphitryon ne lui laissaient point de relâche ; aucune excuse n’était admise, et bon gré mal gré, le récalcitrant arrivait à s’exécuter : on le faisait bien chanter !


« M’touche pas, ou ben j’dis à mon pé c qu’tas fait avec Jean sous le grand pommier !... »

Aussi voyons-nous ce verbe consacré pour exprimer un consentement forcé. Dans le Comédien poète (acte III, scène 9), comédie de Montfleury jouée en 1673, don Richard dit à don Pascal :

Vous croyez donc ainsi disposer de son âme ?
Vous l’avez rebutée, et j’appréhende fort...

D. PASCAL.

Hé bien, enlevons-la, je vous l’ai dit d’abord ;
Quand nous la tiendrons seule, il faudra qu’elle chante.

Dans la Musicomanie, représentée en 1781, on retrouve cette expression prise à double sens :

« Le Baron. Comment, faquin ! et la musique ?
« Le Laquais. Eh, c’est mon fort ! Je sais faire chanter l’Anglais le plus boutonné, le Hollandais le plus avare, quand l’un ou l’autre est amoureux d’une femme que je protège. » (scène 4)

Il est clair que cette expression faire chanter quelqu’un appartient à la langue française du XVIIe siècle, et n’est pas de l’argot. Pourquoi donc le Dictionnaire de l’Académie n’en fit-il aucune mention avant 1878 ? Ce dictionnaire aurait-il dû se trouver plus incomplet que celui de Furetière en 1688 ?

 
 
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