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L'histoire gourmande de LU, un récit du petit beurre mythique

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Patrimoine : Gastronomie
Richesses du patrimoine de France : spécialités gastronomiques de terroir. Producteurs de spécialités de la gastronomie française
L’histoire gourmande de LU,
un récit du petit beurre mythique
(Source : France 3 Pays de la Loire)
Publié / Mis à jour le mercredi 19 novembre 2014, par LA RÉDACTION
 
 
 
La marque LU, fondée en 1846 par Jean-Romain Lefèvre et son épouse Pauline-Isabelle Utile a commencé dans une petite pâtisserie nantaise, 5 rue Boileau. Un documentaire qui sera diffusé samedi 22 novembre à 15h20 sur France 3 raconte l’histoire d’une des plus célèbres aventures industrielles françaises qui dure depuis 168 ans.

Eric Bitoun, le réalisateur du documentaire, nous livre ses motivations. S’atteler à l’histoire de LU, c’est d’abord raconter l’histoire d’une des plus belles réussites de l’industrie alimentaire française. Mais c’est aussi s’atteler à l’histoire d’une marque dont la longévité en fait ce que les historiens appellent une marque « miroir ».

Autrement dit, 167 ans de l’histoire de la marque racontent en même temps 167 ans d’Histoire de France. Commencée en 1846 sous Louis-Philippe, elle continue toujours aujourd’hui, et avec les mêmes produits phares. Elle a traversé ensuite le Second Empire, de 1852 à 1870, qui s’est terminé avec la guerre franco-prussienne, la chute de Napoléon III, mais aussi avec la perte de l’Alsace et de la Lorraine annexées par l’Empire Allemand, ce qui pour le couple Lefèvre-Utile aura une signification douloureuse, étant donné que leurs deux familles étaient profondément enracinées en Lorraine, bien que Jules-Romain et Pauline-Isabelle aient fait le choix d’installer leur commerce à Nantes en 1850. L’armistice de 1871 s’accompagne d’une récession économique d’autant plus importante que la France reconnaît devoir à l’Empire Allemand une dette de guerre de 5 milliards de francs-or. Un esprit de revanche animera la France pendant de longues années.

S’ensuivra une guerre mondiale, puis une autre, le démantèlement de l’empire colonial Français, les « trente glorieuses » qui s’achèveront avec le choc pétrolier au milieu des années 1970, période de récession générale, qui conduit Patrick Lefèvre-Utile à chercher des alliances en associant LU avec d’autres biscuiteries telles que BN et L’Alsacienne, mais ses tentatives ne s’avèreront pas pérennes. Mais finalement peu importe, LU est toujours la plus grande biscuiterie française, et son rachat par l’américain Kraft Foods (2ème groupe agro-alimentaire au Monde après Nestlé) en fait une des plus grandes marques mondiales de biscuits par sa production et sa diffusion.

Des lieux toujours présents...
Une chance pour la réalisation d’un tel film : les lieux sont toujours là. La pâtisserie Lefèvre-Utile des origines au 5 rue Boileau à Nantes, qui a abrité de nombreux autres commerces depuis, l’usine mythique du Quai Baco à Nantes, qui est devenue le Lieu Unique, scène de théâtre nationale et lieu culturel, les usines actuelles, dont celle de La Haie-Fouassière près de Nantes, qui reste le plus grand centre de fabrication de la marque.

Nous avons filmé le processus de fabrication dans cette usine, celui du Petit Beurre bien-sûr, mais aussi celui de la Paille d’Or, petite gaufrette inventée par Louis Lefèvre-Utile en 1905, fourrée au jus de framboise, dont il dessine lui-même la forme en botte de paille. Cette fabrication est tout aussi minutieuse et pointue qu’à l’origine, et on imagine la prouesse technologique qui consiste à traiter un biscuit aussi fin.

... et des archives et des objets de collection
Nous avons eu accès à de nombreuses images d’archives, des photos, des films, et également des images familiales et privées de la famille Lefèvre-Utile. Nous avons eu la chance également de bénéficier de la participation de grands collectionneurs qui possèdent des pièces très importantes en tableaux, chromolithographies, créations en cristal de Baccarat, et une quantité impressionnante de boîtes de biscuits qui ont fait jusqu’à nos jours l’histoire de la marque.

Mettre en parallèle l’histoire de la marque aux côtés des événements de la grande Histoire m’a semblé être une articulation intéressante. Après tout, n’est-ce pas ce qu’a cherché Louis Lefèvre-Utile, qui célébrait des événements en créant un biscuit pour ces occasions, comme le biscuit russe pour la visite du tsar Alexandre III, la gaufrette Iceberg pour la seconde expédition antarctique de Jean Charcot en 1908, liant ainsi étroitement la marque à la grande Histoire ?

En faisant appel aux grands artistes de son temps, peintres ou graphistes pour décorer les boîtes de biscuits, ou à des auteurs tels Georges Feydeau ou Anatole France pour faire la réclame de LU, Louis Lefèvre-Utile avait un but très clair : que l’histoire de son entreprise soit ainsi intimement liée à celle de l’art de son époque, dont elle devient un vecteur, et à notre culture populaire. Le film évoquera aussi un aspect spécifique à ces marques qui cessent d’être indépendantes et familiales pour appartenir à de grands groupes industriels.

Le paradoxe de la mondialisation
Lorsque Danone cède à Kraft Foods la marque LU en 2007, elle cède une marque certes emblématique, mais aussi très rentable. Et pourtant, pour se positionner davantage autour du diététique et de la santé, Danone préfère se séparer de LU. Cela ne s’est pas fait sans heurts. A l’époque de la mondialisation, un problème très paradoxal se pose. Un groupe français, Danone, (marque par ailleurs qui compte parmi les préférées des français) au nom d’une logique de rentabilité impitoyable et peu compréhensible (car la marque dégage une rentabilité avérée) décide, en 2001, de licencier 300 personnes chez LU, et de fermer 3 usines sur les 7 que compte la marque. A côté de cela, un groupe étranger, Kraft Foods, s’intéresse à la marque LU, sur laquelle il entrevoit un potentiel extraordinaire. En 2007, la vente est signée. LU, pour la première fois de son histoire, n’est plus une marque française. Pour autant, le groupe américain ouvre d’autres sites de fabrication, et crée de nouveaux emplois.

Le Petit Beurre et les biscuits historiques de la marque LU restent immuables dans leur composition et leur mode de fabrication. L’avenir nous dira si le destin de LU sera aussi souriant entre les mains des américains qu’il l’a été en tant que grande marque emblématique française.

Sandrine Quéméneur
France 3 Pays de la Loire

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