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10 mai 1652 : mort du maréchal Caumont de La Force

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10 mai 1652 : mort du maréchal
Caumont de La Force
Publié / Mis à jour le jeudi 9 mai 2013, par LA RÉDACTION
 

L’événement le plus mémorable de sa vie est celui qui pensa la lui ravir à la fleur de l’âge, dans la sanglante journée de la Saint-Barthélemy. Il habitait alors, avec son père et son frère aîné, le faubourg Saint-Germain, ainsi que plusieurs Calvinistes. Au bruit des premiers massacres, un maquignon qui le connaissait se jette à la nage, car il n’y avait point alors de pont qui joignît ce faubourg à la ville, et les bateaux avaient été retenus pour le passage des assassins.

Il passe à l’autre bord, et avertit le père de son danger. La Force était déjà sorti de sa maison ; mais, voyant que ses enfants tardaient, il retourne les chercher. A peine est-il rentré chez lui que les assassins arrivent ; à leur tête, un nommé Martin entre dans sa chambre, et le désarme lui et ses deux enfants. La Force offre de payer le surlendemain une rançon de deux mille écus. Le capitaine l’accepte, et les conduit dans sa maison en jurant que ni lui ni ses enfants n’en sortiraient avant de s’être acquittés.

Il les laisse à la garde de deux Suisses, dont l’un, touché de pitié, voulut faire évader les prisonniers ; La Force refusa parce qu’il avait donné sa parole. Une de ses tantes lui trouva deux mille écus, et l’on allait les donner au capitaine Martin, lorsque le comte de Coconas, indigne favori du duc d’Anjou, vint demander La Force de la part de son maître. Il fit descendre le père et les deux enfants tête nue et sans manteau.

La Force, voyant bien qu’on le menait à la mort, suivit Coconas en le conjurant d’épargner ses deux enfants innocents. Celui qui fait le sujet de cet article, quoiqu’il n’eût alors que treize ans, étant né vers 1559, éleva la voix, et reprocha à ces meurtriers leur crime, en disant qu’ils en seraient punis de Dieu. La mort tragique de Coconas sembla justifier cette prédiction.

Cependant les deux enfants sont menés avec leur père au bout de la rue des Petits-Champs. On donne d’abord plusieurs coups de poignard à l’aîné, qui tombe, et dont le corps est bientôt couvert par celui de son père expirant. Le plus jeune, teint de leur sang, mais par bonheur sans blessure, eut la présence d’esprit de s’écrier : « Je suis mort ! » et de se jeter entre son père et son frère, dont il reçut les derniers soupirs. Les meurtriers, les croyant tous assassinés, s’en allèrent en disant : « Les voilà bien tous trois. »

Quelques malheureux vinrent ensuite dépouiller les corps. Il était resté un bas de toile au jeune La Force : un marqueur du jeu de paume du Verdelet voulut avoir ce bas. En le tirant, il considéra le corps, et dit : « Hélas ! c’est bien dommage ! Celui-ci n’est qu’un enfant ; que pouvait-il avoir fait ? » Ces paroles de compassion engagèrent le petit La Force à lever doucement la tête, et à lui dire tout bas : « Je ne suis pas encore mort. » Le marqueur répondit : « Ne bougez, mon enfant, ayez patience. » Sur le soir il le vint chercher, lui dit : « Levez-vous, ils n’y sont plus », et lui jeta sur les épaules un méchant manteau. Comme il le conduisait, un des assassins demanda quel était ce jeune garçon : « C’est mon neveu qui s’est enivré, dit-il ; vous voyez comme il s’est accommodé. Je m’en vais bien lui donner le fouet. »

Le marqueur le mena chez lui ; mais il avilit sa générosité en demandant trente écus pour sa récompense. La Force se fit conduire déguisé en mendiant jusqu’à l’arsenal, chez son parent, le maréchal de Biron, grand-maître de l’artillerie. On le cacha dans la chambre des filles ; enfin, sur le bruit que la cour le faisait chercher, il se sauva, déguisé en page, sous le nom de Beaupuy.

Plus tard, il entra dans l’armée du roi de Navarre, se distingua en plusieurs rencontres, et particulièrement au combat d’Angers. Il fut un des premiers à le proclamer roi de France ; il conserva sa faveur, et il était dans sa voiture, lorsque ce prince fut assassiné. Quand le duc de Luynes, pour obtenir le litre de connétable, se fit l’instigateur d’une guerre de Louis XIII contre ses sujets protestants, La Force, en 1621, défendit avec succès Montauban contre le roi en personne. Quand on négocia la paix, on acheta sa soumission au prix de 200 000 écus et d’un bâton de maréchal.

On l’envoya commander en Piémont, et plus tard en Allemagne, et il remporta plusieurs avantages. Obligé par son grand âge à se retirer du service, il mourut à Bergerac, dans sa quatre-vingt-treizième année.

 
 
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