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6 avril 1348 : mort de Laure de Noves

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6 avril 1348 : mort de Laure de Noves
Publié / Mis à jour le vendredi 5 avril 2013, par LA RÉDACTION
 

C’était précisément le même jour, ou vingt-un ans auparavant Pétrarque en était devenu amoureux. C’est encore lui qui nous apprend cette triste particularité... Eodem mense aprilis, eodem die sexto, eadem hora prima, anno autem MCCC, XLVIII, ab hac luce lux illa substracta est. « Ce fut dans le même mois d’avril, le même jour, à la même heure, l’an 1348, que la lumière du jour fut ravie à cet astre brillant. »

Laure, dont le portrait séduisant est épars dans les vers qu’elle a inspirés à Pétrarque, et qui ressemblait, dit-on, à ce portrait, était fille d’Audibert de Noves, chevalier riche et distingué. Elle avait épousé, après la mort de son père, Hugues de Sade, patricien originaire d’Avignon, jeune, mais peu aimable et d’un caractère difficile et jaloux. Laure, qui avait vingt ans au moment ou Pétrarque la vit pour la première fois, était aussi sage que belle. Aucune espérance coupable ne pouvait naître dans le cœur du jeune poète.

La pureté d’un sentiment que, ni le temps, ni l’âge, ni la mort même de celle qui en était l’objet ne purent éteindre, a trouvé beaucoup d’incrédules ; mais on est aujourd’hui forcé de reconnaître d’une part, que ce sentiment fut très réel et très profond dans le cœur de Pétrarque ; de l‘autre, que si Pétrarque toucha celui de Laure, il n’obtint jamais d’elle rien de contraire à son devoir.

La malheureuse Laure fut une des innombrables victimes de cette peste si terrible que des marchands génois et pisans avaient rapportée de l’Asie, et qui, s’étant répandue d’abord avec violence dans toute l’Italie, se communiqua successivement aux autres Etats de l’Europe, dont elle fit pendant trois ans un vaste cimetière. Ceux qui en étaient atteints, mouraient le troisième jour.

Pétrarque était à Vérone quand il apprit la nouvelle de la mort de Laure : aussitôt il repassa les Alpes, pour aller pleurer sur les bords de Vaucluse ; il y passa quatre années à s’entretenir avec l’ombre de Laure, toujours présente à ses yeux, et repartit pour l’Italie, après les adieux les plus tendres à la fontaine de Vaucluse :

Claire fontaine, onde aimable, onde pure,
Où la beauté qui consume mon cœur,
Seule beauté qui soit dans la nature,
Des feux du jour évitait la chaleur ;
Arbre heureux, dont le feuillage
Agité par les zéphirs,
La couvrit de son ombrage ;
Qui rappelle mes soupirs,
En rappelant son image ;
Ornements de ces bords, et filles du matin,
Vous dont je suis jaloux, vous moins brillantes qu’elle,
Fleurs qu’elle embellissait, quand vous touchiez son sein ;
Rossignol, dont la voix est moins douce et moins belle ;
Air devenu plus pur, adorable séjour,
Immortalisé par ses charmes ;
Lieux dangereux et chers, où de ses tendres armes,
L’amour a blessé tous mes sens,
Écoutez mes derniers accents,
Recevez mes dernières larmes.

En 1543, François Ier passant par Avignon, à son retour de Marseille, eut la curiosité de voir le tombeau de Laure, celle dont s’éprit le poète Pétrarque, comme une espèce d’hommage que ce grand prince voulait rendre aux lettres, en honorant la mémoire du poète et de son héroïne ; il fit donc ouvrir ce tombeau, et l’on trouva dans une boîte de plomb, le sonnet que Pétrarque avait envoyé pour être joint aux malheureux restes de ce qu’il avait tant aimé.

François Ier, ayant satisfait sa curiosité, et voulant honorer de quelques grains d’encens la mémoire de l’illustre dame, dont il voyait les cendres sous ses yeux, composa à sa louange les deux quatrains suivants : .

En petit lieu, compris vous pouvez voir,
Ce qui comprend beaucoup par renommée :
Plume, labeur, la langue et le savoir,
Furent vaincus par l’aimant et l’aimée.

Gentille âme , étant tant estimée,
Qui te pourra louer qu’en se taisant !
Car la parole est toujours réprimée,
Quand le sujet surmonte le disant.

Ce prince fit mettre ces deux quatrains avec le sonnet de Pétrarque, dans la boîte de plomb, qui fut remise dans le tombeau.

 
 
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