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Musique sentimentale lactogène pour vaches sensibles ? Influence sur la production de lait

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Musique sentimentale lactogène
pour vaches sensibles ?
(D’après « Le Journal amusant », paru en 1910)
Publié / Mis à jour le jeudi 27 septembre 2012, par LA RÉDACTION
 
 
 
Mars 1910 : un chroniqueur du Journal amusant rapporte que les journaux américains nous apportent, sans rougir, l’information suivante selon laquelle une propriétaire d’un important troupeau de vaches de Jersey a remarqué que leur jouer des airs à la mode n’est pas sans incidence sur la production de lait

L’information diffusée était la suivante : « Mme Kowie a, dans le Wisconsin, un important troupeau de vaches de Jersey. Elle a remarqué qu’en leur jouant sur la mandoline, durant qu’elles étaient à l’herbage, des airs à la mode, elle leur faisait un plaisir que beaucoup de bêtes partagent, mais qui avait chez celles-ci l’effet d’augmenter la production du lait. Certains auteurs, particulièrement favorables à la sécrétion, l’ont élevée d’un tiers. »

Il est probable que la découverte de la vachère américaine va nous donner la clef de nombreux mystères restés jusqu’à ce jour impénétrables, ajoute le chroniqueur. La Semaine, de Genève, exprime déjà ridée que la supériorité du fromage de Gruyère s’explique par le fait que les vaches des Alpes fribourgeoises pâturent au son du Ranz des vaches.

La revue suisse reconnaît d’ailleurs que la musique est idoine à produire certains effets élémentaires ; elle fait pleurer les chiens (et les grosses dames sensibles) ; et de bons auteurs – c’est toujours la revue qui parle – ont été jusqu’à reconnaître à la musique des orgues de Barbarie une action excitante sur les chevaux de bois.

Mais la question de la musique lactogène est autrement intéressante. M. C. Sharp, qui l’a très scientifiquement approfondie, l’a étudiée avec le concours d’un certain nombre de virtuoses et de vaches. Je lui cède la parole. « Les résultats, dit-il, ont été curieux : ainsi, la musique de Bach n’a sur la production du lait qu’un effet tout à fait négligeable. En revanche, l’air J’ai perdu mon Eurydice, chanté de façon déchirante par une grande artiste (élève d’Isnardon) qui m’a prié – par modestie – de taire son nom, plongea le troupeau dans une rêverie profonde.

Les bêtes, affalées sur le sol, balançaient méthodiquement la tête en roulant des yeux humides. L’épreuve de la traite fut décisive : jamais elle n’avait été si abondante et le lait révéla une richesse en matières grasses tout à fait exceptionnelle. L’intermezzo célèbre de Cavalleria rusticana est presque aussi efficace au point de vue laitier que l’air de Gluck susmentionné. Tout de suite après venaient l’Ave Maria de Gounod et J’ai perdu ma Gigolette. La seule loi qu’il soit possible de formuler est celle-ci : la musique sentimentale est plus propice à la sécrétion que la musique de danse. »

A propos de celte dernière musique, on me permettra une observation personnelle : les vachères mélomanes auront soin de ne faire entendre à leurs troupeaux certains rythmes ternaires qu’avec une extrême discrétion ; c’est ainsi qu’Esclavage, valse lente de Raoul Bardac, a produit sur trois aimables vaches le plus regrettable effet : entraînées par cette mélodie alliciante (disons « alliciante », c’est distingué), les auditrices encornées se mirent à tourner, tourner encore, tourner toujours... Quand on réussit à les arrêter, leur lait était devenu du beurre.

En revanche, M. Raoul Gunsbourg affirme qu’une vache laitière de Monte-Carlo à laquelle on avait eu l’imprudence d’exécuter, pendant un quart d’heure, des récitatifs de Bruneau, fut tarie, net. Jusqu’à la fin de ses jours l’infortunée Monégasque n’eut plus que des pissenlits... pardon, des pis sans lait.

Un excellent musicographe de Lausanne, M. Edouard Combe, prétend qu’après avoir chanté Mireille à sa cuisinière, pendant qu’elle tournait ses mayonnaises, cette dame du fourneau n’en rata pas une seule, tant la musique provençale a une heureuse influence sur la coagulation de l’huile d’olive ; mais cette assertion me semble suspecte et je me demande si, sous prétexte de nous éclairer, l’écrivain suisse n’a pas voulu nous faire prendre l’Helvétie pour des lanternes.

 
 
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