Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 22 juillet DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
 
« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)
 

 
NOUS REJOINDRE SUR...
Nous rejoindre sur FacebookNous rejoindre sur XNous rejoindre sur LinkedInNous rejoindre sur VKNous rejoindre sur InstragramNous rejoindre sur YouTubeNous rejoindre sur Second Life

5 septembre 1661 : arrestation de Nicolas Fouquet à Nantes

Vous êtes ici : Accueil > Éphéméride, événements > Septembre > 5 septembre > 5 septembre 1661 : arrestation de (...)
Éphéméride, événements
Les événements du 5 septembre. Pour un jour donné, découvrez un événement ayant marqué notre Histoire. Calendrier historique
5 septembre 1661 : arrestation
de Nicolas Fouquet à Nantes
Publié / Mis à jour le dimanche 2 septembre 2012, par Redaction
 
 
Temps de lecture estimé : 2 mn
 

Nicolas Fouquet devint surintendant des finances en 1653, dans un temps où elles avaient été épuisées par les frais des guerres civiles et étrangères. Ses dépenses pour faire bâtir la superbe maison de Vaux, les alarmes que donnaient les fortifications de Belle-Isle, alarmes grossies par Colbert qui aspirait à sa place ; les tentatives qu’il avait faites sur le cœur de Mademoiselle de la Vallière, tout servit à irriter Louis XIV contre le surintendant. On l’attira adroitement à Nantes où il fut arrêté.

On a remarqué, à la gloire des lettres, que lorsque Fouquet, dans sa disgrâce, se vit abandonné de tous les courtisans, dont un grand nombre lui devaient leur fortune, les gens de lettres seuls se souvinrent de ce qu’il avait fait pour eux : ils déclarèrent que le ministre leur ayant imposé silence sur ses bienfaits, tandis qu’il était en place, sa disgrâce les dégageait et leur déliait la langue.

Nicolas Fouquet, par Edouard Lacretelle

Nicolas Fouquet. Peinture d’Édouard Lacretelle

Pélisson osa le défendre, devint éloquent pour sauver son bienfaiteur, et se rendit même victime pour lui, en partageant sa prison. Le savant Lefèvre, père de madame Dacier, lui dédia un livre. Hénault ne montra pas moins de courage, et fit contre Colbert cette satire alors si répandue. La Fontaine le pleura dans une élégie touchante ; et ce qui lui fit plus d’honneur encore, il prévit en le pleurant que tout le fruit d’une action si louable serait d’être privé, comme il le fut, des bienfaits du roi.

Mademoiselle Scudéry s’unit à Pélisson pour défendre leur ami commun. Son médecin Pecquet, homme d’un rare mérite, ne put jamais se consoler : il répétait sans cesse que Pecquet avait toujours rimé et rimerait toujours avec Fouquet. Brébœuf en tomba malade et mourut de chagrin. Jean Loret, auteur d’une gazette en vers, publia, dès le lendemain de la détention de Fouquet, les obligations qu’il avait à ce ministre, sans être aucunement arrêté par la crainte de perdre une pension qu’il avait, et qui lui fut réellement ôtée. On peut voir dans les lettres de madame de Sévigné avec quelles cruelles inquiétudes elle attendait le jugement de son malheureux ami, et quelle admiration elle avait pour son caractère et pour son esprit.

Les voix réunies de tant d’écrivains qui s’élevèrent en faveur de Fouquet et contre son persécuteur, produisirent dans toute l’Europe un effet prodigieux, dont la réputation de Colbert ne souffrit pas médiocrement : il sentit quel besoin il avait de ramener à lui des hommes qu’on ne s’aliène pas impunément ; et ce fut par ce motif, qu’à l’exemple ou qu’à l’envie de Fouquet, il accorda aux lettres une protection si distinguée.

De Lamoignon croyait Fouquet coupable au moins de péculat ; mais, par l’acharnement avec lequel on poursuivit cet infortuné ministre, on parvint à répandre sur lui tout l’intérêt de l’innocence opprimée. Turenne disait pendant son procès : M. Colbert a plus d’envie que M. Fouquet soit pendu ; M. le Tellier a plus de peur qu’il ne le soit pas. Le roi commua la peine, mais pour la rendre plus rigoureuse : le bannissement auquel l’avait condamné la commission chargée de le juger, fut changé en une prison perpétuelle. Il fut conduit à Pignerol, sans qu’on lui laissât même la permission de garder auprès de lui deux domestiques fidèles qui avaient partagé sa captivité à la Bastille. Toute sa famille fut exilée : il n’eut pas même la permission de voir sa femme.

C’est un problème de savoir si Fouquet mourut en prison, ou s’il eut sur la fin la liberté d’aller se cacher et mourir au sein de sa famille. Gourville assure dans ses Mémoires qu’il sortit de prison avant sa mort, et Voltaire le tenait de sa belle-fille, madame de Vaux. Mais madame de Sévigné le croyait mort à Pignerol, ainsi que le public. Ce qu’en dit mademoiselle de Montpensier confirme l’opinion générale. Quoi qu’il en soit, on place sa mort au 3 avril 1680.

 
 
Même section >

Suggérer la lecture de cette page
Abonnement à la lettre d'information La France pittoresque

Saisissez votre mail, et appuyez sur OK
pour vous abonner gratuitement
Éphéméride : l'Histoire au jour le jour. Insertion des événements historiques sur votre site

Vos réactions

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France
 
Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !