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Les animaux du Muséum rétifs au phonographe ? Expériences amusantes

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Anecdotes insolites
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Animaux (Les) du Muséum
rétifs au phonographe ?
(D’après « Journal amusant », paru en 1908)
Publié / Mis à jour le lundi 9 mars 2015, par LA RÉDACTION
 
 
 
L’expérience permet de formuler cette loi : la supériorité relative des espèces animales s’établit selon le plus ou moins de résistance de chacune d’elles aux auditions de phonographe. Corollairement, les individus d’une même espèce se classent entre eux selon leur plus ou moins d’endurance individuelle à ces auditions

Des preuves ? En voilà. L’homme, n’est-ce pas ? est incontestablement le roi des animaux (c’est seulement par jeu qu’un fabuliste, d’ailleurs décédé, a donné ce titre au lion). Eh bien ! L’homme est le seul animal – je fournirai tout à l’heure des exemples – qui supporte sans témoigner d’ahurissement, de tristesse ou de fureur les nasillements de l’appareil inventé par Edison. De même, les Parisiens, n’est-ce pas ? sont incontestablement les plus remarquables des hommes.

Eh bien ! on supporte mieux le phonographe, à Paris, où il sévit librement, de jour et de nuit, sur tous les boulevards, et à tous les étages de toutes les maisons, depuis la loge du concierge jusqu’aux chambres de bonnes, qu’on ne le supporte à Nantes, par exemple, où l’édilité dut prescrire des mesures pour enrayer les abus commis par les amateurs d’exécutions phonographiques.

J’ai promis des exemples attestant la moindre patience des autres animaux à l’égard de ce redoutable instrument. Je n’ai qu’une parole : voici ces exemples. Ils me sont fournis par MM. Trouëssard, chef de laboratoire au Muséum, et par M. Sauvinet, directeur de la ménagerie. On commença par les otaries ; une valse lente fut phonographiée auprès du bassin où elles évoluent avec quelle grâce, vous le savez ! L’effet fut beaucoup moins lent que la valse : dès les premières notes, les phoques, courroucés, plongèrent et, envoyant des paquets d’eau sale dont les spectateurs furent copieusement inondés, signifièrent avec une indéniable netteté qu’ils jugeaient détestables ces... phocalises.

L’éléphant, bien que, par une délicate attention, on l’eût voulu régaler d’un air de trompe, accueillit par des barrissements de colère ces accents cynégétiques. On dut interrompre promptement l’expérience, car le pachyderme menaçait de faire un malheur, se jugeant sans doute dans le cas de légitime... défense.

On crut faire plaisir au chameau en lui faisant jouer par le phonographe une danse du ventre avec accompagnement de tambourin : on ne réussit qu’à l’ahurir ; de longs filaments visqueux coulèrent de son mufle : cette bête en bavait !

La gazelle fut tellement stupéfaite qu’elle se mit à exécuter des sauts de mouton, qui n’étaient pas de son emploi. Quant aux moutons eux-mêmes, ils faillirent, à l’audition de II pleut, il pleut, bergère, devenir enragés.

Cacatoès, aras, perroquets, ne voulurent rien entendre et couvrirent de clameurs assourdissantes la voix de la concurrence mécanique. Les oiseaux de la grande volière dédaignèrent un solo de flûte, encore qu’on les eût prévenus que ce morceau avait été « enregistré » par un musicien de la Garde Républicaine. Les hérons parurent consternés, et les flamants furent tellement interdits qu’ils en perdirent leur accent belge. Les pélicans prirent mal la chose ; ils secouèrent leurs becs sur leurs goitres hideux, puis firent de ces mêmes becs un usage bien fâcheux pour les mollets de l’opérateur. Le cerf, enfin, témoigna d un mépris attristé pour l’hallali que lui corna le phonographe : il en considéra le pavillon, en indiquant, par toute son attitude, que ce pavillon couvrait une détestable marchandise...

Et je ne dis rien, par pudeur, des manifestations significatives par lesquelles la plupart de ces animaux montrèrent avec évidence que toutes ces musiques agissaient sur leur organisme à la façon des plus violents purgatifs !...

 
 
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