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Un Régiment de la Calotte rassemblant « tous les gens dont la cervelle est détraquée » ?

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Anecdotes insolites
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Un Régiment de la Calotte rassemblant « tous
les gens dont la cervelle est détraquée » ?
(D’après « Petites ignorances historiques et littéraires » paru en 1888)
Publié / Mis à jour le mercredi 22 décembre 2010, par LA RÉDACTION
 
 
 
Le Régiment de la Calotte désigne une société joyeuse et burlesque formée au commencement du XVIIIe siècle, et dont le point de départ se trouve, d’après ce qu’a ra­conté le général Ambert, dans les petites circonstances que voici

En 1702, une société de jeunes officiers et de courtisans, assemblée chez M. de Torsac, exempt des gardes du corps, frondait à l’envi les ridicules de la cour. Un seul des convives était silencieux et morose, le maître du logis. Tourmenté d’une violente migraine, il ne répondait que par des plaintes aux rires et aux quolibets de ses convives ; il avait, disait-il, la tête emprisonnée dans une calotte de plomb, qui le rendait comme fou. « Eh ! qui donc n’a pas sa calotte ? Qui donc n’est pas fou en ce monde, s’écria le garde du corps Aymon, porte-manteau du roi. Toutes les sottises que nous voyons nous prouvent suffisamment, que si l’on formait un régiment de tous les gens dont la cervelle est détraquée par cette calotte idéale, ce serait assurément le plus nombreux de tous les régiments de la terre. »


Armes du régiment de la Calotte

L’étincelle mit le feu ; on applaudit, on s’occupa sur-le-champ de l’organisation dudit régiment, à la tête duquel fu­rent placés le maître de la maison, M. de Torsac, ainsi que l’orateur, M. Aymon, qui prit le titre de général de la calotte, et cette première séance fut appelée séance de la migraine.

Les attributs des membres de l’association étaient une calotte de plomb et des grelots ; la devise française était : C’est régner que de savoir rire, et la devise latine : Favet Momus, luna influit. On adopta un étendard, un sceau, on rédigea un règlement, et, ainsi organisée sous les auspices de l’extravagance et de la gaieté, la société se mit à enrôler, bon gré mal gré, en leur décochant des brevets de membres du Régiment de la Calotte, tous ceux qui se signalaient par quelque sottise ou quelque ridicule. Ces petites satires commençaient presque toujours par les vers :

De par le dieu portant marotte,
Nous, généraux de la calotte...

D’abord, elles furent mordantes sans être grossières ; mais dans les attaques personnelles, on ne garde pas longtemps la mesure ; le ton s’accentua et le bon goût disparut.

Sous la Régence, la plupart des brevets étaient licencieux. Bientôt il n’y eut plus rien dans la vie publique, dans la vie privée ou dans les livres qui fût à l’abri des quolibets de la joyeuse milice ; personne ne fut épargné, et les enrôlements involontaires s’étendirent à tous les hommes qui jouaient un rôle ou occu­paient une grande position : Villars, le Régent, Louis XV, Dubois, Law, le cardinal Fleury, Fontenelle, Lamothe, Voltaire, Destouches, furent enrégimentés dans la Calotte. Le roi ne se fâcha pas : on dit même qu’il demanda à Ayamon s’il ne ferait pas un jour défiler son régiment devant lui, et que le général de la Calotte répondit : « J’y avais pensé, sire, mais il n’y aurait plus personne pour le voir passer. »

Les poètes, rédacteurs ordinaires des brevets, étaient Aymon, les abbés Des Fontaines et Gacon, Piron, Grécourt, et surtout Roy, qui échauffait singulièrement la bile de Voltaire : « Que dites-vous d’une infâme Calotte qu’on a faite contre M. et Mme de La Popelinière, pour prix des fêtes qu’ils ont données ? Ne faudrait-il pas pendre les coquins qui infectent le public de ces poisons ? Mais le poète Roy aura quelque pen­sion, s’il ne meurt pas de la lèpre, dont son âme est plus attaquée que son corps. »

Voltaire nourrissait une vieille ran­cune contre le Régiment de la Calotte, qui l’appelait cher Calottin de première classe, et qui l’avait élu grosse caisse, détaché au service du roi de Prusse en qualité de trompette.

A la fin du siècle, le Régiment de la Calotte s’était éva­noui ; on ne peut pas se moquer toujours. Les poètes et les gens de cour disparurent, il ne resta plus que des officiers ; alors la société se transforma : elle devint une sorte de conseil de famille appelé à intervenir dans les contestations entre offi­ciers, dans les questions d’honneur, de délicatesse ou de simple convenances, en dehors de tout ce qui regardait la disci­pline ou les règlements ; et à prononcer des arrêts, sous une forme gaie, contre les officiers qui avaient, par leur conduite, mérité des observations ou des censures.

En souvenir des bouffonneries d’autrefois, les jugements tombèrent souvent dans la trivialité. A la fin, la police militaire du chef de la calotte de chaque régiment ne s’exerçait plus qu’à la table des officiers.

 
 
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