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C'est son moindre défaut : sens exact de l'expression, interprétation, subtilité langue française

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Anecdotes insolites
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Exemple de subtilité de la langue française
avec l’expression « C’est son moindre défaut »
(D’après « Revue de philologie française et de littérature », paru en 1899)
Publié / Mis à jour le jeudi 15 mars 2012, par LA RÉDACTION
 
 
 
D’une subtilité de la langue française impliquant l’existence théorique de quatre sens pour une même expression, et qui, pour être tranchée, exige une analyse des plus scientifiques

Il y a deux raisons pour hésiter dans l’interprétation de cette simple phrase : « Il n’est pas habile, c’est son moindre défaut. » De quel défaut parle-t-on ? De sa non-habileté ou de son habileté ?

D’un autre côté, le moindre peut avoir deux valeurs, c’est « le moins grave » ou « le moins développé », autrement dit le moindre en qualité ou le moindre en quantité. Il en résulte que théoriquement, en combinant diversement ces deux doubles sens, la phrase « il n’est pas habile, c’est son moindre défaut » peut avoir quatre significations :

1° Il n’est pas habile, cette non-habileté est son défaut le moins grave.
2° Il n’est pas habile, cette non-habileté est son défaut le moins développé.
3° Il n’est pas habile, l’habileté est son défaut le moins grave.
4° Il n’est pas habile, l’habileté est son défaut le moins développé.

Mais pratiquement, le sens 2° est impossible, car il renferme une contradiction. Ce serait dire il est maladroit et ajouter : sa maladresse n’est pas grande. Autrement dit, la phrase équivaudrait à : « il est maladroit, il est peu maladroit. » Il y a contradiction, à moins qu’on ne marque une opposition par la conjonction mais : « Il est maladroit, mais il l’est peu. »

Le sens 3° renferme aussi une contradiction ; ce serait dire il n’a pas le défaut d’être habile, et ajouter immédiatement : il a ce défaut avec d’autres plus graves.

Il ne reste donc comme possibles que le sens 1° et le sens 4°. Dans le premier sens, le défaut est la non-habileté, et c’est le moins grave de ceux qu’il a. Dans le second sens, le défaut (par ironie) est l’habileté, et c’est le moins développé de ceux qu’il a (par la bonne raison qu’en réalité il ne l’a pas, comme l’indique la proposition initiale).

Dans les deux cas, l’idée exprimée par la proposition initiale reste intacte, il n’est pas habile, mais, dans le premier sens on ajoute qu’il a en outre de graves défauts ; dans le second sens, on n’ajoute rien, on se borne à redire sous une forme plaisante qu’il n’est pas habile, que son habileté est moindre que tout.

Lorsque La Fontaine dit : « La fourmi n’est pas prêteuse, / C’est là son moindre défaut », il veut évidemment insister sur ce fait qu’elle n’est pas prêteuse, et non pas indiquer qu’elle a en outre de graves défauts, ce qui n’a aucun rapport avec la fable. On a donc le deuxième sens.

De même, lorsque Ergaste dit (École des Maris, I, 6) : « Je coquette fort peu, c’est mon moindre talent », il veut évidemment dire qu’il n’a pas le talent de coqueter, et non pas qu’il a en outre de beaux talents, ce qui n’a aucun rapport avec l’idée générale de la tirade.

Supposons la proposition initiale affirmative : « Les parlements sont curieux, c’est leur moindre défaut. » Les sens 1° et 2° n’existent plus, car il ne peut être question de non-curiosité. Restent les sens 3° et 4° :

3° Ils sont curieux, la curiosité est leur défaut le moins grave.
4° Ils sont curieux, la curiosité est leur défaut le moins développé.

Ici, c’est le sens 4° qui renferme une contradiction, car on ne commence pas par affirmer que quelqu’un est curieux pour ajouter aussitôt qu’il ne l’est presque pas, à moins de marquer une opposition par mais.

Donc, sous cette réserve, après une proposition initiale affirmative, « c’est son moindre défaut » ne peut, avoir qu’un sens : il a d’autres défauts plus graves.

 
 
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