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1er juillet 1817 : mort de La Métherie, naturaliste

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1er juillet 1817 : mort de
La Métherie, naturaliste
Publié / Mis à jour le samedi 30 juin 2012, par LA RÉDACTION
 

Jean-Claude de La Métherie, né à Clayette en 1743, était fils d’un médecin, qui le fit élever avec beaucoup de soin. Destiné à l’état ecclésiastique, il vint suivre les cours de la Sorbonne, et reçut les quatre ordres mineurs au séminaire de Saint-Louis ; mais son frère aîné étant venu à mourir, il obtint la permission de se livrer à la médecine, qu’il étudia pendant cinq années, et qu’il alla ensuite pratiquer dans sa ville natale. Entraîné par la tournure particulière de ses idées, il publia une sorte de logique et de métaphysique, dans laquelle il se prononça déjà pour l’opinion que le mouvement est essentiel à la nature, et que tous les corps doivent leur origine à la cristallisation.

Jean-Claude de La Métherie
Jean-Claude de La Métherie

Il vint à Paris, et y développa ses vues dans un nouvel ouvrage, qui fut à peine remarqué ; puis il quitta momentanément cet objet de recherches, pour écrire sur les différentes espèces de gaz que les travaux de Priestley venaient de signaler à l’attention publique. Il soutint que l’oxygène n’est pas le principe de tous les acides ; cette idée, dont le temps a démontré la justesse, parut alors paradoxale, et disposa mal jusqu’à Lavoisier lui-même, à l’égard de l’auteur. La même année, en 1785, il fut associé à la rédaction du Journal de Physique, travail dont il demeura seul chargé au départ de l’abbé Mongez le jeune pour l’expédition de Lapeyrouse, et qu’il continua sans interruption jusqu’à sa mort. En 1792, il donna une édition considérablement augmentée de la Sciagraphie de Bergmann, le meilleur ou du moins le plus utile de ses ouvrages, celui qui décida de sa vocation, et qui fit que la minéralogie devint le but décidé de ses travaux.

Quelques années plus tard, il publia sa Théorie de la Terre, qui, outre une sorte de géologie et de minéralogie, contient encore une espèce de cosmogonie. On y trouve l’exposé le plus complet qui eût encore paru en France, des divers systèmes imaginés par les philosophes, et le Recueil le plus méthodique des faits dont se composait la géognosie. Ce furent là les objets constants de ses études et de ses publications jusqu’à sa mort. Ses ouvrages sont devenus fort rares, parce qu’ayant trouvé peu de débit, malgré leur mérite réel, ils furent en grande partie dévoués à d’ignobles usages.

La Métherie fut un homme de bien dans toute l’étendue du mot ; mais il vécut plus sous l’empire de l’imagination que dans le monde des réalités, et se trompa souvent sur les hommes et sur les choses. Ses opinions philosophiques méritent d’être rapportées. Suivant lui, la création et l’annihilation sont également impossibles ; chaque partie de la matière a une force propre qu’elle ne perd jamais ; dans les corps solides, cette force n’est qu’en puissance ; mais dans les fluides elle donne à chaque molécule un mouvement continuel de rotation, d’ondulation et de vibration autour de son axe, qui est différente dans chaque corps. C’est ce mouvement qui produit tous les phénomènes de la nature.

La Métherie considérait tous les corps dans un état électrique ou magnétique, les progrès de la physique confirmant plus tard cette conjecture. Il rapportait la vie à l’action galvanique. Il admettait que les corps organisés pouvaient bien n’avoir pas commencé tous à la même époque ; que par conséquent il pouvait y en avoir de perdus, et que tous sont susceptibles de perfectibilité ou de dégénérescence, suivant les circonstances dans lesquelles ils se trouvent. Il croyait à l’existence, dans les végétaux, d’une véritable circulation, idée que des observations modernes ont justifiée. A ses yeux, la chaleur animale n’était pas un produit de la respiration ; mais elle était due en outre aux combinaisons diverses qui ont lieu dans l’habitude du corps pour former les différents produits liquides ou solides.

L’homme ne lui semblait être qu’un singe perfectionné par l’état social. Il supposait que l’espèce humaine n’a dû se trouver originairement que dans une contrée particulière et bornée, et que son existence n’est pas postérieure à celle des autres animaux. Il définissait la vertu un amour de soi calculé de manière à procurer un bonheur durable, ajoutant que tous les êtres sensibles veulent le bien des autres êtres sensibles ; qu’ils ne peuvent trouver le bonheur que dans la vertu, et que la somme des plaisirs du corps, de l’esprit et du cœur, constitue la vraie volupté, celle sans laquelle il n’y a pas de bonheur, et en un mot le souverain bien. Considéré comme philosophe, La Métherie fut épicurien, mais dans la plus noble acception de ce mot. Il combattit l’emploi exclusif de la cristallographie comme moyen principal de classification des minéraux, et contribua à faire connaître un assez grand nombre d’espèces minérales.

Ses travaux furent peu utiles, parce qu’il ne sut pas les faire valoir, et qu’il ignora l’art si utile de l’intrigue, qui répugnait à son âme noble et généreuse : aussi vécut-il presque inconnu, dans un état voisin de la gêne, où son bon cœur l’avait réduit, et dont nulle main secourable ne l’aida à sortir. Le savant modeste, qui préféra la science aux hommes, et qui n’encensa pas les idoles du jour, n’a d’autre espoir que dans l’estime de la postérité, quand encore la haine et la jalousie n’ont pas été assez puissantes pour anéantir, par des dépréciations calculées, jusqu’aux traces de ses travaux.

 
 
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