Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 19 septembre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Godelureau. L'étymologie des mots de la langue française. Origine, racines. - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Savoir : Mots, Locutions > Godelureau

Savoir : Mots, Locutions

L’étymologie de mots et l’origine de locutions de la langue française. Racines, évolution de locutions et mots usuels ou méconnus


Godelureau
Publié / Mis à jour le mardi 14 février 2012, par LA RÉDACTION

 

Molière écrit dans l’École des femmes (Acte IV, scène 1) :

J’ai peine, je l’avoue, à demeurer en place,
Et de mille soucis mon esprit s’embarrasse,
Pour pouvoir mettre un ordre et dedans et dehors,
Qui du godelureau rompe tous les efforts.

« De godellus, dit Ménage, nous avons fait Godeau, qui est un nom de famille. » En effet, c’était celui de l’évêque de Grasse. Gode, Godin, Gaudin, Godon et Gaud, autres noms de famille, ont également, selon Ménage, cette origine. Il a oublié Godinot, Godiche et Godichon. Il ajoute : « De godellus, on a fait godellurus, et de godellurus godellurellus dont godelureau. » Tout cela est aussi ingénieux que faux.

Roquefort définit ainsi godelureau : « Fainéant qui s’amuse à faire le joli cœur auprès des femmes. » Cette définition convient, en effet, au sens que Molière donne à ce mot dans le passage cité, et dans cet autre : « De beaux godelureaux, pour donner envie de leur peau ! » (L’Avare) Reste encore à tirer l’étymologie de ce mot.

Et d’abord, il n’y a pas de difficulté sur le sens de gode. C’est la troisième personne du verbe goder (venant de gaudere, se réjouir), laquelle fit aussi got : « La damoiselle bien le got. » (Roman de Florance et Blanche-Flore, v. 2481.)

Quant à lureau, omis par Roquefort, il a pour racine leure ou loirre : au propre, « instrument de fauconnier, selon Nicot, fait en façon de deux ailes d’oiseau, accouplées d’un cuir rouge pendu à une laisse, avec un crochet de corne au bout, pour affaiter et introduire l’oiseau de leurre qui est neuf, pour lui apprendre à venir sur le leurre, et de là sur le poing, lorsqu’on l’appelle. »

On lit dans le Roman de la Rose, v. 7557 et suivants :

Puisqu’ils prennent, c’est chose faite,
Car si cum li loirres afaite
Pot venir au soir et au main
Le gentil espervier à main,
Ainsinc sunt afaitié par dons
A donner graces et pardons
Li portiers as fins amoureus.

De là, on a dit au figuré leure, pour appât, plaisir qui tente et qui séduit, tromperie, caresse feinte. Leuré, au dix-huitième siècle, signifiait par antiphrase fin, rusé, déniaisé à force d’avoir été la dupe des autres. Le Roux, dans son Dictionnaire comique, cite cet exemple : « Un auteur qui a passé deux ou trois fois par les mains des libraires de Hollande, devient leurré à l’égard des autres libraires narquois. »

Un lureau était donc proprement un bon compagnon, qui avait son couvert mis partout ailleurs que chez lui, vivait de repues franches, trompait les femmes, volait les marchands, un fripon enfin, maître en l’art de la pince et du croc tel qu’était Villon, tel que fut Faifeu ; et on lit dans Légende de maistre Pierre Faifeu (chapitre XIII) :

Avoir des gens qui portassent corbeilles.
Barriz, flascons, pincernes ou bouteilles,
Faire semblant de voulloir tout tuer,
Sans rien frapper, mais les destituer
Tant seulement des bribes et lorreaux,
Pour le soupper des compaignons lureaux.

De lureau, on a fait leuron, puis luron. « Plusieurs jeunes leurons amoureux fréquentant la chasse des masques, apprennent à deviser et bien parler, et avoir la bouche fraische, deviennent serviteurs des dames, se façonnent et acquièrent de l’esprit. » (Martial, de Paris, Arrêts d’amour)

Et la chanson de saint Vincent, patron des vignerons, est ainsi libellée :

Qui dit un bon vigneron,
Semble dire un bon luron,
Un joyeux, un bon vivant,
Tour à tour buvant,
Tour à tour aimant,
Du vin au sexe passant,
Et dévot à saint Vincent.

Mais leuron et luron, comme on le voit ici, se sont fort éloignés du sens de leur primitif. Il en est de même de godelureau. C’est toujours un jeune homme qui fait l’agréable auprès des femmes ; mais il n’est pas nécessairement un viveur, ni un escroc. Aussi un très vieux mot qui a quelques rapports de forme avec celui-là, et qui correspond assez bien à l’idée qu’on se fait d’un galantin, semble-t-il préférable : cuidériaulx.

Eustache Deschamps, dans La fiction des oiseaulx (1849), écrit :

Lors dit l’un : il vous faut dépaindre
De vostre cuer, et tout estaindre
L’ennortement des cuidériaulx.

Le poète entend par là les présomptueux et les fats. C’est aussi le sens que Nicot donne à ce même mot un peu modifié : « Cuidereau, dit-il, audaculus, gloriosus. »

 
 

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 


 

 Napoléon : l'enfance du futur empereur des Français
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Pain mangé par nos aïeux : sa nature, son prix
 
 Blason féodal : né au XIIe siècle de la nécessité d'authentifier les actes
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
BON À SAVOIR
 Suer d'ahan
 
 Être réduit à quia
 
MANIFESTATIONS
 Le mystère du masque de fer dévoilé sur l'île Sainte-Marguerite
 
 Animal : bestiaire de verre de la fin du XIXe siècle à nos jours au musée du verre de Conches
 
 
L'ENCYCLOPÉDIE DU TEMPS JADIS
 Recevez en 48h les 37 volumes édités par La France pittoresque : 900 articles, 1800 illustrations formant une truculente mosaïque de notre riche passé !
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Cocktail
 
 Bohème
 
 Écarlate
 
 Abracadabra
 
 
Et puis aussi...
 
 Faridondaine, Faridondon
 
 Bouquin
 
 Pimbêche, Pimpesouée
 
 Basilic et basilique
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 98 ARTICLES

 

 La France pittoresque ne bénéficie d'aucune subvention, qu'elle soit publique ou privée. Prenez activement part à la transmission de notre patrimoine !
 
 Soutenez une véritable réinformation historique et contribuez à la conservation de notre indépendance éditoriale
Vous pouvez également opter pour
un montant libre
 
VOS DONS NOUS SONT PRÉCIEUX
EN SAVOIR +

 

 Facebook
 Twitter
 VK
 Instagram
 LinkedIn
 Pinterest
 Tumblr
 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services