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Roténone. Danger, innocuité des pesticides. Interdiction traitement chimique culture. Agriculture

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L’Histoire éclaire l’Actu
L’actualité au prisme de l’Histoire, ou quand l’Histoire éclaire l’actualité. Regard historique sur les événements faisant l’actu
1936 : le monde scientifique
vante l’innocuité de
pesticides aujourd’hui prohibés
(D’après « La Nature », numéro du 15 juin 1936)
Publié / Mis à jour le mercredi 18 mai 2011, par LA RÉDACTION
 
 
 
En 1936 la roténone, déjà utilisée aux Etats-Unis et faisant l’objet d’essais concluants en France depuis deux ans, est présentée comme le pesticide propre à défendre les récoltes des agriculteurs, et dont l’ « innocuité complète pour les animaux domestiques et pour l’homme de même que pour tous les organes des plantes » a été démontrée par les études des plus éminents spécialistes. Le 10 avril 2008, une décision de la Commission européenne intimait à tous les Etats membres de retirer les autorisations d’utilisation de cette substance

Selon le Dr J. Chevalier, qui écrit dans le numéro du 15 juin 1936 de La Nature, en présence des invasions croissantes des insectes, de l’importance des dégâts qu’ils commettent et de la nécessité pour les agriculteurs de défendre contre eux leurs récoltes, les études sur les substances pouvant agir comme insecticides sont à l’ordre du jour dans tous les pays ; les professeurs d’agriculture dirigent et coordonnent les essais et finalement le paysan se rend compte que les traitements insecticides payent, lorsqu’ils sont appliqués avec méthode et persévérance.

La science lutte pour les jardins
« La science lutte pour les jardins »

L’insecticide idéal, actif, qui n’altère pas les tissus des plantes qu’il doit protéger contre les parasites, qui n’est pas toxique pour l’homme et le bétail, qui conserve son activité pendant un certain temps et qui serait d’un prix de revient modique permettant une large utilisation, n’est malheureux pas encore réalisé, mais ce sont les insecticides provenant des végétaux qui s’en rapprochent le plus. Les récentes études poursuivies scientifiquement sur les plantes à roténone, sur cette roténone elle-même et ses homologues ou dérivés, et les résultats pratiques obtenus ont attiré l’attention de tous les agronomes étrangers qui préconisent de plus en plus l’emploi de préparations à base de roténone, ajoute encore Chevalier.

En particulier, aux Etats-Unis, où la lutte contre les maladies parasitaires des plantes a besoin d’être encore pus poussée que chez nous et où le contrôle sanitaire des fruits et des légumes, notamment en ce qui concerne la présence de l’arsenic et du plomb, s’exerce réellement et sévèrement, on les utilise de plus en plus. Les besoins nés de ces emplois ont incité la culture des Derris en Malaisie, des Lonchocarpus en Amérique du Sud et Centrale, des Cracca même en Floride. En France, il n’y a guère que deux ans qu’on parle de la roténone et que quelques timides essais satisfaisants ont attiré l’attention de nos agronomes. Nous ne devons plus ignorer cette question, d’autant que notre Guyane peut nous fournir de bons Lonchocarpus Nicou, riches en roténone, notre Indochine des Derris actifs.

La famille des légumineuses fournit un certain nombre de plantes à roténone utilisées actuellement comme insecticides agricoles, mais qui sont connues et décrites, car elles sont utilisées depuis de longues années par les indigènes comme « poisons de pêche » en raison de leur énorme toxicité pour les poissons. Ce sont les Derris, en Malaisie, les Lonchocarpus, dans le Sud-Amérique, les Cracca en Amérique du Nord et Centre, les Tephrosia dans divers pays tropicaux.

Pour le Dr Chevalier, les propriétés pharmacodynamiques et toxiques de la roténone et des extraits des plantes qui en renferment ont été d’autant mieux étudiées que, dès le début de leur emploi, on avait eu des craintes sérieuses de leur toxicité pour l’homme en raison du fait qu’elles étaient utilisées dans la confection du poison des flèches des chasseurs de Bornéo, et que leur toxicité pour les poissons était confirmée. Les recherches récentes de Buckingham et celles de H.R. Haag confirment pleinement les observations antérieures et ont montré qu’il n’y avait aucun danger pour l’homme et les animaux à sang chaud à utiliser ces substances, qui sont inoffensives en ingestion.

A la suite de ces expériences, Haag en fut tellement convaincu qu’il ingéra, sans inconvénient 150 milligrammes de roténone. Ces auteurs ont opéré sur tous les animaux de laboratoire : chiens, chats, cobayes, rats blancs et également sur des poulets, des cochons, des moutons, des vaches, et ils concluent que la roténone, administrée par la bouche, ne produit aucun effet nuisible.

Signalant que les poissons sont en revanche extrêmement susceptibles à l’action de la roténone et autres constituants des Derris, et que les batraciens, les vers, les mollusques, les insectes, en général tous les animaux à sang froid, sont intoxiqués par voie gastrique et par contact prolongé, le Dr Chevalier dresse ensuite un bilan de l’efficacité de cette substance en fonction des concentrations utilisées.

Puis il conclut sur le fait que « les expérimentateurs sont unanimes pour constater l’activité toxique de la roténone et de ses dérivés sur les animaux inférieurs et spécialement les insectes, et son innocuité complète pour les animaux domestiques et pour l’homme de même que pour tous les organes des plantes. Elle agit à la fois par contact et par ingestion à des doses très faibles. Dans ces dernières années, l’utilisation de ces produits en agriculture s’est accrue dans des proportions insoupçonnées et ils paraissent devoir supplanter les pyréthrines trop chères et trop labiles, la nicotine active et toxique, les arsenicaux et les dérivés fluorés moins actifs et toxiques. Sous l’influence des demandes, les plantes à roténone sont devenues des plantes industrielles dont la culture se développe sans cesse, en Malaisie pour les Derris, en Amérique pour les Lonchocarpuys. »

La décision de la Commission européenne n° 2008/317/CE du 10 avril 2008 imposa à l’ensemble des Etats membres le retrait d’autorisation d’utilisation de ce pesticide, une dérogation ayant cependant été accordée jusqu’au 30 avril 2011 pour les pommes, poires, cerises, pêches, vigne et pommes de terre...

 
 
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