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Histoire faune et flore : L'obésité... chez les arbres !

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Faune, Flore
Arbres célèbres, vertus des plantes, croyances liées aux animaux. Faune et flore vues par nos ancêtres. Balade au coeur des règnes animal et végétal
L’obésité... chez les arbres !
(D’après « La Science illustrée », paru en 1893)
Publié / Mis à jour le dimanche 6 juillet 2014, par LA RÉDACTION
 
 
 
En 1893, Emile Gautier, de La Science illustrée, attire l’attention de ses lecteurs sur un curieux phénomène : ces arbres qui, à l’image des hommes sont sujets à l’embonpoint, et dont les fruits ne doivent leur côté supérieurement savoureux et sucré qu’au diabète découlant de l’engraissement excessif. Et point d’activité sportive envisageable pour ces malades-là...

La polysarcie – qui me guette moi-même, hélas ! au tournant de la ceinture, écrit le chroniqueur – n’est pas le moins du monde, comme le pense un vain peuple, l’exclusif monopole des oies, des cochons et des hommes. Les arbres n’échappent pas davantage à son envahissement dépressif et gêneur. ce qui est, soit dit en passant, une preuve de plus de la communauté d’origine, de nature et de processus vital entre les animaux – sans excepter l’espèce de bipèdes déplumés dont vous et moi avons l’honneur d’être – et les plantes. Positivement, les arbres engraissent. Il en est même, surtout parmi les arbres fruitiers (les plus civilisés de tous – car l’obésité est une tare inconnue des barbares – comme qui dirait les Européens du règne végétal), qui finissent par devenir trop gras.

C’est, au moins, ce qui paraît résulter des curieuses études entreprises par la professeur Lorauer sur les effets produits sur les arbres par l’absorption continue de principes nutritifs trop substantiels et trop copieux. Chez l’arbre, en effet, tout comme chez l’homme, une suralimentation exagérée finit par engendrer, tôt ou tard, des manifestations nettement pathologiques. C’est ainsi qu’elle développe une tendance incoercible à la prolifération des tissus mous et parenchymateux qui servent d’accumulateurs aux matériaux de réserve (c’est-à-dire à la lymphe et à la graisse) aux dépens des cellules ligneuses (c’est-à-dire des muscles). Cette tendance va même si loin, qu’on a pu observer, sur des poiriers, par exemple, une transformation plus ou moins lente du bois en tissus parenchymateux par assimilation excessive et croissante des principes nutritifs et de l’eau, tandis que la sève se décompose et se corrompt. N’est-ce pas tout à fait l’équivalent de la dégénérescence graisseuse, de l’œdème, de l’hydropisie et de toutes les autres perturbations organiques ou fonctionnelles dont les polysarces de chair et d’os (de chair surtout) n’offrent que trop de lamentables exemples ?

Sans doute, cet excès de nutrition aboutit généralement à une forte récolte de fruits supérieurement tendres, savoureux et sucrés. Parbleu ! Personne n’ignore que l’obésité marche avec le diabète... Mais, en revanche, la santé générale de la plante, dont l’organisme ramolli, distendu, fatigué, n’offre plus assez de résistance aux actions nocives du dedans ou du dehors, ne tarde pas à souffrir d’un tas d’infirmités analogues à celles qui affligent les personnes démesurément replètes et bedonnantes.

D’où cette conséquence que, s’il faut arroser les arbres et les fumer larga manu, il faut prendre garde cependant de dépasser la mesure. Comme il est impossible de traiter les arbres gras comme on traiterait les hommes ; comme ni la bicyclette, ni l’escrime, ni les autres sports, pédestres, équestres ou aériens, ni le rowing, ni le massage, ni les sudations, ni les purgatifs ne sauraient leur convenir ; comme on ne peut les envoyer ni au Vélodrome, ni au Hammam, ni à Marienbad, force est bien de s’en tenir, en ce qui les concerne, au rationnement et au régime sec. MM. les arboriculteurs feront bien d’y réfléchir.

 
 
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