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Henri IV tiré de son cercueil le 12 octobre 1793 : sa tête retrouvée ? Crâne du roi Henri IV

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Henri IV tiré de son cercueil le
12 octobre 1793 : sa tête retrouvée ?
(Extrait de « Revue des questions historiques », paru en 1889)
Publié / Mis à jour le vendredi 17 décembre 2010, par LA RÉDACTION
 
 
 
Retrouvée en 2008 chez un retraité, la tête supposée du roi Henri IV a été authentifiée par des scientifiques, apprend-on le 14 décembre 2010 d’une étude publiée par le British Medical Journal. En 1793, le monarque avait été tiré de son cercueil lors du saccage de la basilique Saint-Denis.

Le 10 août 1792, Louis XVI est détrôné ; le 11, un décret est porté contre toutes les statues rappelant le despotisme, et le jour même, sur la place Vendôme et sur la place des Victoires, l’œuvre de destruction est accomplie. Pour Henri IV, il y eut un moment d’hésitation ; on craignait de s’attaquer à une idole encore populaire. Il fallut la discréditer avant de l’abattre ; on se mit à raconter soudain que Ravaillac, en accomplissant son crime, avait voulu venger une injure personnelle, explique Mercier dans Le Nouveau Paris ; on rappela qu’Henri IV était l’aïeul du roi parjure qui venait de tomber, et après vingt-quatre heures, les démolisseurs purent impunément porter la main sur lui.

« Henri IV exhumé » d'après le dessin d'un témoin oculaire, gravé au début de la Restauration
« Henri IV exhumé » d’après le dessin
d’un témoin oculaire, gravé au début de la Restauration

Un homme de lettres, Chamfort, naguère courtisan malgré lui, que l’envie avait converti à l’égalité jacobine, écrit le 12 août à un de ses amis, Condorcet, transfuge comme lui de l’ancien régime : « Rappelez-vous le symptôme que je vous citais de la passion française pour la royauté, ce que je prouvais par la facilité avec laquelle les danseurs jacobins, sous nos fenêtres, passaient de l’air Ca ira à l’air Vive Henri IV ! Eh bien cet air est proscrit et, au moment où je vous parle, la statue de ce roi est par terre. Rien ne m’a plus étonné dans ma vie. Je ne vous dirai plus que ceux qui voudraient la république trouveraient sur leur chemin la Henriade et les Lodoix de l’Université. Non, cela n’est plus à craindre... »

La profanation des tombes suivit de près la chute des statues. Le 12 octobre 1793, Henri IV ouvrit la série des Bourbons arrachés à leurs cercueils. Son corps, qui se trouvait bien conservé, fut, dit-on, placé dehors contre une pierre et livré aux outrages ; mais ici encore les hommages involontaires accompagnent les insultes. Si une femme, d’un soufflet, le fait tomber par terre, un soldat coupe avec son sabre une mèche de sa barbe et se l’applique aux lèvres en disant : Maintenant je suis sûr de vaincre les ennemis de la France. Durant deux jours, le cadavre resta exposé dans un passage, avant d’aller rejoindre ses descendants dans la fosse commune.

Dès lors le nom d’Henri IV devint odieux à la secte régnante que celui du dernier tyran. On en vint à corriger par ordre dans le Misanthrope la chanson Si le roi m’avait donné, et son souvenir imprudemment invoqué dans une œuvre de polémique conduisit à la mort un pauvre avocat de province, dont les Mémoires de Beugnot nous ont conservé l’histoire. Il se nommait Poirier et était de Chinon ; il avait été envoyé à Paris par le comité révolutionnaire de sa ville natale, comme coupable d’une harangue supposée d’Henri IV à la nation, fort irrévérencieuse pour celle-ci. Beugnot, prisonnier comme lui, dut subir, le jour même où il fit sa connaissance, la lecture de l’œuvre incriminée. « Il ne me fut pas possible de dissimuler que je trouvais Henri IV d’une insolence toute royale. Tant mieux, me dit mon avocat, morbleu ! tant mieux. C’est là où je vous attendais. Voilà la preuve que j’ai conservé la vérité de l’histoire, car cet Henri IV était un gaillard à poil. Vous le voyez avec son panache, sa longue épée, sa moustache ; vous vous rappelez sa harangue à l’assemblée de Rouen, et je m’en rapporte à vous, pouvais-je faire autrement ? – Vous pouviez mieux faire, lui dis-je. – Et comment, s’il vous plaît ? – Vous pouviez ne pas le faire parler du tout... Nous ne voulons plus de rois, de panaches ni de moustaches ».

L’auteur ne fut pas convaincu, ou plutôt, le lendemain, à l’aube, il fit connaître à son compagnon une réponse de la nation à Henri IV, qu’il avait composée depuis sa détention. Ce n’était qu’une kyrielle d’injures, et Beugnot n’osa exprimer son jugement que d’une façon détournée, en comparant la seconde partie à la première. « En faisant parler le bon roi, vous écriviez d’abondance ; ici vous sortez de votre caractère et vous parlez sans conviction ». Le vieillard fut si satisfait de ce témoignage rendu à sa foi royaliste que, lorsqu’il partit pour le tribunal révolutionnaire, il légua son œuvre à Beugnot, le laissant libre de la publier ou de la supprimer à son gré. « Je ne manquai, dit Beugnot, de profiter de l’option ».

 
 
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