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16 janvier 1815 : mort de lady Hamilton (Emma Harte)

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16 janvier 1815 : mort de lady Hamilton (Emma Harte)
Publié / Mis à jour le vendredi 20 novembre 2009, par LA RÉDACTION
 
 
Temps de lecture estimé : 3 mn
 

Rivale par sa beauté, comme par ses désordres, de la duchesse de Kingston et de madame du Barry, ses contemporaines ; spirituelle et fougueuse comme la première, se rapprochant de la seconde par la fatale influence qu’elle exerça sur la politique, lady Hamilton joignit à l’infamie de toutes deux un caractère particulier de perfidie et de cruauté froide, qu’on frémit de surprendre dans une femme. Née en Angleterre, dans le comté de Chester, pendant la dernière moitié du XVIIIe siècle ; fille naturelle d’une pauvre servante ; à treize ans gardienne des enfants d’un gentleman provincial, ce fut vers sa seizième année que son imagination aventureuse la précipita dans Londres. Elle y débuta par être servante comme sa mère : de la boutique d’un marchand elle passa, en qualité de femme de chambre, dans l’hôtel d’une grande dame. Là, ses fonctions se bornant aux soins d’une toilette, elle occupait son oisiveté à dévorer des romans et à courir les spectacles. Avide d’émotions, elle se pénétrait du jeu des comédiens, et l’imitait ensuite avec une singulière énergie. Ces distractions équivoques la firent congédier, et il lui fallut quitter le boudoir de sa maîtresse pour une ignoble taverne, où elle serait restée servante sans le secours d’une main généreuse.

On assure que jusque là sa conduite avait été régulière. Pour sauver de la presse un jeune Gallois, son parent, elle alla réclamer auprès du capitaine de vaisseau Willet Pagne, depuis amiral ; elle lui tourna la tète : l’Angleterre eut un matelot de moins et une courtisane de plus. Prompte à saisir l’esprit de son nouvel état, malgré tous les sacrifices que la passion inspirait à Willet, elle l’abandonna pour un chevalier, dont elle se vit délaissée à son tour. Le sort des Arianes est encore plus périlleux dans une grande ville que dans un désert. Il faudrait les privilèges d’un Molière ou d’un Shakespeare pour nommer le métier hideux qui préserva longtemps de la faim cette Emma, destinée aux plus brillantes conquêtes.

C’est dans la fange des rues de Londres que la ramassa le docteur Graliam, fameux par son système de la mégalantropogénésie ; spéculant sur ses attraits, il imagina de faire d’une prostituée la déesse de la santé, la nomma Hygéa, et l’exposa aux regards des curieux sans autre voile qu’uri léger tissu. L’affluence fut extrême. Des sculpteurs modelèrent le buste de cette statue vivante ; les plâtres de ses appas coururent la ville, et sa beauté devint populaire. Un peintre célèbre, Rommey, dont elle fut idolâtrée, lui servit comme de transition pour arriver à un amant grand seigneur. M. Charles Grenville, descendant des Warwick, sembla longtemps avoir satisfait l’ambition d’Emma. L’art des comédiens, naguère étudié par elle, lui donna un vernis de candeur et d’innocence aux yeux de son nouvel adorateur, qui, après en avoir eu plusieurs enfants, voulut l’épouser. Des pertes récentes ayant altéré sa fortune, il n’osait braver son oncle, sir William Hamilton, ambassadeur à Naples ; Emma se chargea d’aller chercher le consentement désiré ; il arriva, à peu de choses près, ce qu’on raconte d’une actrice française ; la rigueur de l’oncle s’adoucit pour la belle solliciteuse ; il la prit d’abord pour maîtresse, et finit par l’épouser en 1791.

La nouvelle lady se hâta de revêtir des apparences sévères et une vertu de cour ; elle s’insinua dans l’intimité de la reine de Naples, fut invitée à toutes les fêtes publiques, et admise même au privilège des petits soupers ; on ajoute que la princesse, dans la chaleur d’une affection italienne, après le départ des convives, la retenait souvent toute une nuit. Vers cette époque, l’ambassadrice anglaise vit le fameux Nelson, et conçut pour lui un amour effréné ; elle commença son rôle politique par un adultère. Une anecdote, recueillie par le général Foy, nous la montre dévouée à son séducteur au point de trahir de royales confidences. Plus tard, Nelson mit à ses pieds les lauriers d’Aboukir. (voy. 1er Aout 1798.) Chez un peuple ardent et corrompu, la gloire de son amant parut rejaillir sur elle et elle fut entourée à Naples d’un culte plus religieux que jadis à Londres, lorsqu’elle n’était encore que déesse. Quand les Français marchèrent sur Naples (1798), elle favorisa la fuite de la famille qu’ils venaient détrôner. Elle-même monta sur le vaisseau de Nelson, pour se rendre à Païenne, et, après la prompte évacuation de Naples, elle y revint avec lui sur le même vaisseau, traînant partout son mari à la remorque. Nous la voyons présider aux lâches et parjures réactions qui effacèrent dans le sang l’amnistie que des traités garantissaient aux rebelles ; nous la voyons aller, avec Nelson, en partie de plaisir, faire pendre à la vergue d’une frégate un vieillard vénérable, le-prince Caracciolo. Du reste, elle avait repris ses habitudes à la cour, et, pour preuve d’une douce sympathie, la reine se plaisait à porter les mêmes parures que sa favorite.

Le rappel d’Hamilton en Angleterre y ramena Nelson à la suite de sa maîtresse. Ce fut dans sa patrie qu’elle accoucha d’une fille qui reçut le prénom de Nelson, Horatia. Les titres de son mari, l’illustration de son amant ne la préservèrent pas du mépris universel. Disons-le, à l’honneur des mœurs anglaises : on avait pu autrefois se presser autour de l’obscure courtisane ; on repoussait alors la femme adultère, malgré le prestige des richesses et de la puissance. Lord Hamilton mourut (voy. 6 Avril 1803), en protestant tardivement contre les désordres qu’il avait soufferts, par un testament où, de son immense fortune, il ne laissait que sept cents livres sterlings de rente à sa veuve. Deux ans plus tard, Nelson fut tué au combat de Trafalgar (voy. 21 Octobre 1805), et ses dernières paroles furent pour recommander à sa patrie, comme un legs sacré, la femme qui avait souillé sa gloire.

Une heureuse obscurité couvre les désordres auxquels s’abandonna lady Hamilton, après ce double veuvage ; ayant dissipé les bienfaits d’un mari et d’un amant, si vite oubliés, ne possédant plus d’autre ressource qu’une modique pension, elle vint s’établir avec sa fille en France, dans les environs de Calais, où elle mourut, après y avoir traîné quelque temps une existence misérable. — Paul Duport.

 
 
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