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L'ours Marco : animal au grand coeur du duc de Lorraine

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Brèves d’Histoire
Brèves d’Histoire de France : bribes et miettes historiques utiles à une meilleure connaissance de notre passé
Ours (L’) Marco : animal au grand
coeur du duc de Lorraine
(D’après « Le Conservateur ou Bibliothèque choisie de littérature, de morale
et d’histoire » paru en 1787 et « Album d’éducation sociale » paru en 1838)
Publié / Mis à jour le mercredi 16 octobre 2019, par LA RÉDACTION
 
 
 
Le duc de Lorraine Léopold Ier possédait un ours appelé Marco qui, durant l’hiver 1709 fit preuve d’une intelligence et d’une sensibilité dont bien des hommes peu charitables pourraient s’inspirer pour s’amender

Depuis René II, qui régna de 1473 à 1508, les ducs de Lorraine entretenaient constamment dans leur Cour un ours, en reconnaissance du service que le canton de Berne, qui porte l’effigie de cet animal dans ses armes, rendit à ce prince qui pressa efficacement les autres Suisses à lui donner du secours contre le duc de Bourgogne.

L’ours du duc Léopold — ce duc régna de 1697 à 1729 — s’appelait Marco. Pendant le rude hiver de 1709, un petit Savoyard mourant de froid dans la grange où sa patronne l’avait logé, ainsi que quelques-uns de ses compagnons, eut un soir l’idée d’entrer dans la niche de Marco, sans réfléchir aux dangers qu’il courait en se livrant à la merci de l’animal qui l’occupait. Cependant l’ours, bien loin de faire du mal à cet enfant, le prit pour le réchauffer entre ses pattes et le serra près de sa poitrine, jusqu’au lendemain matin, lui laissant alors la liberté d’aller courir la ville.

Léopold Ier, duc de Lorraine. Détail d'une peinture de Nicolas Dupuy (1703)
Léopold Ier, duc de Lorraine. Détail d’une peinture de Nicolas Dupuy (1703)

Enhardi par le bon accueil de l’animal, le petit Savoyard retourna le soir à la hutte et fut reçu avec la même affection. Les nuits suivantes il n’eut pas d’autre retraite, et observa même avec beaucoup de plaisir que l’ours avait soin de lui réserver une partie de sa portion. Plusieurs jours se passèrent sans que personne ne s’aperçût de cette étrange intimité entre l’ours et l’enfant.

Mais un jour que le valent vint apporter le souper de son maître plus tard qu’à l’ordinaire, il fut fort étonné de voir l’animal, d’ordinaire si doux et si bon enfant, rouler des yeux furieux, paraître irrité et témoignant assez rudement son désir qu’on fît le moins de bruit possible, de peur d’éveiller un enfant qu’il tenait contre sa poitrine. De surcroît, quoique devant avoir faim, l’animal fort glouton ne parut nullement touché des mets qu’on lui présentait et ne se dérangea pas tant que dura le sommeil de l’enfant.

Ours et enfant. Chromolithographie réalisée vers 1910
Ours et enfant. Chromolithographie réalisée vers 1910

La nouvelle s’en répandit bientôt à la Cour et parvint aux oreilles du duc Léopold, qui voulut être témoin, avec une partie de ses courtisans, de l’acte de générosité de Marco. Plusieurs gentilshommes, piqués également de curiosité, y passèrent la nuit, et virent avec surprise que cet ours ne remuait pas tant que son hôte voulut dormir. Au point du jour, l’enfant éveillé fut fort honteux de se voir découvert, et craignant d’être puni de sa témérité demandait pardon. L’ours le caressait et l’engageait à manger de ce qu’on lui avait apporté la veille ; ce qu’il fit sur l’invitation des spectateurs qui le conduisirent au prince.

Ayant appris toute l’histoire de cette singulière alliance, et le temps qu’elle avait duré, il prit soin de ce petit Savoyard, qui sans doute aurait fait fortune si la mort ne l’eût enlevé peu de temps après.

 
 
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