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Effets sur l'être humain d'un régime exclusif de chocolat, de café ou de thé

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Brèves d’Histoire
Brèves d’Histoire de France : bribes et miettes historiques utiles à une meilleure connaissance de notre passé
Expérience d’un régime exclusif de
chocolat, de café ou de thé
(Extraits de « Physiologie du goût », édition de 1839)
Publié / Mis à jour le lundi 21 juillet 2014, par LA RÉDACTION
 
 
 
Figurant sous forme d’un appendice au sein d’une nouvelle édition de la Physiologie du goût du célèbre Brillat-Savarin parue en 1839, le Traité des excitants modernes, essai d’Honoré de Balzac, rapporte notamment une anecdote assez curieuse relative à des expériences menées sur l’être humain se nourrissant exclusivement, de café, de thé ou encore de chocolat

Voici le résultat d’une expérience faite à Londres, dont la vérité m’a été garantie par deux personnes dignes de foi, un savant et un homme politique, et qui domine les questions que nous allons traiter, écrit Balzac.

Le gouvernement anglais a permis de disposer de la vie de trois condamnés à mort, auxquels on a donné l’option ou d’être pendus suivant la formule usitée dans ce pays, ou de vivre exclusivement l’un de thé, l’autre de café, l’autre de chocolat, sans y joindre aucun autre aliment de quelque nature que ce fût, ni de boire d’autres liquides. Les drôles ont accepté. Peut-être tout condamné en eût-il fait autant.

Comme chaque aliment offrait plus ou moins de chances, ils ont tiré le choix au sort. L’homme qui a vécu de chocolat est mort après huit mois. L’homme qui a vécu de café a duré deux ans. L’homme qui a vécu de thé n’a succombé qu’après trois ans.

Je soupçonne la compagnie des Indes d’avoir sollicité l’expérience dans les intérêts de son commerce.

L’homme au chocolat est mort dans un effroyable état de pourriture, dévoré par les vers. Ses membres sont tombés un à un, comme ceux de la monarchie espagnole.

L’homme au café est mort brûlé, comme si le feu de Gomorrhe l’eût calciné. On aurait pu en faire de la chaux. On l’a proposé, mais l’expérience a paru contraire à l’immortalité de l’âme.

L’homme au thé est devenu maigre et quasi diaphane, il est mort de consomption, à l’état de lanterne : on voyait clair à travers son corps ; un philanthrope a pu lire le Times, une lumière ayant été placée derrière le corps. La décence anglaise n’a pas permis un essai plus original.

 
 
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